La politique des puissances au Moyen-Orient


Intervention de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, lors du colloque "Qu'y a-t-il dans le chaudron du Moyen-Orient ?" du 12 février 2018.


Invité à décrire la politique des puissances dans ce « capharnaüm » (terme originaire du Moyen-Orient [1]), un mot me vient à l’esprit : « Si vous croyez comprendre quelque chose au Moyen-Orient c’est qu’on vous l’a mal expliqué ».

Au risque d’introduire une confusion supplémentaire, je développerai l’idée que la politique (ou la non-politique) actuelle est le résultat de choix très anciens. Par exemple, l’instrumentation du fondamentalisme islamique dans la guerre froide a toujours été une constante de la politique américaine contre l’URSS et les régimes nationalistes arabes qui lui étaient alliés. Sans remonter au pacte du Quincy (1945), on le vérifie dans l’Égypte de Nasser, en Palestine, en Irak et en maints endroits, toujours contre les régimes laïques qui furent alliés à l’Union soviétique et porteront durablement ce stigmate. On ne doit donc pas s’étonner, après Saddam Hussein et en même temps que Bachar el-Assad, de l’expédition libyenne, où la France fut pour quelque chose, avec la politique de changement de régime, pour laquelle nous n’étions pas mandatés, et l’exécution de Kadhafi.

Il serait opportun de nous interroger sur l’orientation générale de la politique de l’Occident dans le Moyen-Orient. La « politique de l’Occident » est en réalité la politique des États-Unis à laquelle peu à peu nous nous sommes ralliés. Sans évoquer la première guerre du Golfe qui ouvre la voie à une déstabilisation durable puisqu’elle ne débouchera pas sur la paix mais sur un embargo cruel et, surtout, sur une deuxième guerre du Golfe et la destruction de l’État irakien. C’est là le résultat de la politique de George Bush père et fils, même si, en 2003, la dissolution de l’État irakien donne un coup de fouet à l’islam radical, à Al-Qaïda pour dire les choses telles qu’elles sont car, de 2003 à 2008, c’est une insurrection djihadiste qui est sinon pilotée du moins largement cautionnée par Al-Qaïda et dont les Américains viendront à bout. Le général Petraeus a expliqué comment il avait retourné les tribus sunnites de l’ouest irakien pour sortir de cette phase qui a été suivie d’une nouvelle rechute après que Al-Maliki fut reconduit à la tête de l’Irak. Al-Maliki, symbole du chiisme sectaire, était un chiffon rouge pour les populations sunnites de l’ouest de l’Irak qui se sont jetées dans les bras de Daech dont il faut toujours rappeler qu’il a démarré en Irak et non en Syrie comme on essaye quelquefois de nous le faire accroire.

Obama a voulu réagir par rapport à la politique désastreuse de G.W.Bush. Il avait une vision d’ensemble : le pivot vers l’Asie, le retrait du Moyen-Orient et de l’Afghanistan, une politique dont on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment réussi. C’est que le retrait d’Irak, qui n’avait pas été pensé, a laissé en place un gouvernement sectaire qui a relancé la guerre civile en Irak au bénéfice de Daech – de la même manière qu’en Afghanistan les Talibans ont repris du poil de la bête – de sorte que, comme l’a fait observer Robert Malley, il y a en définitive plus de soldats américains en Irak sous Trump qu’il n’y en avait sous Obama.

Pour essayer de comprendre ce qui se passe il faut partir du discours prononcé par le président Obama à l’adresse du monde musulman lors d’une visite au Caire le 4 juin 2009 [2], à la veille des « printemps arabes » (à partir de janvier 2011) en Tunisie, en Égypte, en Syrie, en Libye. Ces « printemps arabes » sont évidemment très chaleureusement accueillis dans tout le monde occidental qui s’esbaudit devant l’insurrection d’une jeunesse interconnectée… négligeant le fait que les conditions de la démocratisation ne sont pas réunies. En effet, sans citoyens il n’y a pas de démocratie et, très rapidement, on voit que, derrière ces manifestations, le fond des populations qui sont restées plongées dans un certain obscurantisme vient à l’appui des islamistes : en Égypte les Frères musulmans (Mohamed Morsi), en Tunisie Ennahda. En Syrie les Frères musulmans se sont implantés très tôt, à peu près en même temps qu’en Égypte. Déjà, en 1982, ils étaient le fer de lance de l’insurrection contre Hafez el-Assad, le père de Bachar, insurrection impitoyablement écrasée (on se souvient de Hama, assiégée et bombardée à l’artillerie lourde, dont les 10 000 morts ne suscitèrent aucune réaction). Il n’est pas étonnant que l’insurrection en Syrie, qui était d’abord une insurrection contre Bachar el-Assad, ait été rapidement dominée par les islamistes qui structuraient l’opposition depuis des décennies.

On a beaucoup parlé de l’ASL (Armée syrienne libre) mais on oublie qu’elle est le produit de l’ouverture de sa frontière par la Turquie qui intervient un an après le début du « printemps arabe » en Syrie.

Le « printemps arabe », en Syrie, commence en 2011, la rupture de nos relations diplomatiques est décidée par M. Sarkozy et M. Juppé en mars 2012. L’arrivée au pouvoir de François Hollande ne fait pas dévier notre politique d’un iota, au contraire : « Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la terre », déclarait Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en août 2012.

Au même moment se surajoute à la guerre intérieure syrienne une guerre d’ingérence pilotée par la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les puissances sunnites qui, naturellement, veulent porter le coup d’estoc au régime syrien, allié de l’Iran depuis 1979 contre le régime de Saddam Hussein, branche rivale du Baas. Très rapidement, la guerre en Syrie prend un aspect complexe, difficile à déchiffrer car, comme l’a dit Pierre Conesa, cette guerre juxtapose plusieurs enjeux, plusieurs conflits.

Les Américains, à l’époque d’Obama, décident de ne pas intervenir après qu’a été franchie la fameuse « ligne rouge » à la fin du mois d’août 2013. Mais, déjà, la rébellion syrienne est dominée par Daech et par Jabhat al-Nosra, filiale d’Al-Qaïda. Rétrospectivement, il faut se féliciter que ces frappes n’aient pas eu lieu car elles auraient mis un régime islamiste au pouvoir à Damas, ce qui n’était probablement pas l’objectif.

Tout le monde a fini par se rendre compte que l’ennemi à abattre, l’ennemi numéro un, était Daech, l’islamisme radical. Si, à un moment, notre politique a été verbalement corrigée par François Hollande, elle ne l’a été réellement que par Emmanuel Macron quand, lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, il a parlé d’une « solution politique inclusive » comprenant aussi des représentants du régime syrien. Il s’agissait de sortir du corner dans lequel la précédente politique nous avait conduits. C’est très difficile parce que l’État profond veut toujours traduire Bachar el-Assad – qui le mérite sans doute – devant je ne sais quel tribunal et sanctionner le franchissement de nouvelles « lignes rouges », bref contrarier l’orientation générale de la politique telle qu’elle a été affirmée par le Président.

Entre temps, aux États-Unis, Donald Trump a été élu président. Il avait une idée assez intéressante : se rapprocher de la Russie. Mais tout l’establishment américain coalisé a réussi à anéantir cette perspective, la seule raisonnable si on veut sortir de la crise gigantesque que nous connaissons au Moyen-Orient. Donald Trump, qui n’arrivait pas à faire prévaloir cette orientation, a pris un certain nombre d’initiatives. Par exemple, faute de pouvoir s’opposer à l’application de l’accord du 15 juillet 2015 sur le nucléaire iranien, il tente d’étrangler l’Iran, de l’empêcher de profiter de cet accord pour opérer un redressement économique et cela avec l’appui de l’Arabie saoudite. On se souvient du premier voyage diplomatique de Donald Trump à Riyad, en mai dernier, suivi très rapidement d’une étrange intervention de l’Arabie saoudite désignant le Qatar comme le fourrier du terrorisme [3] … Mais c’est une initiative de politique étrangère parmi d’autres.

Pierre Conesa a montré qu’au Yémen, au Liban, en Syrie, au Qatar… cette politique de l’Arabie saoudite n’est pas un miracle d’efficacité.
Je serai peut-être un peu plus nuancé que lui sur la politique intérieure saoudienne, une politique de transformation, de nation building que je ne peux pas désapprouver. En même temps, il y aurait beaucoup à dire sur la politique qui consiste à favoriser le développement de l’islamisme salafiste et potentiellement djihadiste dans le reste du monde. C’est un sujet sur lequel il faudra peut-être s’étendre un peu plus si la conférence sur le financement du terrorisme, prévue à l’automne prochain, donne lieu à une expression suffisamment musclée de la part des puissances occidentales.
Parmi les autres initiatives de Trump la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël renvoie aux calendes la perspective d’un accord entre Palestiniens et Israéliens pour une solution à deux États à laquelle de moins en moins de gens croient. Tout ceci contribue à nourrir le fonds de ressentiment qui existe chez les Palestiniens mais aussi dans le monde arabe. Il faut distinguer les gouvernements et ce qu’on appelle la « rue arabe », l’opinion profonde. Tant qu’on n’aura pas pris les moyens d’assainir cette situation, et je ne vois guère que la solution à deux États qui permette d’y parvenir, tant qu’on ne se sera pas orienté dans cette direction, un foyer de radicalisation essentiel subsistera.

Parler de la « politique » américaine est peut-être un peu emphatique. En effet, les derniers développements entre Israël et la Syrie sont inquiétants. D’autre part, la Russie a réintégré le jeu. Je ne parlerai pas des Européens ni de la France qui, partie en chevau-léger, s’est isolée par suite d’une erreur initiale manifeste. On ne voit pas comment elle pourrait sortir de cet isolement, sauf à ce que le président Macron, au-delà des positions excellentes qu’il a prises sur un plan verbal, parvienne à les inscrire dans la réalité.

La Russie est revenue sur la scène du Moyen-Orient. Elle n’avait pas complètement disparu mais après le congédiement des conseillers soviétiques en Égypte par Sadate en 1972, après l’effondrement de l’Irak au moment de la première guerre du Golfe, les principaux alliés de l’Union soviétique avaient été rayés de la carte. L’Égypte s’était retournée, basculant dans le giron américain. Il ne restait que la Syrie avec laquelle la Russie avait maintenu des relations à bas bruit pendant la première décennie de son existence (1990-2000) jusqu’à l’arrivée de Poutine au pouvoir et même après. Vladimir Poutine a rétabli des relations étroites avec Israël (un million de Russes vivent en Israël). La Russie s’est donc réintroduite dans le jeu moyen-oriental. Elle a su soutenir l’Iran mis au ban de la communauté internationale pendant les très longues années que François Nicoullaud a décrites. L’axe chiite avait donc le soutien de la Russie qui n’est pas tout à fait rien en termes d’armement. En 2015, quand le régime syrien a failli basculer, la Russie est intervenue avec beaucoup d’efficacité. C’est d’ailleurs un sujet de fierté pour les Russes d’avoir réussi, avec 4 000 à 5 000 hommes et 40 avions (un peu plus que la force Barkhane au Sahel), à rétablir une situation qui paraissait très compromise en Syrie. Elle l’était à mon sens beaucoup moins qu’on ne le décrivait dans nos journaux parce que le régime syrien comptait encore 100 000 hommes sur le terrain alors que les rebelles dits « modérés » en avaient 10 000 à 20 000 et les djihadistes (Daech + Jabhat al-Nosra), 50 000 à 60 000. Il restait donc sur le terrain des forces demeurées loyalistes qui n’étaient plus l’armée syrienne d’avant 2011 mais constituaient encore une armée relativement conséquente. L’appui aérien des Russes était donc décisif pour renverser la situation, notamment à Alep. Aujourd’hui, il n’y a plus guère que la région d’Idlib qui est aux mains, essentiellement, de Jabhat al-Nosra.

On présente toujours comme une question humanitaire ce qui est un affrontement entre les forces du régime syrien, appuyé par les Russes, et des rebelles qui pour l’essentiel sont des rebelles fondamentalistes, djihadistes. Je ne nie pas les aspects humanitaires préoccupants de ce conflit : la prise en otage d’une population par des djihadistes pose évidemment problème.

La Russie a su rétablir des relations avec la Turquie mais aussi, curieusement, avec l’Arabie saoudite – dont les dirigeants ont quand même le mérite d’être assez réalistes en politique étrangère – et avec d’autres pays de la région, dont la Jordanie. Ce jeu relativement ouvert de la Russie n’est donc plus celui de l’Union soviétique qui, d’une certaine manière, subordonnait sa politique à la défense de ses alliés privilégiés. Aujourd’hui la Russie défend ses intérêts. De ce fait, sa position vis-à-vis du régime de Bachar el-Assad n’est pas exactement celle de l’Iran, ce qui peut entraîner certaines tensions.

La solution, pour rétablir la paix en Syrie, serait un rapprochement entre la Russie et les États-Unis car sans un minimum de gouvernance mondiale on ne peut pas arriver à un résultat.

On parle de « chaos ». On incrimine les deux cents États de l’ONU. Mais là n’est pas le problème. Le problème est que les deux principales diplomaties, les deux principales puissances militaires capables d’intervenir au Moyen-Orient ne se parlent pas. Nous-mêmes ne jouons pas (pas encore) le rôle de médiation qu’a souhaité exercer le Président de la République. La situation est évidemment dangereuse, d’autant plus que les armes nucléaires tactiques existent des deux côtés (russe et américain). Le président Trump vient d’annoncer qu’il allait développer de nouvelles têtes nucléaires de faible puissance. Cela signifie que nous sortons de la stratégie de dissuasion relativement rassurante sur laquelle nous avions vécu (on pensait que personne ne prendrait le risque de déclencher une guerre nucléaire au risque de faire sauter la planète) et nous nous orientons de plus en plus vers des stratégies d’emploi de l’arme nucléaire. À terme c’est extrêmement grave.

Quelques préconisations devraient venir à l’esprit pour trouver des solutions :

D’abord le rétablissement des États dans leurs frontières, avec un principe, sinon de démocratie, du moins de citoyenneté, d’acceptation du multiconfessionnalisme et même certaines garanties qui pourraient être négociées pendant qu’il en est temps. Je pense au Rojava dont Renaud Girard a parlé.

Concernant les Kurdes, la solution est évidemment de leur donner une marge d’autonomie à l’intérieur des États où ils se trouvent, y compris la Turquie, sauf à s’embarquer pour une nouvelle guerre de Trente ans. La Turquie est une puissance et ni l’Iran, ni l’Irak, ni la Syrie n’accepteront d’être dépecés. Donc, le respect des frontières des États.

Pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, je préconise le maintien de la solution à deux États parce qu’il n’y en a pas d’autre. L’hypothèse d’un État binational n’a pas de sens : Du point de vue des Juifs, il s’agirait d’un État juif qui aurait des citoyens arabes de seconde zone. Et, du point de vue des Arabes, ce serait évidemment un État majoritairement arabe, insupportable pour les Juifs. Il faut donc maintenir cette solution, même si elle est difficile.

Sur l’Iran, le maintien de l’accord 5+1 est souhaitable, quelle que soit la position des États-Unis. Là, la France peut jouer un rôle important pour dégager les moyens de sortir de l’extraterritorialité du droit américain. Nous devons nous doter des outils financiers qui nous permettront de financer notre commerce extérieur quand cela est conforme à nos intérêts. Nous ne pouvons pas rester à la merci de grandes banques privées tétanisées par leur imbrication dans le système américain, comme cela a été justement rappelé tout à l’heure. Je pense qu’il faut se doter d’outils, comme on avait su le faire par le passé. Jamais du temps de de Gaulle, ni même du temps de Mitterrand, la France n’aurait accepté une situation comme celle-là.

Je vais introduire une idée qui me mettra peut-être en contradiction avec Pierre Conesa. Je pense qu’il faut quand même soutenir le nation building saoudien, même si on doit aller plus loin – j’ai cité la politique étrangère et la diffusion du salafisme djihadiste – et revenir à la gouvernance globale nécessaire au monde en relativisant autant qu’on le peut le conflit chiite/sunnite. Le chiite, aujourd’hui désigné comme l’ennemi, ne l’était pas il y a encore une vingtaine d’années. Nous devons sortir d’une guerre de religions d’un autre âge. La France a aussi un rôle à jouer dans ce domaine.

Enfin, la France, entraînant si c’est possible d’autres pays d’Europe, peut jouer un rôle de bon sens, de médiation et de relation entre tous les acteurs y compris la Russie et les États-Unis.

Loïc Hennekinne
Merci beaucoup. Voilà des perspectives qui nous rassurent un peu.

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[1] Du toponyme biblique Capharnaüm, ville située au bord du lac de Tibériade, où Jésus aurait été assailli par une foule hétéroclite de malades faisant appel à son pouvoir guérisseur.
[2] « … Je suis venu ici pour trouver un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans du monde entier, basé sur un intérêt mutuel et un respect mutuel et aussi sur cette vérité que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et n'ont pas besoin d'être rivaux. Au contraire, ils se superposent et partagent des principes communs - principes de justice et de progrès - de tolérance et de dignité pour tous les êtres humains… », extrait du discours prononcé le 4 juin 2009 au Caire par Barack Obama.
[3] En juin 2017, au lendemain de l’attaque terroriste à Londres, trois pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite et l'Égypte, ont accusé Doha de soutenir des « groupes terroristes » et de déstabiliser la région.

Le cahier imprimé du colloque "Qu'y a-t-il du chaudron du Moyen-Orient ?" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

Fondation Res Publica I Jeudi 26 Avril 2018 I | Lu 1866 fois


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