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  <title>Fondation Res Publica | République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations</title>
  <description><![CDATA[Fondation de recherche reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005 : République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations. Président : Jean-Pierre Chevènement.]]></description>
  <link>http://www.fondation-res-publica.org/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2010-09-02T19:27:59+02:00</dc:date>
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   <title>Stratégie des grands groupes et politique industrielle française</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Colloque du lundi 12 avril 2010 à 18h à la Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée).
Entrée libre sous réserve de votre inscription à res-publica@wanadoo.fr.
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.      <div>
      Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li>François David, Président de la COFACE       
       </li></ul><ul class="list"><li>Louis Gallois, Président d’EADS       
       </li></ul><ul class="list"><li>Henri Guaino, Conseiller spécial du Président de la République       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste économique       
       </li></ul><ul class="list"><li>Christian Stoffaes, Président du CEPII       <br />
       et       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="400" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;s=AARTsJqQWPBZOKWkNgclzLSS-0hfsB8XUA&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Strategie-des-grands-groupes-et-politique-industrielle-francaise_a465.html</link>
  </item>

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   <title>Introduction de Marie-Françoise Bechtel</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Introduction de Marie-Françoise Bechtel, Vice-présidente de la Fondation Res Publica, lors du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319564-3243190.jpg" alt="Introduction de Marie-Françoise Bechtel" title="Introduction de Marie-Françoise Bechtel" />
     </div>
     <div>
      Retenu par un cas de force majeure, Jean-Pierre Chevènement est particulièrement navré de ne pouvoir vous accueillir à l’ouverture de ce colloque. Il nous rejoindra dans la soirée. La tâche qui revient ainsi à la vice-présidente de la Fondation est une obligation à la fois lourde et légère. Obligation lourde puisque je suis censée prononcer une brève introduction aux propos, beaucoup plus informés que ne sauraient être les miens, qui vont être tenus. Je préfère toutefois vous épargner des considérations de fond au profit d’une présentation du plateau très brillant qui vous est ici présenté, ce qui allège donc mon obligation.       <br />
              <br />
       Je me bornerai à souligner l’homogénéité des thèmes traités par la Fondation Res Publica, tout particulièrement depuis un an et demi. La Fondation a ainsi consacré plusieurs colloques à la crise et à l’approfondissement de la crise. Je pourrais citer « L’impact de la crise sur la stabilité de l’euro » (1), « Quel système monétaire international pour un monde multipolaire ?» (2), mais aussi, dès 2006, « Entreprises et territoires » (3), proche du sujet que nous traiterons ce soir.        <br />
              <br />
       Cela dit, dans la crise, il y a la crise de la crise. La déterritorialisation de l’industrie de notre pays et de certains autres pays développés est antérieure à ce qu’il est convenu d’appeler la crise et n’est peut-être pas sans lien avec son avènement. C’est la raison pour laquelle, en traitant le sujet de ce soir, nous sommes doublement en phase avec la plupart des colloques que vous présente Res Publica.        <br />
              <br />
       Comme vous le révèlera dans un instant la présentation des intervenants, nous avons centré ce colloque autour d’une question : Y a-t-il contradiction entre la logique de développement des multinationales, des grands groupes industriels, et la logique d’une politique industrielle nationale ? Tel est le thème que nous essaierons de traiter par la succession des interventions.        <br />
              <br />
       Avant de présenter les intervenants, je veux saluer la présence dans la salle d’<span style="font-style:italic">une</span> ancienne Premier ministre - que je n’ai donc pas besoin de nommer - qui fut également ministre de l’industrie et du commerce extérieur. Peut-être, à ce double titre, est-elle particulièrement intéressée par ce colloque. Nous sommes honorés de sa présence parmi nous.        <br />
              <br />
       A l’exception de M. Stoffaes qui, pour la première fois, nous fait l’honneur de sa participation, tous nos invités sont déjà intervenus ici.        <br />
              <br />
       Vous connaissez notre premier orateur, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, auteur de <span style="font-style:italic">« La crise globale »</span> (4) et de <span style="font-style:italic">« La dernière bulle »</span> (5). Son intervention, dont je lui laisse le soin de préciser le thème général, sera suivie par celle de Christian Stoffaes qui a présidé jusqu’à une date récente le Centre d'Études Prospectives et d'Informations Internationales, plus connu sous l’acronyme CEPII, dont on connaît les travaux sur les sociétés des pays développés, sociétés techno-servicielles caractérisées par la complémentarité entre industrie et services. François David nous a, lui aussi, fait l’honneur d’intervenir plusieurs fois auprès de nous. Ses fonctions de président de la COFACE en font un observateur privilégié de notre industrie. On ne présente pas Louis Gallois - pas plus qu’on ne présente EADS, le groupe qu’il préside - sauf à faire remarquer qu’il fut un temps directeur général de l’industrie. Henri Guaino, Conseiller spécial auprès du Président de la République, qui fut également commissaire au plan, nous rejoindra dans un moment. Enfin, selon l’heure de son arrivée, Jean-Pierre Chevènement pourra conclure les travaux après un temps d’échanges entre les intervenants et avec la salle.        <br />
              <br />
       Je remercie encore très vivement nos invités de leur participation et je donne tout de suite la parole à Jean-Michel Quatrepoint.       <br />
              <br />
       --------       <br />
       1) <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-impact-de-la-crise-sur-la-stabilite-de-l-Euro_a411.html">L’impact de la crise sur la stabilité de l’euro</a>, séminaire tenu le 4 mai 2009, avec la participation de Dominique Garabiol, Jean-Luc Gréau, Christian Saint-Etienne, Jean-Pierre Patat.       <br />
       2) <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quel-systeme-monetaire-international-pour-un-monde-multipolaire_r62.html">Quel système monétaire international pour un monde multipolaire ?</a>, colloque tenu le 19 octobre 2009, avec la participation de Michel Aglietta, Patrick Artus, Jean-Pierre Fourcade, Dominique Garabiol et Jean-Luc Gréau       <br />
       3) <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Entreprises-et-territoires_r28.html">Entreprises et territoires</a>, colloque tenu le 25 septembre 2006, avec la participation de Patrick Quinqueton, Louis Schweitzer, Louis Gallois, Denis Gautier Sauvagnac, Jean-Pierre Duport, Dominique Garabiol et Gabrielle Gauthey.       <br />
       4) [« La crise global...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.fondation-res-publica.org/photo/imagette-2319564-3243190.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Introduction-de-Marie-Francoise-Bechtel_a497.html</link>
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   <title>Globalisation et désindustrialisation</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, lors du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319589-3243228.jpg" alt="Globalisation et désindustrialisation" title="Globalisation et désindustrialisation" />
     </div>
     <div>
      Tâche redoutable que celle d’ouvrir cette soirée. En dressant une sorte de panorama des vingt dernières années, j’exprimerai quelques idées délibérément simples et de bon sens qui paraîtront peut-être un peu provocatrices à certains d’entre vous.       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé depuis le triomphe du capitalisme, du libéralisme, depuis l’annonce, au début des années quatre-vingt-dix, de la « mondialisation heureuse » ?       <br />
              <br />
       Un gigantesque transfert de richesses s’est opéré des classes moyennes occidentales vers de nouvelles classes moyennes, dans les pays émergents - notamment en Chine - mais aussi et surtout vers ceux qu’on appelle les « hyper-riches » qui se recrutent dans tous les pays - y compris dans les pays émergents - et vers les multinationales. Un homme avait parfaitement résumé ce qui s’est passé depuis vingt ans : un processus qui enrichit les multinationales et les milieux boursiers et bancaires tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale. Cet homme, un dangereux gauchiste, est Maurice Allais, le seul prix Nobel d’économie français.        <br />
              <br />
       Cette paupérisation relative des classes moyennes occidentales est imputable à une alliance que je qualifie de contre-nature, une alliance de circonstance, entre trois grands acteurs à l’échelle mondiale : Wall Street et les multinationales anglo-saxonnes mais aussi le CAC 40. Walmart, symbole de la grande distribution triomphante du début des années quatre-vingt-dix, première entreprise mondiale, géant américain de la distribution commercialise aujourd’hui des produits dont 70% sont fabriqués en Chine. L’équivalent de Walmart en France, c’est Carrefour et les « hyper ». Le troisième acteur est le Parti communiste chinois qui a mené une stratégie remarquable, de son point de vue, depuis trente-deux ans, depuis le fameux congrès du Parti communiste où Deng Xiaoping a tracé la voie de l’économie socialiste de marché. Économiquement hyper-capitalistes, politiquement communistes, avec un parti au pouvoir qui « tient » le pays, nationalistes avant tout, les Chinois sont mus par la volonté d’effacer le siècle de l’humiliation, siècle qui a vu les pays occidentaux dominer la Chine jusqu’en 1949. La guerre de l’opium a laissé des traces en Chine, nous l’avons oubliée mais les Chinois s’en souviennent.        <br />
              <br />
       Dans ce processus, au cours des années quatre-vingt-dix, les multinationales ont commencé par externaliser des fonctions qu’elles assumaient jusque là en propre, au nom de la mode de l’époque, la concentration sur le « cœur-business », et de l’efficience économique. C’est ainsi qu’on a vu les services informatiques être sous-traités aux sociétés d’informatique (l’infogérance), les services comptables être sous-traités à des sociétés d’expertise comptable, etc. L’objectif était de gagner en souplesse, en réactivité, de serrer les prix, de mettre en concurrence des personnalités extérieures et, évidemment, ne pas se charger  de coûts salariaux trop importants.        <br />
              <br />
       La Chine, à cette époque, est vue comme un marché sur lequel il faut s’implanter, un marché prometteur de 1 100 000 d’habitants. Mais, très vite, la Chine a imposé ses conditions aux multinationales, les autorisant à installer sur son sol des unités de production à condition d’exporter et non de fournir le marché local. Le but était de produire pour exporter. C’est alors que le système a changé de nature. Jusque là, la stratégie des multinationales, des grands groupes, était de s’implanter à l’étranger pour fournir les marchés étrangers, récupérant les profits par des systèmes de dividendes, de <span style="font-style:italic">royalties</span>, voire par les prix de transfert. Les multinationales avaient alors une doctrine qu’IBM avait inscrite à son frontispice : <span style="font-style:italic">« Au service des hommes et des nations »</span>. En effet, dans les années soixante-dix, IBM disputait chaque année avec Peugeot le titre de premier contribuable de France. Nous verrons tout à l’heure que les choses ont bien changé.        <br />
              <br />
       Cette nouvelle stratégie des multinationales consiste donc à produire en Chine pour engranger des recettes à l’exportation que la Chine ne rétrocède pas réellement à la masse de sa population. Certes, une partie de ces recettes redescend par capillarité sur les classes moyennes naissantes. Mais surtout la Chine a commencé à engranger des réserves en devises, notamment en dollars, et à financer une bonne partie des déficits américains.        <br />
              <br />
       Ce modèle, basé sur une très forte exportation et une faible consommation intérieure, va s’accélérer à partir de l’an 2000, avec un phénomène majeur : l’entrée de la Chine dans l’OMC (1). C’est alors qu’après le phénomène d’externalisation des grands groupes, des délocalisations massives vont se produire. Toutes les courbes : commerce extérieur, déficits des uns, excédents des autres, accumulations de réserves des uns e...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Globalisation-et-desindustrialisation_a498.html</link>
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   <title>La crise des économistes</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Christian Stoffaes, Président du CEPII, lors du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319615-3243274.jpg" alt="La crise des économistes" title="La crise des économistes" />
     </div>
     <div>
      En principe, quand les banquiers sautent par la fenêtre, les économistes devraient rentrer par la porte. Parce que la crise est la justification des économistes comme la maladie l’est du médecin.       <br />
       Mais la crise est aussi chez les économistes. Car ils ont pour fonction de façonner le cadre intellectuel, la représentation, la vision. Keynes disait que les dirigeants politiques, tout pragmatiques qu’ils se croient, sont en réalité les esclaves d’obscurs universitaires qui façonnent les théories dans le silence de leur bureau, tant l’action dépend de la manière dont on voit les choses, de la représentation.       <br />
              <br />
       On a beaucoup écrit sur la crise, tout dit, trop dit. Mais ce n’est qu’avec le recul de l’histoire qu’on comprendra vraiment ce qui s’est passé, qu’on fera le tri des causes profondes et des causes immédiates. Or à la crise il y a beaucoup d’explications : trop expliquer c’est ne rien expliquer.        <br />
       On a parlé de l’endettement. On a parlé de la politique monétaire américaine, des déséquilibres entre l’épargne excessive des Chinois et la consommation excessive des Américains. On parle de basculement du monde de l’Occident vers l’Asie. On parle aussi de la crise du capitalisme. On fustige la spéculation. Comme toujours, face à des événements compliqués, il faut tenter de simplifier, d’identifier le cœur du sujet.        <br />
              <br />
       Je voudrais vous proposer d’analyser ce qui s’est passé chez les économistes, comment ils ont été responsables de la crise, comment ils ont créé le cadre intellectuel qui a permis les dérives qui nous ont amenés là où nous en sommes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Hystérie spéculative</span>       <br />
              <br />
       En réalité, la crise est une spéculation gigantesque qui a été cachée aux regards par les artifices de l’argumentation soi-disant scientifique forgée par l’économie financière. C’est d’ailleurs l’origine de toutes les crises financières : on croit que les actifs vont monter, on achète pour s’enrichir, on s’endette pour spéculer et lorsque le marché se retourne on ne peut plus rembourser. Pour alimenter les esprits animaux de l’hystérie spéculative, il faut leur trouver un objet : les tulipes d’Amsterdam au XVIIe siècle ; les titres de la Compagnie des Indes rue Quincampoix. Lors de la crise de 1929, l’actif cible était les cours de la bourse. Les cours se sont effondrés, les banques ont été ruinées et on a mis dix ans avant de récupérer. Ce fut la « grande dépression ».        <br />
              <br />
       La crise récente, dont le krach Lehman fut le point d’orgue, a été, comme le jeudi noir de 1929, le résultat d’une spéculation sophistiquée, sur des produits complexes (les produits dérivés), toute une mécanique financière à laquelle personne ne comprend rien. Les financiers eux-mêmes n’y comprenaient pas grand-chose, ils ne se sont pas posé trop de questions tant qu’ils ont touché des commissions (les bonus sont des commissions sur le commerce des titres). Cette spéculation était à la fois sans fonds propres et sans couverture. On a titrisé les créances, on les a placées dans des « véhicules » structurés, hors bilan. Ces « véhicules » ont dû être rapatriés dans les comptes et provisionnés après la chute des cours. « Comment pouvaient-ils être simultanément hors bilan et dans le bilan ? » pourra demander l’inspecteur Colombo à la barre du grand procès de Wall Street : « Cherchez l’erreur… »       <br />
              <br />
       On a pu ainsi spéculer massivement sans se préoccuper des risques. De plus, les assurances contre les risques de défaillance, les fameux CDS (<span style="font-style:italic">Credit Default Swap</span>), sont en réalité des polices d’assurance sans couverture. C’est de la quasi-escroquerie : des assureurs vendent des polices d’assurance et le jour où le risque se matérialise, il n’y a rien pour répondre. L’important n’était-il pas de vendre des titres et de percevoir des <span style="font-style:italic">Fees</span> : l’empire des cours…        <br />
              <br />
       En novembre 2008, quelques jours après le krach Lehmann, l’audition d’Alan Greenspan à la commission d’enquête du Congrès est passée relativement inaperçue en raison de la proximité de l’élection présidentielle. Greenspan fut le gourou de cette époque. Président de la Réserve fédérale pendant vingt ans, plus qu’un banquier central, il est un théoricien, un idéologue brillant, un militant politique du Parti républicain. Lorsque le président de la commission l’interrogea : « Vous trouvez que votre vision du monde, votre idéologie n’était pas la bonne, ne fonctionnait pas ? », il répondit qu’il continuait à croire que l’économie de marché, la concurrence, était une bonne chose, y compris appliquée aux marchés financiers. Mais, ajouta-t-il : « Nous avons découvert avec une stupeur incrédule  qu’il y avait une faille dans le raisonnement » (<span style="font-style:italic">« …with a shocked disbelief, we discovered there was a flaw… »</span>). C’est extrêmement intéressant dans la bouche de celui qui était le plus apte à comprendre la situation.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« There was a flaw … »</span>. Quell...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>En finir avec les idées reçues sur les exportations de l’industrie française</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de François David, Président de la COFACE, lors du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319651-3243323.jpg" alt="En finir avec les idées reçues sur les exportations de l’industrie française" title="En finir avec les idées reçues sur les exportations de l’industrie française" />
     </div>
     <div>
      Je vais me focaliser sur un sujet qui a été évoqué par les deux orateurs précédents : le lien entre industrie et commerce extérieur. La presse nous donne une vision crépusculaire et apocalyptique de notre commerce extérieur. Les résultats qui sortent aux mois de mai, juin, juillet suscitent immanquablement dans tous les journaux des comparaisons entre le déficit abyssal du commerce extérieur français et l’extraordinaire excédent du commerce extérieur allemand, une véritable antienne ! <span style="font-style:italic">Le Monde</span> a sorti il y a quelques jours un dossier intitulé : <span style="font-style:italic">« Peut-on encore sauver l’emploi industriel en France ? »</span> Réponse ? Non, évidemment ! … à cause de notre déficit abyssal (tandis que les Allemands, avec leur excédent formidable…)       <br />
              <br />
       Je voudrais revenir sur ce sujet parce que je crois qu’on se trompe complètement.       <br />
              <br />
       Si vous lisez la presse étrangère, vous constaterez qu’on n’y parle de déficit commercial nulle part. Pas une ligne sur le déficit commercial britannique dans le <span style="font-style:italic">Financial Times</span> ; rien non plus sur ce thème dans la presse espagnole ou américaine.        <br />
              <br />
       La notion de déficit commercial, pour mesurer la compétitivité d’un pays, n’a plus de sens. Le déficit commercial mesure la différence entre les importations, qui dépendent de la consommation chez nous, et les exportations, qui dépendent de la consommation chez les autres. Ces deux flux n’ont donc aucun rapport l’un avec l’autre.       <br />
              <br />
       À l’époque du franc - et des ministres du commerce extérieur prestigieux - le déficit commercial était gênant, il constituait la « contrainte extérieure » et comportait un risque de dévaluation. Aujourd’hui, 70% de nos échanges se font dans la zone euro, il n’y a plus de risque de dévaluation, plus de contrainte extérieure.       <br />
              <br />
       En quoi un déficit prouve-t-il qu’on n’est pas compétitif ? Jean-Michel Quatrepoint a parlé tout à l’heure de l’extraordinaire expérience chinoise, devenue en quelques années le premier exportateur mondial. Savez-vous que le mois dernier la balance commerciale chinoise a été déficitaire ? Le prix des importations, des matières premières notamment (cuivre, pétrole…), a augmenté de manière considérable, ce qui n’a rien à voir avec la politique économique chinoise.       <br />
              <br />
       Arrêtons donc de nous polariser sur ce déficit qui n’a plus de sens aujourd’hui.        <br />
       La stratégie des firmes repose sur la vente, bien sûr, mais aussi sur l’investissement à l’étranger. Les firmes qui, demain, seront présentes sont celles qui investissent. Or les investissements à l’étranger ne sont pas pris en compte dans le solde commercial.        <br />
              <br />
       Cessons aussi de nous focaliser sur l’Allemagne. Nos amis des médias (sauf Jean-Michel Quatrepoint, un journaliste exceptionnel) ont le tort de pratiquer en permanence la comparaison avec l’exception. L’Allemagne est une exception. Est-ce qu’on se compare aux autres pays européens ? Si la France, l’an dernier, a eu un déficit de 45 milliards d’euros, le déficit de la Grande-Bretagne a été de 130 milliards d’euros et le déficit espagnol de 120 milliards d’euros, ce qu’on ne lit nulle part. On ne peut pas toujours se comparer à l’exception, il faut se comparer à ce qui est comparable.        <br />
              <br />
       Parlons un instant de l’Allemagne, deuxième exportateur mondial, dont l’économie repose sur l’exportation.        <br />
       En 2009, lorsque le commerce mondial s’est effondré de 12%, l’Allemagne a connu une chute de son PNB de 5%, la plus forte de toute l’Europe. Ce qui peut être une force en période de croissance peut être un problème en période de crise.        <br />
       On nous dit que l’excédent de l’Allemagne est dû à l’exceptionnelle qualité de ses produits. Or l’Allemagne fabrique des produits de milieu de gamme industrielle : voitures, machines outils. Que sera l’économie allemande dans vingt ans ? La part des produits de haute technologie dans le commerce extérieur français est supérieure à ce qu’elle est en Allemagne. L’exportateur de demain sera technologique. L’Allemagne, dans vingt ans, sera concurrencée très sévèrement sur ses produits industriels par la Chine, la Corée et les autres. C’est déjà le cas pour l’automobile. Les pays émergents fabriqueront aussi des machines-outils. Le <span style="font-style:italic">made in Germany</span> qui fait la force de l’économie allemande sera très fortement concurrencé dans les années qui viennent.        <br />
              <br />
       L’Allemagne exporte la <span style="font-style:italic">Touareg</span>, formidable voiture fabriquée à 90% en Slovaquie, une production qui n’apporte pas grand chose à l’emploi allemand.        <br />
              <br />
       Sur les cinq dernières années, les entreprises françaises ont investi à l’étranger trois fois plus que les entreprises allemandes. Le bon investissement à l’étranger est l’investissement commercial. L’investissement industriel peut délocaliser, l’investissement commercial assure la pérennité de la croissance. Les Allemands n’investissent pas commercialement à l’étranger. L’exception à laquelle nous n...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/En-finir-avec-les-idees-recues-sur-les-exportations-de-l-industrie-francaise_a500.html</link>
  </item>

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   <title>Pour une politique industrielle</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:10:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Louis Gallois, Président d’EADS, lors du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319668-3243357.jpg" alt="Pour une politique industrielle" title="Pour une politique industrielle" />
     </div>
     <div>
      À propos de la politique industrielle je ne serai peut-être pas aussi optimiste que François David. En effet, je considère que <span style="font-style:italic">la France est engagée dans un processus de désindustrialisation extrêmement inquiétant</span>. L’industrie représentait 22% de la valeur ajoutée en 1998 en France, 16% en 2008. C’est la plus forte baisse (6%) de l’ensemble de l’Union européenne (3% en moyenne). En Allemagne, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée globale a augmenté et nous sommes actuellement au niveau de la Grande-Bretagne dont on considère qu’elle a laissé filer son industrie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Quelles sont les causes de cette situation ? </span>       <br />
              <br />
       •	<span style="font-style:italic">Une spécialisation internationale médiocre.</span>        <br />
       Hors quelques secteurs de haute technologie (dont l’aéronautique) que je tiens à saluer, nos domaines d’activité sont très sensibles aux prix et donc directement impactés par la surévaluation de l’euro. Nous sommes donc, avec l’Espagne et l’Italie, un des pays les plus sensibles à la surévaluation de l’euro. L’euro a un effet double : d’une part il nous gêne à l’exportation hors d’Europe, d’autre part il réorganise le paysage industriel européen au bénéfice de ceux qui ont une spécialisation internationale beaucoup moins sensible aux prix, notamment de l’Allemagne.        <br />
              <br />
       •	<span style="font-style:italic">Une structure de coût défavorable dans les entreprises industrielles.</span>       <br />
       Tout d’abord la durée du travail est trop courte. La durée du travail annuelle n’est pas actuellement adaptée et la durée de vie active des Français (en nombre d’heures de travail) est la plus courte d’Europe, peut-être même du monde : nous rentrons plus tard que les autres sur le marché du travail et nous en sortons plus tôt.       <br />
              <br />
       Il faut aussi parler de la fiscalité des entreprises. Jean-Michel Quatrepoint a évoqué les multinationales qui peuvent optimiser leur fiscalité. Ce n’est pas le cas de l’essentiel du tissu industriel français qui subit un niveau de prélèvement (fiscalité et charges sociales) défavorable, en particulier en ce qui concerne les prestations sociales, financées sur le facteur travail dans les entreprises. C’est un problème majeur.         <br />
              <br />
       •	<span style="font-style:italic">Une structure d’entreprise inadaptée.</span>        <br />
       Les orateurs qui m’ont précédé ont déploré l’absence de moyennes entreprises puissantes.        <br />
       La France compte 4000 entreprises de 500 à 5000 employés, l’Allemagne en a 16000. Dans la décennie quatre-vingt, la génération de ceux qui avaient construit l’industrie française après guerre a disparu et n’a pas été remplacée.        <br />
              <br />
       On peut parler d’un capitalisme sans capital : Nos entreprises moyennes sont sous-capitalisées. Incapables d’investir, elles sont asphyxiées. Le patron d’un des plus grands distributeurs français m’avouait acheter des biscuits allemands, non pas en raison d’une qualité supérieure mais parce que les usines allemandes, automatisées, modernisées, permettent des coûts de production inférieurs à ceux de leurs concurrents français, incapables de faire ces investissements parce qu’ils sont complètement sous-capitalisés.       <br />
              <br />
       •	<span style="font-style:italic">La faible articulation entre recherche publique et recherche privée.</span>        <br />
       À l’inverse des autres pays (Allemagne, Etats-Unis, etc.), la France a une recherche publique assez puissante et une recherche privée plutôt faible. De plus, nous pâtissons d’une insuffisante relation entre la recherche publique et la recherche privée. Je reconnais dans la salle quelques-unes des personnes avec lesquelles nous avons commis quelques crimes dans ce domaine. Il faut arriver à convaincre la recherche publique qu’elle peut avoir un dialogue d’égal à égal avec l’industrie sans s’y perdre. Ce n’est pas le cas actuellement.        <br />
              <br />
              <br />
       Ces remarques structurelles sur l’industrie française et son évolution se trouvent bousculées par <span style="font-style:italic">la nouvelle donne qui résulte de la crise</span>, qui d’ailleurs avait été anticipée.        <br />
              <br />
       Les États-Unis continuent à tenir le secteur des très hautes technologies grâce à des programmes gouvernementaux extrêmement puissants, des universités et des centres de recherche remarquablement financés, capables d’attirer les meilleurs scientifiques du monde entier. Pas un chercheur qui n’ait envie d’aller passer quelques années aux États-Unis. En dépit d’une désindustrialisation massive des États-Unis, le secteur des très hautes technologies reste donc tenu.        <br />
              <br />
       Il faut évoquer la poussée des émergents. On a beaucoup parlé de la Chine mais n’oublions pas la Corée. Ce pays fait preuve d’un dynamisme et d’un volontarisme incroyables. Les Coréens avaient décidé de devenir <span style="font-style:italic">leaders</span> dans l’automobile, <span style="font-style:italic">Hyundai</span> est maintenant devant <span style="font-style:italic">Toyota</span> en termes de qualité. Ils avaient souhaité être présents dans le secteur des biens de consommation électroniques, <span style="font-style:italic">Samsung</span> et <span style="font-style:italic">LG</span> sont numéro un mondial et numéro deux mondial devant <span style="font-style:italic">Sony</span>. Ils prévoient d’entrer dans dix ans dans le G7 de l’aéronautique et d...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Débat final</title>
   <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Interventions prononcées lors du débat final du colloque "Stratégie des grands groupes et politique industrielle française " tenu le 12 avril 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2319694-3243394.jpg" alt="Débat final" title="Débat final" />
     </div>
     <div>
      <b>Marie-Françoise Bechtel</b>       <br />
       Merci infiniment à Louis Gallois.        <br />
       Le premier intervenant nous a invités à conceptualiser l’alliance des « trois » (Walmart, Wall Street et le PC chinois). Le second orateur a appelé à réintroduire la notion de production, dénonçant la défaillance du cadre conceptuel de l’économie tout entière. Le troisième nous a mis en garde contre une surestimation de  la question du déficit extérieur, notamment le nôtre. Et vous venez d’affirmer qu’il faut revenir à l’industrie, revenir à des fondamentaux et ne pas trop compter sur les hautes technologies pour nous en tirer car nous sommes déjà concurrencés dans ce domaine.       <br />
       Je donne à présent la parole à Henri Guaino.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Henri Guaino</b>       <br />
       Les propos de M. Henri Guaino n’ont pas donné lieu à transcription.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel</b>       <br />
       Je souligne à l’intention de Jean-Pierre Chevènement, qui nous a rejoints, la forte convergence entre les cinq orateurs qui se sont exprimés. Je la résumerai dans les termes suivants : Finalement, les temps sont mûrs pour parler de choses dont on ne parlait plus et pour le faire à la faveur de la crise.        <br />
              <br />
       Christian Stoffaes nous a expliqué que le cadre conceptuel des économies ne fonctionne plus parce qu’il nous éloigne de l’idée même de production. Le président Gallois a exprimé, à sa manière, la nécessité de revenir à la production et de convaincre nos « forts en maths » de viser les postes d’ingénieurs de production plutôt que de se livrer à la finance internationale. François David nous a mis en garde contre une surestimation du déficit du commerce extérieur. Jean-Michel Quatrepoint nous a rappelé qu’il ne faut pas se tromper de spécialisation.        <br />
              <br />
       Les temps sont mûrs pour un changement de cadre conceptuel et même pour la (re)mise au point d’un certain nombre d’outils. J’ai été très frappée par le retour de la DATAR, un temps remplacée par la DIACT. J’en avais parlé ici même lors du colloque intitulé « L’État face à la crise » (1). En effet, nous sommes revenus à un concept très différent de l’aménagement du territoire. Peut-être est-ce, non pas une hirondelle qui annonce le printemps, mais un signe annonciateur de ces temps qui ont mûri ou qui ont changé.        <br />
              <br />
       Pour terminer, je remarque que vous avez parlé davantage d’instruments de pilotage que d’instruments de protection. Ce mot « protection » a plané sur certains exposés (je pense à Jean-Michel Quatrepoint) mais le concept n’a pas été totalement exploré. Il est vrai que quand vous avez appelé à ne pas céder à l’Europe de la concurrence, cette idée était, crois-je comprendre, en filigrane.        <br />
              <br />
       J’utilise le mot « protection » au sens du protectionnisme. Les temps sont-ils mûrs reparler de protectionnisme ? Le fait est qu’il n’est pas venu dans les exposés.        <br />
       Je cède la parole à Jean-Pierre Chevènement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Jean-Pierre Chevènement</b>       <br />
       Je veux vous présenter mes excuses pour ce retard dû au fait que les obsèques du Préfet Jean-Paul Proust, mon ancien directeur de cabinet, avaient lieu à Marseille. J’exprime mes profonds regrets aux intervenants qui m’ont fait l’amitié de répondre à mon invitation ainsi qu’à la salle.        <br />
              <br />
       Écoutant Henri Guaino, je dois reconnaître que je partage largement ses analyses. Je tenais à peu près le même discours en 1982-83. Mais quelle est la force des discours ?        <br />
              <br />
       J’avais notamment quelques intuitions sur le rapport entre le développement industriel et la monnaie. Une monnaie trop forte entraîne des pertes d’emplois considérables dans le domaine industriel. C’est donc avec une certaine satisfaction que je vois l’euro battre un peu de l’aile car je suis favorable à une stratégie de baisse de l’euro. Je déplore les malheurs de nos amis grecs, j’ignore comment nous sortirons de cette crise, mais je pense que nous n’avons pas intérêt à avoir une monnaie trop surévaluée.        <br />
       Nous avons intérêt à ce que la puissance publique soit à l’offensive parce que nous n’aurons pas de politique industrielle si l’État n’est pas présent. C’est la mort dans l’âme que j’ai vu partir Péchiney, Arcelor… L’industrie doit être accompagnée par la recherche, non seulement publique mais aussi industrielle.        <br />
              <br />
       Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire. Je rends hommage au combat valeureux que mène Henri Guaino. Je sais qu’il doit se battre contre des forces hostiles.        <br />
              <br />
       Marie-Françoise Bechtel remarquait qu’on n’avait pas beaucoup parlé de protection. Parlons de « concurrence équitable ». Il faut mettre de la visquosité dans le paysage économique mondial. Les réglementations, déclarées archaïques, ont été balayées. Elles avaient pourtant l’avantage de freiner la mobilité des facteurs de production et particulièrement du capital. Pouvons-nous réhabiliter les réglementations en les « modernisant » ?         <br />
              <br />
              <br />
       <b>François David</b>       <br />
       Avant de vous quitter, je voudrais vous prendre à témoins : je prend...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a502.html</link>
  </item>

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   <title>Quelle Université française pour demain ?</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jul 2010 15:16:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Colloque du lundi 13 septembre 2010, 18h à Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée).
Entrée libre sous réserve de votre inscription à info@fondation-res-publica.org.
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.     <div>
      Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li> Axel Kahn, président de l’Université Descartes Paris-V       
       </li></ul><ul class="list"><li> Yves Lichtenberger, ancien président de l’Université de Marne-la-Vallée et du Pôle recherche enseignement supérieur (PRES) Paris-Est       
       </li></ul><ul class="list"><li> Bernard Ramanantsoa, directeur général du groupe HEC       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ronan Stephan, directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ghislaine Filliatreau, directrice de l’Observatoire des sciences et des techniques       
       </li></ul><ul class="list"><li> Conclusion de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="400" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;s=AARTsJqQWPBZOKWkNgclzLSS-0hfsB8XUA&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Quelle-Universite-francaise-pour-demain_a492.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.fondation-res-publica.org,2010:rss-2147595</guid>
   <title>Introduction de Jean-Pierre Chevènement</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 12:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Introduction de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, lors du séminaire "La France et ses stratèges" tenu le 22 mars 2010.     <div>
      Je suis heureux de vous accueillir pour cette table ronde consacrée à  <span style="font-style:italic">« la France et ses stratèges »</span>, dont l’heureuse initiative revient à M. Dejammet qui, retenu par un voyage lointain, ne peut pas être parmi nous ce soir.        <br />
              <br />
       Je veux remercier ceux qui ont accepté d’y participer :       <br />
              <br />
       M. Christian Malis, auteur de <span style="font-style:italic">« Raymond Aron et le débat stratégique français (1930-1966) »</span> (1) et, tout dernièrement de <span style="font-style:italic">« Pierre-Marie Gallois, géopolitique, histoire, stratégie »</span> (2). Pierre-Marie Gallois est pour moi un ami, une référence, un homme auquel il m’arrive souvent de penser : il ne doit pas être facile d’avoir cent ans et d’avoir vu autant de choses que le général Gallois !       <br />
              <br />
       L’amiral Jean Dufourcq, directeur d’études à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, est également, depuis huit mois, rédacteur en chef de la Revue <span style="font-style:italic">Défense Nationale</span>.       <br />
              <br />
       M. Pierre Conesa, directeur général de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), fut chargé de mission au ministère de la Défense où nous nous sommes croisés en d’autres temps.        <br />
              <br />
       M. Gilles Andréani, conseiller maître à la Cour des Comptes, ancien directeur du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères.       <br />
              <br />
       Enfin, M. Gabriel Robin, ambassadeur de France.       <br />
              <br />
       Je salue également le général Quesnot, le général de la Maisonneuve et toutes les personnalités qui ont répondu à notre invitation et qui auront l’occasion de s’exprimer au cours du débat.       <br />
       Je suis heureux de vous voir réunis pour réfléchir à ce sujet très difficile.        <br />
              <br />
       Guibert (3), au XVIIIe siècle, avait donné le <span style="font-style:italic">la</span> d’une révolution stratégique, celle de la « guerre totale », pourrait-on dire. Plus récemment, on cite les généraux Ailleret, Beaufre, Gallois, Poirier, « les quatre généraux de l’Apocalypse » comme les a appelés François Géré, bien qu’ils soient gens très raisonnables qui, conscients du rapport entre une stratégie de dissuasion et le développement de stratégies indirectes proportionnées, ont vu à quel point la dissuasion pouvait aussi être une manière de revenir à un « art de la guerre » qui n’avait plus cours depuis Guibert.        <br />
              <br />
       On pourrait énumérer les stratèges. Il y en eut de très grands chez les Anglo-saxons : Mahan (4), Mackinder (5) ; chez les Allemands : Haushofer (6) et bien sûr Clausewitz (7). Il y eut Jomini (8), un Vaudois qui servit dans les armées de Napoléon … et sans doute beaucoup d’autres dont les noms ne me viennent pas spontanément à l’esprit.        <br />
              <br />
       Mais les vrais stratèges, surtout à l’âge atomique, ne sont-ils pas d’abord les politiques ? Les « quatre généraux de l’Apocalypse » n’auraient pas existé sans le général de Gaulle qui, en matière de stratégie, avait des idées très pratiques. Selon lui, il convient de ne jamais en dire trop, en raison de la nécessité de s’adapter aux circonstances et parce que l’incertitude est au principe de la dissuasion. M. Malis raconte cette anecdote du général Gallois, convié un soir par le général de Gaulle. Celui-ci, après l’avoir écouté un moment, lui dit : « Si je comprends bien, il faut pouvoir arracher un bras à l’agresseur »… théorie de la dissuasion du fort au faible.       <br />
              <br />
       Alain Dejammet et moi-même, souhaitions vous poser les questions suivantes :       <br />
       Y a-t-il encore aujourd’hui des stratèges français ? (question impertinente car la réponse est dans cette salle !) Je ne parle pas des grands hommes d’État, tel Napoléon, auteur d’aphorismes qui étaient d’un stratège : « Tout État a la politique de sa géographie », voici qui révèle une vision stratégique !       <br />
       Quel peut être l’objet, la matière d’une stratégie aujourd’hui ? Parlerons-nous d’une manière thématique ? Faut-il se centrer sur le nucléaire ? Dépasserons-nous le nucléaire ? Si oui, comment ?        <br />
       De nombreuses discussions, aux États-Unis, portent sur la « nouvelle triade », sur les nouvelles armes conventionnelles, le bouclier antimissile, la course sans fin entre la pénétration et l’interception. C’est le général Poirier, me semble-t-il, qui disait qu’il y avait toujours un aléa très grand et que la pénétration avait toujours, en définitive, raison de l’interception, celle-ci connaissant des hauts et des bas. On pourrait en discuter longuement.       <br />
              <br />
       J’ai parlé du bouclier antimissile. La maîtrise de l’espace est évidemment un aspect tout à fait essentiel.       <br />
       D’un point de vue plus géopolitique, il est nécessaire d’identifier les « menaces », comme on dit en langage militaire (en effet, s’il n’y avait pas de menaces il n’y aurait pas de militaires).        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">D’où viennent aujourd’hui les menaces ?</span>        <br />
       Viennent-elles de l’Est ? (Il y a toujours un équilibre géostratégique, bien entendu). Viennent-elles de Russie ? Viennent-elles des puissances montantes de l’Asie, qui développent leur arsenal et, demain, pèseront lourd sur les équilibres mondiaux ? Dans deux décennies, l...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Introduction-de-Jean-Pierre-Chevenement_a485.html</link>
  </item>

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   <title>La renaissance de la pensée stratégique française après la deuxième guerre mondiale</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:59:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Christian Malis, auteur de « Raymond Aron et le débat stratégique français (1930-1966) », lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010
     <div>
      En France, du point de vue de la pensée stratégique, nous vivons une époque atypique et très prometteuse, parce que coexistent aujourd’hui quatre générations de stratèges. Je me concentrerai sur les plus anciens, Pierre Gallois, Raymond Aron, Lucien Poirier, et mon propos d’historien qui portera sur la renaissance de la pensée stratégique française après la seconde guerre mondiale.        <br />
              <br />
       Mais pour anticiper sur nos débats et commencer à donner un élément de réponse à la question de M. Chevènement, je dirai qu’on peut parler d’une renaissance, d’un réveil de la pensée militaire professionnelle qui constitue une base très importante de la pensée stratégique. Nous pourrons donner des exemples de cette jeune génération.       <br />
              <br />
       L’une des questions qui se pose est celle de l’ouverture possible vers le politique. L’exemple du général Gallois, que vous avez cité, est très parlant. Effectivement, en 1956, Pierre-Marie Gallois, qui avait eu les moyens de développer une vraie réflexion stratégique, en France et dans le cadre de l’OTAN, avait des accès politiques qu’on ne retrouverait pas forcément aujourd’hui. Il a pu, en particulier, « évangéliser » le général de Gaulle, confirmant ses intuitions sur la stratégie de dissuasion du faible au fort dont le véritable précurseur était d’ailleurs l’amiral Castex. Nous y reviendrons.       <br />
              <br />
       Comme le dit le général Poirier, ce sont les époques de rupture qui favorisent effervescence et renouveau dans le domaine de la réflexion, et la pensée militaire n’échappe pas à cette règle. La France avait déjà connu à cet égard des épisodes de renaissance intellectuelle : au XVIIIe siècle, et spécialement après la guerre de Sept Ans, c’est l’époque de Guibert, Joly de Maizeroy  qui font suite à des auteurs comme Puységur, Folard, Maurice de Saxe... Après 1870 c’est l’époque de Foch (dont un colloque soutenu par la Fondation Saint-Cyr a permis de redécouvrir l’action mais aussi l’héritage intellectuel), Lewal, Camon, Ardant du Picq, Bonnal. Périodes de rupture, mais aussi suites d’une défaite, autre constante : le rôle de 1940 dans la renaissance intellectuelle d’après-guerre méritera d’être cerné de très près dans cet exposé car il est multiforme.        <br />
              <br />
       Certains pourront s’étonner que l’on parle de « renaissance de la pensée militaire française » après la guerre, notamment pour la période 1945-1965. Elle a en effet été recouverte d’un certain manteau d’ombre. C’est d’une part l’ombre rétrospective que projette sans doute sur cette période la glaciation intellectuelle de l’époque de la dissuasion, glaciation qui affecte davantage le débat et la discussion – Raymond Aron s’en plaint en 1975 dans un article publié dans la <span style="font-style:italic">Revue de Défense Nationale</span> (1) - que la pensée elle-même.  Trois raisons à cette glaciation : orthodoxie nucléaire, conséquences de la guerre d’Algérie et du putsch sur la liberté d’expression, modification du processus de décision en matière de politique de défense sous la Cinquième République par rapport à la Quatrième République. D’autre part c’est, me semble-t-il, l’effet de la violence des attaques du même Aron à l’encontre des penseurs militaires français en général (ainsi il s’en prend à Foch avec une injustice intellectuelle soulignée dans la thèse récente de Benoît Durieux), mais plus spécialement de Pierre Gallois et d’André Beaufre, avec lesquels il eut des différends intellectuels qui tournèrent à l’aigreur voire à l’inimitié personnelle : il éreinte Pierre Gallois dans <span style="font-style:italic">Le Grand Débat</span> paru en 1963 (« champion du monde du dogmatisme », « théoricien pour pays pauvre », etc.) et André Beaufre dans une annexe assassine de <span style="font-style:italic">Penser la guerre, Clausewitz</span> de 1976, à propos de son ouvrage sur la guerre révolutionnaire. Enfin l’ombre de l’empire, l’essor spectaculaire de la pensée stratégique américaine. Les États-Unis deviennent brusquement la nouvelle métropole de la pensée militaire, cela pour au moins trois raisons : l’alliance contractée pendant la guerre, sur les questions de défense nationale, entre l’Université et l’État (le gouvernement américain embauche 8 000 universitaires à partir de 1942), alliance qui nous vaudra les fameux « intellectuels de défense », les « crânes d’œuf » de l’époque Kennedy ; l’avance technique américaine sur l’arme atomique qui lui donne toujours un temps d’avance dans la réflexion stratégique ; l’existence de laboratoires spécialisés dans la réflexion stratégique appliquée et ayant accès à la documentation classifiée : les fameux <span style="font-style:italic">think tanks</span> comme la Rand Corporation.       <br />
              <br />
       La richesse intellectuelle de ce que je n’hésite pas à baptiser un « âge d’or » se manifeste d’une part par le nombre des stratèges de valeur, particulièrement les stratèges du « Six Majeur » : Pierre Gallois, Raymond Aron, Camille Rougeron, Lucien Poirier, Charles Ailleret, Andr...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/La-renaissance-de-la-pensee-strategique-francaise-apres-la-deuxieme-guerre-mondiale_a486.html</link>
  </item>

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   <title>La France, sa stratégie et ses stratèges</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de l’amiral Jean Dufourcq, Directeur d’études à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire et rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010.
     <div>
      Je vais en effet enclencher mon propos sur ce que vient de dire Christian Malis et partir de cet « âge d’or » stratégique dont il a parlé, avec la renaissance de l’activité militaire stratégique, pour parler de la période d’aujourd’hui avec quelques idées assez simples que je vous livre d’entrée de jeu, avant de les détailler : Nous sommes à une période où nous ne pouvons pas faire correctement de stratégie ; une période dans laquelle les stratèges sont profondément dans le doute ; et puis les militaires sont aujourd’hui à la marge de ce qui est la réflexion stratégique, c'est-à-dire de la relation entre la stratégie et la politique. Ensuite, brièvement, si je n’ai pas été interrompu avant par vos protestations, je dirai quelle peut être la stratégie de la France dans cette période du XXIe siècle.       <br />
              <br />
       En fait, je suis très content qu’on ouvre ce débat, cette réflexion sur la stratégie, une réflexion nécessaire pour prendre la mesure du <span style="font-style:italic">monde qui va</span>, de la place qu’y tient la France et de la stratégie qu’elle conduit pour faire entendre sa voix et valoir ses intérêts. J’entends une stratégie à la manière classique pour conduire un projet politique dans toutes les directions d’action conjuguées par un même effort cohérent, une stratégie totale comme aurait dit le général Beaufre, une stratégie, selon sa formule, pour « bâtir l’avenir », Car le volontarisme fait partie du traditionnel <span style="font-style:italic">« paquetage stratégique français »</span> ; il est l’un des moteurs de l’action politique de notre pays, à tort ou à raison.       <br />
              <br />
       Au cœur de cette réflexion, il y a des questions à traiter ici et maintenant par nous tous : comment pratiquer la stratégie aujourd’hui, avec quels logiciels intellectuels ? Pour promouvoir quel projet politique ? Dans quel champ de contraintes et avec quelles marges de manœuvre ? Et plus radicalement, la France qui a dû s’endetter à un niveau jamais atteint sous la Vème République, qui compte pour 1% de la population et 3% du CA de la planète peut-elle conduire une stratégie qui lui soit propre, une stratégie indépendante ?       <br />
              <br />
       Voilà les questions dont on aimerait bien connaître les réponses, surtout quand on est militaire et que, par construction, on a la charge de la mise en œuvre des moyens de la violence légitime d’État pour prévenir les dangers et protéger le pays des atteintes extérieures et que l’on est familier de la notion de manœuvre stratégique et des sûretés qu’elle exige.       <br />
              <br />
       Je vous propose quatre points rapides sur ce thème essentiel pour esquisser la stratégie de la France aujourd’hui et l’état de ses stratèges, notamment militaires. Et je vous prie par avance de m’excuser pour ce que ma réflexion a de théorique : <span style="font-style:italic">La stratégie en déshérence. Les stratèges dans le doute. La place des militaires stratégistes. Quelle stratégie pour la France ?</span>       <br />
              <br />
       <b>1- La stratégie en déshérence : concevoir et conduire une stratégie au début du XXe siècle ?</b>       <br />
              <br />
       Je voudrais commencer par exprimer ma conception, classique je vous rassure, de la stratégie : pour moi la lutte pour la liberté d’action qui garantit le libre exercice de la souveraineté nationale est <span style="font-style:italic">le cœur de la stratégie</span>. La gestion des efforts et l’économie des moyens, sont <span style="font-style:italic">le poumon de la stratégie</span>. La combinaison d’entreprises variées concourant au même but est <span style="font-style:italic">l’art de la stratégie</span>.        <br />
       Voilà pour la base théorique.       <br />
              <br />
       Malheureusement, le monde ne se laisse plus enfermer dans un système de causalités strictes : le monde d’aujourd’hui est moins déterministe que probabiliste ; ses articulations sont moins stables, moins homogènes, moins lisibles. La passion, comme l’exposent Dominique Moïsi ou Pierre Hassner, a envahi les relations internationales à l’échelle planétaire grâce aux technologies de l’information et toute la gamme de la psychologie humaine a envahi l’organisation de la planète.        <br />
              <br />
       Pour faire image, on est revenu des idéologies organisées pour s’adonner aux idées en vrac : on est passé des systèmes construits en –<span style="font-style:italic">isme</span> (libéralisme, communisme, capitalisme, socialisme, catholicisme), au règne des pulsions et des nécessités en -<span style="font-style:italic">é</span>, (équité, liberté, prospérité, variété, communauté), à des combats disjoints qui créent un maquis général dans lequel la criminalité traditionnelle s’est engouffrée et semble désormais s’enkyster. Cette évolution semble se faire à l’insu des États qui étaient jusqu’ici les pions de base de la société internationale et avaient l’exclusivité de la stratégie. Bien d’autres acteurs concurrentiels s’adonnent aujourd’hui à la stratégie totale, des acteurs infra-, trans-, et supra-étatiques. Les stratégies d’État sont soumises à une sévère compétition dont ils n’ont pas une conscience précise.       <br />
              <br />
       Je voudrais poser ici un simple diagnostic...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/La-France,-sa-strategie-et-ses-strateges_a487.html</link>
  </item>

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   <title>L’Europe doit définir son rapport avec les Etats-Unis</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:57:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Pierre Conesa, Ancien directeur adjoint de la Délégation aux affaires stratégiques et de la DGA DDI, directeur général de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010.      <div>
      Je parlerai de l’époque très contemporaine où je travaillais à la Délégation des affaires stratégiques (DAS). Cette période post-guerre froide me paraît intéressante parce qu’elle traduit la relative modestie de la pensée stratégique française que l’on peut attribuer à deux faisceaux de causes dont certaines ont déjà été développées ici.        <br />
              <br />
       Certaines raisons sont spécifiquement françaises.       <br />
       On l’a dit, il y a des raisons politiques. Le putsch de 1961 avait abouti à faire taire dans les rangs et à tuer une partie des modes d’expression des militaires.        <br />
              <br />
       Il y a aussi des raisons proprement militaires : il est vrai que la hiérarchie militaire rappelait volontiers que, hors le nucléaire, il n’y avait point de salut, rendant illégitime toute forme de réflexion stratégique ne touchant pas au nucléaire. Il faut savoir que Pierre-Marie Gallois n’a été promu au grade de général qu’au regard de l’Histoire (on a considéré que le fait de ne pas le promouvoir apparaîtrait comme une tache). Le général Gallois aurait probablement fait une carrière plus rapide dans le ministère de la Défense s’il avait été contrôleur général des armées plutôt que le grand homme de la réflexion stratégique que nous connaissons. Il y a dans l’organisation administrative française des rémanences qui ne poussent pas à la réflexion stratégique.        <br />
              <br />
       Les dernières raisons sont sociologiques. Je suis toujours amusé de constater qu’en Angleterre on mène des <span style="font-style:italic">War studies</span> tandis qu’en France on se consacre à des « études de la paix ». Le monde universitaire éprouve une sorte de fascination qui disqualifie toute réflexion ancrée dans la chose militaire.       <br />
              <br />
       Je relève aussi ce qu’a dit l’amiral Dufourcq : on assiste aujourd’hui à une relève générationnelle extrêmement intéressante ; pour la première fois les militaires sortent du terrain et les modes de promotion et d’expression des militaires sont en train de changer. C’est une transformation très profonde et je crois qu’il faut s’y arrêter.       <br />
              <br />
       La deuxième caractéristique française est la modestie des outils. Des hommes seuls c’est bien, mais il est infiniment préférable qu’ils soient adossés à des modes d’organisation.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Mondes rebelles »</span> (1), recense environ quatre cents crises un peu partout dans le monde. Selon certaines publications américaines, comme celle du CSIS (2), il n’y a que cinquante <span style="font-style:italic">On going conflicts</span>. Selon les Américains, cinquante conflits, selon <span style="font-style:italic">« Mondes rebelles »</span>, quatre cents ! Il me semble intéressant de savoir qui « choisit » les crises, qui décide qu’une crise est importante et qu’une autre ne mérite pas l’attention. C’est là le rôle des <span style="font-style:italic">think tanks</span> et de ce que Paul Dickson appelait le <span style="font-style:italic">« complexe militaro-intellectuel »</span> (3) : identifier l’ennemi, de préférence l’ennemi menaçant, justifier le système de défense et éventuellement justifier l’emploi de la force. Dans ce mode de production-là, il est évident que la pointure française - et même la pointure européenne – n’est pas à l’échelle de la pointure américaine. On compte aux États-Unis  entre cinq cents et mille cinq cents think tanks (mais tous ne sont pas stratégiques), donc autant de modes de pensée, qui ont recours à de l’expertise précédant des décisions. La plus célèbre d’entre eux (qui n’est pas le plus gros), la <span style="font-style:italic">Rand Corporation</span>, compte environ mille cinq cents personnes, cinq bureaux dans le pays, quatre à l’étranger et un budget de 130 millions de dollars. Si on considère ce que pèse la FRS (Fondation pour la recherche stratégique), on descend immédiatement d’un cran, avec un budget de l’ordre de 4 à 5 millions d’euros. Même le SIPRI en Suède ou l’IISS en Grande-Bretagne  n’emploient qu’une quarantaine de personnes pour un budget de 9 millions d’euros.        <br />
              <br />
       Ma dernière remarque concerne les publications. Paradoxalement, la <span style="font-style:italic">Revue de Défense Nationale</span>, le média porteur dans lequel beaucoup des personnes présentes ici ce soir ont tenté d’apporter de l’intelligence, du renouvellement, reste à une diffusion à 5000 exemplaires en français, ce qui limite considérablement le propos ! Le média français de relations internationales le plus diffusé dans le monde est le<span style="font-style:italic"> Monde diplomatique</span>, 120 000 exemplaires par mois, 25 éditions étrangères, environ 1 à 2 millions de lecteurs par mois. Étrangement, ce n’est pas reconnu.        <br />
       On constate donc un décalage entre ce qu’on veut faire et les outils dont on dispose.        <br />
              <br />
       Le constat critique que je dresse ne tient pas qu’à la France. La faiblesse du mode de production européen s’est révélée dans la période post-guerre froide, ce monde rêvé (ou cauchemardesque, comme vous voudrez), sans ennemi. Quand, en 1988, Gregoriy Arbatov, directeur de l’institut du Canada et de...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/L-Europe-doit-definir-son-rapport-avec-les-Etats-Unis_a488.html</link>
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   <title>Penser les faits</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Gilles Andréani, Conseiller maître à la Cour des Comptes, ancien Directeur du centre d’analyse et de prévisions du ministère des Affaires étrangères, lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010.     <div>
      J’ai occupé dans ma vie des fonctions dans des services dont l’intitulé comportait le mot « stratégique » : Service des affaires stratégiques, Délégation aux affaires stratégiques (DAS) (ou plutôt son « ancêtre », la Délégation aux études générales (DEG) que vous aviez portée sur les fonds baptismaux). Il m’arrive d’enseigner les questions stratégiques à l’Université de Paris II, en qualité de professeur associé. Je m’empresse de dire que tout cela ne fait pas de moi un stratège. Je suis très éloigné d’avoir la compétence nécessaire pour parler de stratégie que j’ai tendance à voir comme le fait de mettre des moyens militaires en face d’objectifs politiques.       <br />
              <br />
       De ce point de vue je ressens, comme certains de ceux qui se sont exprimés avant moi, Jean Dufourcq en particulier, un sentiment de manque par rapport à la période dorée que nous a décrite M. Malis, quand la pensée stratégique française rayonnait plus qu’aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Je voudrais dire un mot de cette époque pour essayer, non de détruire le mythe mais de décrire les circonstances un peu particulières qui ont permis ce succès relatif avant de déterminer ce qui nous manque aujourd’hui pour reproduire ce succès.       <br />
              <br />
       À l’époque, la France avait, pour parler en termes de <span style="font-style:italic">marketing</span>, une « stratégie de niche » (j’emprunte cette expression à Hubert Védrine), je veux dire qu’elle savait - ce qui est le propre de tout acte stratégique - tirer le parti maximal de moyens limités dans un contexte contraint. Les contraintes, c’était la guerre froide. Alliée des États-Unis, la France avait trouvé le moyen de valoriser quelque chose qui était peu significatif à l’échelle planétaire, à l’échelle des grands enjeux de sécurité de la guerre froide : la force de frappe naissante. À ce moment-là, on a vu la France développer un discours (c’était une stratégie du discours avant d’être une stratégie des moyens) qui valorisait de façon maximale ses atouts dans une réflexion originale autour de l’atome et qui tendait à relativiser le rôle des alliances dans le contexte de la guerre froide. Contre cette pensée que nous devions au Général Gallois, au Général Ailleret, s’insurgeaient des gens pour qui l’atome n’était pas forcément destructeur d’alliances, pour qui la guerre froide n’était pas simplement un affrontement d’intérêts nationaux mais un combat idéologique et politique global dans lequel il ne fallait pas se méprendre sur la vraie nature de l’Union soviétique, sur ses objectifs et pour lesquels il y avait place pour une stratégie plus solidaire (sans renoncer à l’arme nucléaire) qu’une stratégie identifiant le nucléaire à un espace de sécurité étroitement national. Raymond Aron était le tenant de cette deuxième version des choses. Les thèses ont été portées de part et d’autre avec beaucoup de talent, beaucoup de brio et, au fond, l’une et l’autre contribuèrent à valoriser l’outil français, sur le fond de flamboyance de la diplomatie gaulliste.        <br />
       Ce fut un moment particulier, avec des hommes exceptionnels, de grands talents intellectuels de part et d’autre.        <br />
              <br />
       Rétrospectivement, on doit prendre conscience des limites de ce succès, dont on sent peut-être encore aujourd’hui les conséquences.       <br />
              <br />
       La première limite, c’est qu’il s’agissait plus d’un discours sur la stratégie que d’une stratégie militaire de mise en œuvre des moyens. Nous avions à l’époque des moyens limités et, politiquement, nous tirions le maximum de nos atouts stratégiques dans une conception de la stratégie qui dérivait assez largement vers le discours politique, une stratégie du verbe portée par le général de Gaulle.       <br />
              <br />
       Deuxième limite : à ceux qui pensaient le nucléaire comme un fait irrémédiablement national, donc dissolvant d’alliances, répondaient ceux pour qui le véritable enjeu de sécurité de la France était sa place dans un combat planétaire, celui de la guerre froide contre le communisme soviétique. Entre les deux, il ne restait pas beaucoup d’espace pour l’Europe. Des deux côtés on minimisait l’Europe, du côté de ceux qui pensaient l’atome comme quelque chose de strictement national comme du côté de ceux qui réclamaient la solidarité atlantique comme principe organisateur principal de la stratégie française.        <br />
              <br />
       Dans les années quatre-vingt, l’Europe est devenue une priorité stratégique française. Mais je dirai qu’on ne l’a peut-être pas pensée de façon assez stratégique. Nous n’avons pas mis nos talents, nos capacités de projection dans l’avenir, d’économie des forces au service de nos ambitions européennes, que, du coup, nous avons proclamées d’une façon un peu obligée, incantatoire et peut-être pas assez pensées stratégiquement. Avec quels alliés, au nom de quels intérêts voulait-on faire cette Europe ? Je trouve que c’est un « dommag...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Penser-les-faits_a489.html</link>
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   <title>Le maillon manquant : la souveraineté</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Gabriel Robin, Ambassadeur de France, lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010.     <div>
      La difficulté à concevoir une stratégie aujourd’hui pour la France tient moins aux contraintes matérielles, politiques, militaires auxquelles, comme tout pays, nous sommes soumis qu’aux contraintes intellectuelles, rédhibitoires. Nous ne sortirons de cette absence de stratégie que le jour où nous accepterons de penser librement.        <br />
              <br />
       Dans l’Histoire, il y a des périodes où les circonstances imposent naturellement une stratégie. Ce fut le cas pour l’Allemagne au cours de la deuxième moitié du XXe siècle : la volonté de retrouver l’unité allemande a servi de fil conducteur à la politique, donné de la cohérence à la démarche, galvanisé les énergies et, finalement, a permis le succès. Nous avions connu la même chose après la guerre de 1870, en dépit de conditions particulières : des gouvernements faibles et instables soumis à des crises à répétition réussirent pourtant à conduire, de 1871 à 1914, une stratégie relativement cohérente, continue et persévérante qui nous permit sinon d’éviter la guerre, en tout cas de ne pas la perdre.       <br />
              <br />
       D’autres périodes, malheureusement, sont moins fastes. Ce fut le cas de la période entre les deux guerres. Nous avions gagné la Grande guerre et nous ne savions plus dans quel monde nous vivions, nous ne savions plus où était notre ennemi ni même où nous étions nous-mêmes. Fallait-il se tourner vers l’utopie communiste, rester fidèles aux démocraties anglo-saxonnes ou se laisser séduire par l’efficacité fasciste ? Tel l’âne de Buridan,  nous hésitions entre tous ces choix, ce qui  aboutit au désastre.        <br />
              <br />
       Je suggère que nous vivons une période plus proche de l’entre-deux-guerres que des années qui suivirent 1870. J’en trouve l’aveu, sinon la preuve, dans l’interview qu’a récemment donnée le général Georgelin au <span style="font-style:italic">Figaro</span>. À la question : <span style="font-style:italic">« À quoi devons-nous nous préparer aujourd’hui ? »</span>, il répondait : <span style="font-style:italic">« À tout ! »</span>  Il est clair que, quand les moyens sont nécessairement limités, se préparer à tout signifie n’être prêt à rien et n’avoir aucune stratégie.       <br />
              <br />
       J’essaierai de développer cette hypothèse en trois points :       <br />
       Nous n’avons pas de conception du monde.        <br />
       Nous n’avons pas d’identification de l’ennemi.       <br />
       Nous n’avons même pas de conscience de ce que nous sommes.        <br />
       Comment pourrions-nous avoir une stratégie ?       <br />
              <br />
       Nous n’avons pas de conception du monde.       <br />
       Considérons le monde tel qu’il est depuis la chute du mur de Berlin. En vingt ans, nous avons trouvé le moyen de changer trois ou quatre fois de paradigme, de clef de lecture, pour expliquer le monde. Pionniers de la détente, nous fûmes dans l’arrière-garde de la guerre froide et l’Union soviétique était déjà par terre que nous n’étions pas encore persuadés que nous avions gagné la guerre froide, soupçonnant une ruse diabolique, un piège en vue d’endormir la vigilance de l’Occident. Après avoir refusé de « céder aux dividendes de la paix »,  nous avons fini, comme tout le monde mais après tout le monde, par nous rendre à l’évidence : nous avions gagné la guerre froide, le danger soviétique n’existait plus. C’est alors que nous avons basculé dans la conviction de vivre dans un monde unipolaire, assimilant globalisation et américanisation. Puisqu’il n’y avait plus qu’une seule superpuissance en activité dans le monde, il convenait de se mettre en rangs derrière les gendarmes du monde. Puis il est apparu que ce gendarme était malcommode et pas toujours très efficace et nous avons inventé un concept dont nous étions très fiers : le monde multipolaire. En réalité, nous disions « multipolaire » mais nous pensions « oligopolaire », c’est-à-dire un petit nombre de grandes puissances qui gouverneraient le monde, parmi lesquelles nous espérions bien que l’Europe figurerait au premier rang, avec les États-Unis, la Chine, peut-être l’Inde, le Brésil, quelques astres montants. Nous nous sommes aperçus que cette conception ne correspondait pas non plus à la réalité du monde. C’était peut-être un espoir, une anticipation mais ce n’était pas la réalité du jour. La preuve en est que la tentative de réformer le Conseil de sécurité pour le rendre conforme à l’image de ce monde oligopolaire a été un échec total : le monde n’acceptait pas de se reconnaître dans ce portrait. Alors nous avons renoncé, on n’entend plus guère parler, depuis deux ou trois ans, de ce concept de monde multipolaire. Il paraît qu’il ne sonnait pas très bien aux oreilles américaines, c’est peut-être une raison. Nous sommes donc passés à autre chose, c’est-à-dire à rien… si ce n’est à l’hypothèse d’un monde bipolaire. C’est là qu’intervient la leçon éclatante de la conférence de Copenhague, non que le sujet soit important, mais le symbole est très intéressant. Nous avions imaginé qu’il y aurait un <span style="font-style:italic">leadership</span> américain inspiré par l’Europe qui, dans le trou du souffleur, soufflerait les bonnes idées. Après avoir constaté que les Américains n...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Le-maillon-manquant-la-souverainete_a490.html</link>
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   <title>Débat final</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Interventions prononcées lors du séminaire "La France et ses stratèges", tenu le 22 mars 2010.     <div>
      <b>Jean-Pierre Chevènement</b>       <br />
       Merci, Monsieur l’ambassadeur. Si nous ne sommes pas bien avec beaucoup de monde, nous nous sentions bien avec vous parce que vous avez dit des choses qui allaient à l’essentiel.        <br />
              <br />
       Penser librement n’est peut-être pas si facile. Avec les moyens actuels de conditionnement, y a-t-il encore des Français conscients de l’être ? Ce n’est pas sûr. On ne leur parle plus guère de la France.       <br />
              <br />
       Alors, l’Europe, je veux bien, je ne suis pas contre mais que met-on sous ce mot ?        <br />
       J’observe une évolution notable : plus on fait des textes fédéralistes (je parle du traité de Lisbonne), plus l’intergouvernemental se développe. On investit la baronne Ashton (Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Sécurité) et M. Van Rompuy (président du Conseil européen désigné par les chefs d’États et de gouvernements en novembre 2009) mais c’est Mme Merkel qui décide si on accorde des crédits à la Grèce ou si on l’exclut. M. Sarkozy, lui aussi, prend beaucoup d’initiatives. L’intergouvernemental va à l’encontre des textes, mais il pèse quand même, et de plus en plus lourd.         <br />
       Nous pourrions envisager de changer notre vision de l’Europe pour y inclure la Russie, car au fond, c’est une grande question pour la France, de savoir quel est son projet : Dans cette Europe, quel est notre horizon ? Veut-on englober la Russie ? C’est une question fondamentale.        <br />
              <br />
       Comprendre le monde, vous nous y incitez, M. l’ambassadeur, mais c’est très difficile parce qu’on ne l’explique pas très bien. On est frappé de la rapidité avec laquelle on est passé de la surextension impériale décrite par Paul Kennedy au début des années Bush à l’enlisement de la puissance américaine qui fait que, bien que M. Obama n’ait à la bouche que les mots de « restauration du <span style="font-style:italic">leadership</span> américain », on se demande vraiment s’il va y arriver quand on voit les difficultés auxquelles il se heurte. Dans le « grand Moyen-Orient », aucun dossier ne progresse.        <br />
              <br />
       Un « monde multipolaire » : comme vous, Alain Dejammet critique cette expression. Préférons-lui un monde de nations, pour dire les choses comme elles sont. Nous sommes une nation, ce qui, après tout, ne devrait pas être pour nous déplaire. Si nous entrons dans un monde de nations, essayons de concevoir des relations entre les grandes nations d’Europe qui nous permettent d’exister dans le monde de demain.        <br />
              <br />
       Pierre Conesa a posé la question : quand il y aura des croiseurs chinois dans le Golfe, nous sentirons-nous menacés ? Ou, au contraire, considèrerons-nous que, puisqu’il y a des porte-avions américains, il peut y avoir des croiseurs chinois ? C’est une question qui mérite d’être posée.       <br />
              <br />
       Si nous acceptons cette évolution du monde, par ailleurs inévitable, quel parti en tirons-nous ?        <br />
              <br />
       Les Européens ont connu deux guerres mondiales, ils veulent la paix. La plupart sont pacifistes. Les Allemands sont pacifistes, les peuples du Nord sont pacifistes, les peuples du Sud sont pacifistes. Les Français sont pour la paix et seraient pacifistes si la dissuasion ne leur donnait le sentiment d’être garantis contre une guerre possible et de bénéficier de la paix. J’ai consacré un rapport (1), sur lequel j’ai travaillé pendant un an au Sénat, à ces questions difficiles du désarmement, de la prolifération nucléaire et de la situation de la France. Je pense que la France est encore une exception en Europe, en ce qu’elle garde une défense qui, en dernier ressort, lui appartient en propre. Pour combien de temps ? On peut s’interroger, non pas seulement pour des raisons techniques mais pour des raisons politiques parce que la question qui se pose est de savoir si la volonté existe de maintenir la France comme pays « franc ».       <br />
              <br />
       J’ai assez parlé, il y a dans la salle d’éminentes personnalités qui voudront nous faire bénéficier de leurs lumières.       <br />
              <br />
               <br />
       <b>Christian Quesnot</b>       <br />
       Les exposés que nous venons d’entendre, présentant des points de vue divers, m’ont paru très intéressants.        <br />
              <br />
       Je suis frappé par le manque de liberté de pensée au point de vue stratégique. On peut l’attribuer au fait que nous sommes à la remorque des Américains. Je ne suis pas <span style="font-style:italic">anti</span>-américain, je suis <span style="font-style:italic">a</span>-américain. Pour avoir une pensée stratégique dans le monde qui vient, il faut être a-américain. Je prends l’exemple du Livre blanc, que j’ai beaucoup lu et sur lequel je suis très critique, pour beaucoup de raisons, en particulier pour ses annexes. Pour anticiper sur la stratégie de la Chine, on fait appel à un expert japonais totalement sur la ligne américaine. Pour expliquer la stratégie de l’Inde, on fait appel à un expert sud-coréen. L’un et l’autre sont des gens très honorables mais il existe des stratèges chinois et indiens de très haut niveau qui auraient volontiers répondu à notre invitation. Ce Livre blanc n’est qu’une commande idéologique, voilà mon sentiment.        <br />
              <br />
       Pour avoir une pensée stratégique innovante...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a491.html</link>
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   <title>Qu'est-ce que le communisme chinois ?</title>
   <pubDate>Sat, 05 Jun 2010 16:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaires de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Séminaire de la Fondation Res Publica tenu à la Maison de l'Amérique Latine le 22 février 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2146730-2990362.jpg" alt="Qu'est-ce que le communisme chinois ?" title="Qu'est-ce que le communisme chinois ?" />
     </div>
     <div>
      Séminaire présidé par Jean-Pierre Chevènement avec :       <br />
       <ul class="list"><li>Jean-Paul Tchang, financier, spécialiste de la Chine</li></ul>       
       entourés de :       <br />
       <ul class="list"><li>Marie-Françoise Bechtel, conseiller d’État</li></ul>       
       et       <br />
       <ul class="list"><li>Alain Dejammet, ambassadeur de France</li></ul>       
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel</b>       <br />
       Au nom de la Fondation Res Publica je remercie vivement M. Tchang d’avoir accepté de venir tenir de libres propos sur le sujet du communisme chinois aujourd’hui. Il le fait devant un certain nombre de personnes qui s’intéressent, parfois de près, à l’évolution de la Chine, à sa place dans le monde contemporain ainsi qu’à nos relations avec elle, nous Français et nous Européens. Nous attachons une grande importance, à la Fondation, aux analyses de fond qui ne restent pas à la surface du sujet surtout quand celui-ci est mal connu et souvent mal décrit, quand il ne résulte pas d’idées toutes faites. Explorer une question dont les données constituent un enjeu pour le présent est l’avenir suppose que nous sachions écouter, confronter et débattre, mais débattre autour de données puisées aux meilleures sources. Je donne donc  tout de suite la parole à Monsieur Tchang, lui laissant la charge de se présenter plutôt que de prendre le risque de dire des choses qui ne seraient pas parfaitement exactes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Jean-Paul Tchang</b>       <br />
       Je me présente donc. Jean-Paul Tchang. Je suis né en Chine en 1949, l’année de la création de la République populaire. J’ai quitté la Chine fin 1961 avec mes parents. Je suis retourné en Chine une première fois en juillet 1966, juste à temps pour assister à  l’éclatement de la « Révolution culturelle », puis en 1972, lors du décès de ma grand-mère à Shanghai. À partir de 1979 je me suis rendu assez fréquemment en Chine dans le cadre de mes fonctions de banquier à Paris, accompagnant des industriels français, ou pour les affaires. J’ai travaillé à Paris avant de partir en Chine en 1994 pour implanter, entre autres, Adidas à Shanghai puis la SOFRES à Pékin. J’ai contribué à implanter la médiamétrie ou la mesure de  l’audience télévisuelle couvrant 62 villes chinoises. J’ai ouvert le bureau d’Adidas  et les premiers magasins de la marque à Shanghai. J’ai travaillé aussi pour Cogema et d’autres groupes français et européens en Chine jusqu’en 2001, date à laquelle je suis revenu dans la finance en France. J’ai travaillé chez GE Capital avant de rejoindre le groupe Arkea (1) comme responsable de la gestion de taux. Cela m’a permis d’observer la crise financière au cours des trois années écoulées, en première ligne. Pendant toutes ces années, j’ai suivi l’évolution de la Chine et son rôle croissant dans le domaine économique et financier. Enfin, je m’intéresse depuis toujours à l’histoire du Parti communiste chinois, ayant été dans ma jeunesse élève du général Guillermaz.       <br />
              <br />
       En 1986, je suis allé  à Shanghai avec Régis Debray qui y  tournait un film sur l’ancienne concession française de Shanghai (2). Je reconnais dans cette salle, à côté de Régis, d’autres amis avec lesquels j’ai eu l’occasion de parler de la Chine dès la fin des  années soixante et dans les années soixante-dix.       <br />
              <br />
       La Chine est devenue un sujet incontournable. Quel que soit le thème de discussion abordé, on finit toujours par prononcer les mots « Chine » ou « puissance chinoise ». On se pose beaucoup de questions. On constate aussi de nos jours que le « <span style="font-style:italic">China bashing </span>» est assez à la mode. Le public occidental semble soudainement découvrir que la Chine est devenue une grande puissance économique et s’en inquiète. Le phénomène est récent, car pendant longtemps, l’on s’était désintéressé de ce qui s’y passait.        <br />
              <br />
       Après le massacre de Tien An Men, dans une réaction de rejet, le public se détournait de ce pays de  « barbares » dont les dirigeants faisaient  tirer sur la jeunesse. Cela a duré longtemps. Il fallut attendre l’entrée de la Chine à l’OMC en 2002 et, surtout, en 2004, lors de la révision du PNB chinois qui  réévaluait la part des services dans la série des statistiques, pour qu’on découvrît tout d’un coup que la Chine était devenue la septième puissance économique du monde en termes de PIB nominal. Les choses se sont alors accélérées. L’importance des relations commerciales et financières sino-américaines est aussi devenue évidente et les interrogations ont commencé.       <br />
              <br />
       Survint la crise financière qui avait démarré dès le mois d’août 2007, et fut perçue de manière plus spectaculaire pour le grand public au moment de la faillite de <span style="font-style:italic">Lehmann Brothers</span> en septembre 2008. Dans la gestion de la crise, la Chine a joué un rôle très apparent : son plan de relance est le deuxième du monde par son importance. Si les Américains mettent au point un plan de relance de 800 milliards de dollars, celui des Chinois  approche les 600 milliards.        <br />
              <br />
       Les Chinois ont été associés, grâce à la France, au nouveau G20 pour coordonner les actions et trouver des solutions à la crise. On les...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.fondation-res-publica.org/photo/imagette-2146730-2990362.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Qu-est-ce-que-le-communisme-chinois_a484.html</link>
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   <title>La conférence d'examen du TNP : bilan et perspectives. Désarmement, non prolifération et sécurité de la France</title>
   <pubDate>Thu, 20 May 2010 18:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Conférence du lundi 14 juin 2010 à 18h à la Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée).
Entrée libre sous réserve de votre inscription à res-publica@wanadoo.fr.
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.      <div>
      Avec :       <br />
       <ul class="list"><li> Jean-Pierre Chevènement, Ancien ministre, Vice-président de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat et président de la Fondation Res Publica       
       </li></ul><ul class="list"><li> Jacques Audibert,Directeur des affaires politiques et stratégiques au ministère des Affaires étrangères       
       </li></ul><ul class="list"><li> Michel Miraillet, Directeur chargé des affaires stratégiques au ministère de la Défense       
       </li></ul><ul class="list"><li> Camille Grand, Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement présentera, au vu des conclusions de son rapport, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Desarmement-non-proliferation-nucleaires-et-securite-de-la-France_a930.html">« Désarmement, non-prolifération nucléaires, sécurité de la France »</a> (rapport d’information présenté au Sénat le 23 mars 2010), le bilan de la conférence d’examen du Traité de non-prolifération, tenue à New-York du 3 au 28 mai 2010,       <br />
              <br />
       et répondra aux questions des invités et des participants.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="400" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;s=AARTsJqQWPBZOKWkNgclzLSS-0hfsB8XUA&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/La-conference-d-examen-du-TNP-bilan-et-perspectives-Desarmement,-non-proliferation-et-securite-de-la-France_a483.html</link>
  </item>

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   <title>Une nouvelle parution dans la collection «L'idée républicaine» : Voyage imaginaire à travers les mots du siècle</title>
   <pubDate>Thu, 22 Apr 2010 12:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[L'Idée républicaine]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Troisième volume de la collection «L'idée républicaine» éditée par la Fondation Res Publica avec les éditions Fayard.
Voyage imaginaire à travers les mots du siècle, Didier Motchane, Fayard, 2010, 304 pages, 19,00 €.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2049313-2840715.jpg" alt="Une nouvelle parution dans la collection «L'idée républicaine» : Voyage imaginaire à travers les mots du siècle" title="Une nouvelle parution dans la collection «L'idée républicaine» : Voyage imaginaire à travers les mots du siècle" />
     </div>
     <div>
      Abécédaire parfois incongru mais toujours littéraire, ce voyage imaginaire entraîne le lecteur du XXIe siècle dans les méandres d’une pensée politiquement incorrecte : une promenade qui court de l’altermondialisme à la République, en passant par le désenchantement, la laïcité ou encore le principe de précaution. Et n’épargne ni les néolibéraux, ni les énarques, ni… les bobos :       <br />
              <br />
       « Bobo : Marque brevetée d’une grande brocante culturelle des bourgeois bohèmes respirant l’air du temps par tous les pores de la peau, ce quolibet ne désigne pas une espèce nouvelle mais une certaine couche pelliculaire de la bourgeoisie contemporaine que son style et tout son mode de vivre tiennent en suspension à la surface de l’épaisseur sociale. Le conformisme des anticonformismes communément partagés leur garantit le confort du frisson virtuel. Chez les bourgeois bohèmes la liberté d’allure la plus soigneusement affectée fait l’uniforme. Ils portent fièrement leur Weltanschauung (vision du monde) roulée en boule derrière la tête, comme le chignon aristocratique qui signale leur appartenance à une race de demi-dieux. »       <br />
              <br />
       Cofondateur du CERES, Didier Motchane a participé à  la création du Parti socialiste à  Épinay, en 1971, puis à celle du Mouvement des Citoyens. Il a notamment publié, sous le pseudonyme de Jacques Mandrin et avec la collaboration de Jean-Pierre Chevènement et Alain Gomez, L’Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise et, sous son nom, Un atlantisme à la charentaise. Il est aujourd’hui membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica.       <br />
              <br />
       Cet ouvrage est disponible <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/fondrespubl-21/detail/2213654530">sur la boutique en ligne de la Fondation</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Une-nouvelle-parution-dans-la-collection-L-idee-republicaine-Voyage-imaginaire-a-travers-les-mots-du-siecle_a473.html</link>
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   <title>La France et l'Europe dans les tenailles du G2 ?</title>
   <pubDate>Mon, 18 Jan 2010 23:02:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Colloque du lundi 18 janvier 2010 à 18h à la Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée).
Entrée libre sous réserve de votre inscription à res-publica@wanadoo.fr.
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.      <div>
      Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li>André Kaspi, Professeur émérite à l’Université de Paris I       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Luc Domenach, Directeur de recherche à Sciences-Po       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jacques Mistral, Professeur des Universités, directeur des études économiques à l’IFRI       
       </li></ul><ul class="list"><li>Antoine Brunet, Président d’AB Marchés, ancien chef stratégiste à HSBC France       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="400" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;s=AARTsJqQWPBZOKWkNgclzLSS-0hfsB8XUA&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=maison+de+la+chimie+paris&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.95572,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;cid=48859945,2316687,16662183361858349094&amp;ll=48.869119,2.320862&amp;spn=0.01976,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=A&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/La-France-et-l-Europe-dans-les-tenailles-du-G2_a451.html</link>
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   <title>Accueil par Jean-Pierre Chevènement</title>
   <pubDate>Mon, 18 Jan 2010 23:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Accueil de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, au colloque du 18 janvier 2010, La France et l'Europe dans les tenailles du G2 ?.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/2007259-2771433.jpg" alt="Accueil par Jean-Pierre Chevènement" title="Accueil par Jean-Pierre Chevènement" />
     </div>
     <div>
      S’interroger sur la France et l’Europe « dans les tenailles du G2 » c’est d’abord poser la question du G2. Ya-t-il un G2 ? Y a-t-il une alliance objective entre les États-Unis et la Chine pour gérer la période de transition historique dans laquelle nous sommes entrés depuis l’effondrement du bloc soviétique et depuis que la montée des pays dits « émergents » accélère l’apparition d’un monde multipolaire ? Ce G2 a-t-il une réalité dans la situation actuelle ?        <br />
              <br />
       Si nous avons posé la question, c’est que nous inclinons à penser qu’il y a, en effet, malgré les frictions, des zones de consensus assez larges entre l’administration américaine et le pouvoir politique chinois. Il faut les recenser et voir jusqu’où cela peut aller.        <br />
              <br />
       Cette question nous intéresse évidemment en tant qu’Européens. La zone euro est confrontée à la concurrence des pays à bas coût, notamment à celle de la Chine. Si le déséquilibre commercial avec la Chine est très important pour les États-Unis, il l’est plus encore pour l’Union européenne, ce qu’on oublie souvent de dire. D’autre part, nous subissons la dévaluation du dollar auquel le yuan s’est rattaché par un lien fixe depuis 2008. Nous sommes donc confrontés à la concurrence des pays de la zone dollar, y compris la Chine. Mais ce n’est pas le principal élément de compétitivité de la Chine.        <br />
              <br />
       Je tiens à remercier sincèrement les personnalités qui ont répondu à notre invitation  pour répondre à toutes ces questions. Le professeur André Kaspi, spécialiste bien connu des États-Unis, nous parlera du regard américain sur la Chine : la manière dont il s’est formé, dont il a évolué et ce qu’il est en ce moment. Ensuite, Monsieur Jean-Luc Domenach (qui nous a fait l’honneur de sa présence à plusieurs reprises), directeur de recherches à Sciences-Po, très bon connaisseur de la société chinoise, nous parlera du regard de la Chine sur l’Amérique et peut-être sur l’Europe. Puis, c’est au professeur Jacques Mistral que je donnerai la parole. Professeur des universités, directeur des études économiques à l’IFRI, il traitera des relations économiques sino-américaines. Enfin, Monsieur Antoine Brunet, président d’AB Marchés, ancien chef stratégiste à HSBC France, nous parlera des relations monétaires entre les États-Unis et la Chine.       <br />
              <br />
       Puis je m’efforcerai de lancer le débat avec la salle, où de très nombreux intervenants qualifiés contribueront à affiner notre réponse aux questions :        <br />
              <br />
       Sommes-nous pris en étau ?       <br />
       Si c’est le cas, comment pouvons-nous desserrer l’étau ?        <br />
       Quelles sont les perspectives à long terme ?        <br />
              <br />
       En effet, il faudra bien vivre avec la Chine, devenue la locomotive du développement mondial à beaucoup d’égards. L’attraction qu’elle exerce est le fait du coût de sa main d’œuvre et, surtout, de son immense marché potentiel. Elle est, par exemple, devenue le premier marché automobile mondial (avec plus de 13 millions de véhicules), avant les États-Unis. Avec plus de 1200 milliards de dollars d’exportations, elle a dépassé l’Allemagne, accédant au rang de premier exportateur mondial.        <br />
              <br />
       La Chine est déjà une puissance, elle va se développer. Son PNB pourrait rejoindre celui des États-Unis vers 2025 (selon les prévisions des économistes, qui laissent place à beaucoup d’incertitudes). Toutefois 700 à 800 millions de Chinois restent pauvres et les dirigeants chinois se donnent pour objectif de parvenir à une « moyenne aisance » pour toute la population. Ce développement a donc une légitimité certaine mais, compte tenu de la population de la Chine, (1300 millions d’habitants, un homme sur cinq à la surface de la terre), il fera surgir une très grande puissance, sans équivalent dans le monde, qui exercera une forte attraction sur tous les pays environnants. D’ores-et-déjà, la Chine est le principal partenaire commercial de tous les pays asiatiques. C’est le cas, notamment, du Japon qui aujourd’hui commerce plus avec la Chine qu’avec les États-Unis et dont les échanges avec la Chine sont supérieurs à ceux qu’il a avec les États-Unis. Cela est vrai de n’importe quel autre pays d’Asie, y compris l’Inde, même si cet autre géant milliardaire en hommes  se trouve très loin de la Chine en chiffres absolus (son PNB représente aujourd’hui à peine un tiers du PNB chinois).        <br />
              <br />
       Ce développement est donc devant nous. Il est devenu banal de dire que la relation entre la Chine et les États-Unis va structurer au moins la première partie du XXIe siècle (il est difficile de faire des prévisions à plus long terme). C’est une relation structurante, c’est une nouvelle bipolarité qui est à l’horizon et à laquelle je crois que nos dirigeants ne se sont pas encore véritablement familiarisés.       <br />
              <br />
       Je donne tout de suite la parole à Monsieur le professeur Kaspi.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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