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  <title>Fondation Res Publica | République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations</title>
 <description><![CDATA[Fondation de recherche reconnue d'utilité publique : République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations.]]></description>
  <link>http://www.fondation-res-publica.org</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2008-05-09T18:14:24+01:00</dc:date>
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   <title>Où va la société palestinienne ?</title>
   <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 18:41:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Colloque du lundi 26 mai 2008 à 18h à l'Institut du Monde Arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard 75005 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée). 
Entrée libre sous réserve de votre inscription à res-publica@wanadoo.fr. 
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.     <div>
      Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li>Hind Khoury, Déléguée générale de la Palestine en France       
       </li></ul><ul class="list"><li>Khaled Hroub, spécialiste anglais du Hamas, directeur du Cambridge Arab Media Project, université de Cambridge       
       </li></ul><ul class="list"><li>Abd El Jawad, ancien député de Cisjordanie, indépendant       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-François Legrain, chargé de recherches au CNRS, Lyon       
       </li></ul><ul class="list"><li>Elias Sanbar, ambassadeur de l'OLP à l'Unesco       
       </li></ul><ul class="list"><li>Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l'homme à Gaza       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="425" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=institut+du+monde+arabe+paris&amp;jsv=107&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=14.194963,41.132813&amp;ie=UTF8&amp;ll=48.855849,2.361631&amp;spn=0.006707,0.020084&amp;z=14&amp;iwloc=addr&amp;output=embed&amp;s=AARTsJr1iQYGmdKMRijfXsEvUVKOIAQiLw"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=institut+du+monde+arabe+paris&amp;jsv=107&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=14.194963,41.132813&amp;ie=UTF8&amp;ll=48.855849,2.361631&amp;spn=0.006707,0.020084&amp;z=14&amp;iwloc=addr&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-la-societe-palestinienne-_a287.html</link>
  </item>
  <item>
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   <title>L'Allemagne au sommet de l'Europe ?</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Programmes des colloques de la Fondation Res Publica]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Colloque du lundi 17 mars 2008 à 18h à la Maison de la Chimie, 28 rue Saint Dominique - 75007 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée).
Entrée libre sous réserve de votre inscription à res-publica@wanadoo.fr.
Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.     <div>
      Par cette formule, Mme Angela Merkel évoquait les perspectives de l'économie allemande, du fait des résultats exceptionnels de son commerce extérieur.       <br />
               <br />
       Comment s'expliquent ces performances ? Quels sont les atouts, quels sont les partenaires principaux de l'économie allemande ? Quelles sont les forces et les faiblesses de ce modèle ? L'évolution de la globalisation menace-t-elle le rythme des exportations allemandes ?        <br />
               <br />
       Comprendre les défis auxquels est confronté notre voisin est indispensable pour penser notre propre avenir. Ce sera l'objet du 30ème colloque de la Fondation.       <br />
              <br />
       Avec la participation de :       <br />
       <ul class="list"><li>Edouard Husson, Maître de conférences à l'Université de Paris IV       
       </li></ul><ul class="list"><li>Claude Le Gal, Secrétaire général du Club économique franco-allemand       
       </li></ul><ul class="list"><li>François David, Président de la Coface       
       </li></ul><ul class="list"><li>Tobias Seidel, Chercheur à l'Institute for Economic Research de Münich       
       </li></ul><ul class="list"><li>Hervé Joly, Chargé de recherche au CNRS       
       </li></ul><ul class="list"><li>Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica       <br />
       (en présence de M. Claude Martin, ancien Ambassadeur de France en Allemagne)</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align="center"><iframe width="425" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&geocode=&time=&date=&ttype=&q=28+rue+Saint+Dominique+-+75007&sll=47.15984,2.988281&sspn=13.417453,41.132813&ie=UTF8&ll=48.866747,2.320862&spn=0.006339,0.020084&z=14&iwloc=addr&om=1&output=embed&s=AARTsJpiHuGz8m2XSpjXAvdg0wUnCeh91Q"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&geocode=&time=&date=&ttype=&q=28+rue+Saint+Dominique+-+75007&sll=47.15984,2.988281&sspn=13.417453,41.132813&ie=UTF8&ll=48.866747,2.320862&spn=0.006339,0.020084&z=14&iwloc=addr&om=1&source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/L-Allemagne-au-sommet-de-l-Europe-_a269.html</link>
  </item>
  <item>
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   <title>Accueil par Jean-Pierre Chevènement</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Accueil de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931425-1153956.jpg" alt="Accueil par Jean-Pierre Chevènement" title="Accueil par Jean-Pierre Chevènement" />
     </div>
     <div>
      Mesdames, Messieurs, j'ai plaisir à vous accueillir pour le trentième colloque de la Fondation Res publica.        <br />
       Son titre <span style="font-style:italic">« Le commerce extérieur allemand : L'Allemagne au sommet de l'Europe »</span> est inspiré par la réponse que fit Angela Merkel peu de temps après son élection, en septembre 2005, à un journaliste qui lui demandait de résumer son projet : <span style="font-style:italic">« Je veux mettre l'Allemagne au sommet de l'Europe »</span>.        <br />
       Notre projet initial visait à analyser le prodigieux phénomène qu'est le commerce extérieur allemand - il a dégagé en 2007 un excédent commercial de 200 milliards d'euros - en le comparant notamment au commerce extérieur français. Le colloque a donc été très largement préparé à partir de cette thématique.        <br />
       Je remercie les intervenants qui nous ont fait le plaisir de répondre à notre invitation.       <br />
       Monsieur Edouard Husson, germaniste, maître de conférences à la Sorbonne, a été « le pilote » de ce colloque.        <br />
       Monsieur Hervé Joly, chargé de recherches au CNRS,  traitera du problème des structures économiques, notamment de l'économie industrielle allemande.       <br />
       Je remercie Monsieur Tobias Seidel d'avoir fait un long voyage pour nous donner son point de vue de chercheur à l'Institut de recherche économique de Münich, la fameuse IFO.       <br />
       Enfin, nous entendrons deux éminents praticiens :        <br />
       Monsieur Claude Le Gal, Secrétaire général du Club économique franco-allemand (mon collègue, car j'ai commencé ma  vie professionnelle comme conseiller commercial).       <br />
       Monsieur François David enfin, Président de la Coface, qui conclura l'ensemble des exposés en donnant son point de vue, dont je ne doute pas qu'il sera décapant.       <br />
              <br />
       Deux mots pour rappeler l'intention initiale de la Chancelière  <span style="font-style:italic">« Mettre l'Allemagne au sommet de l'Europe »</span>.        <br />
              <br />
       C'est un fait que les excédents commerciaux allemands sont antérieurs à l'arrivée au pouvoir de Madame Merkel : on les observe déjà dans les années 2003-2004, moins importants qu'ils ne sont devenus depuis lors.        <br />
       C'est un fait que depuis son arrivée à la chancellerie, Madame Merkel, en Europe, a largement imposé ses vues : la substance de la constitution européenne a été reprise par le traité de Lisbonne. Celui-ci institutionnalise la pondération démographique des votes au Conseil de l'Union européenne, ce qui fait de l'Allemagne le poids lourd de l'Europe à 27, avec ses 82 millions d'habitants en déséquilibrant la parité fondatrice telle qu'elle avait été établie dans une conversation célèbre entre Jean Monnet et le chancelier Adenauer en 1951. On peut se demander &#8211; mais ce n'est pas l'objet de notre colloque de ce soir - si cette parité n'était pas un élément d'équilibre et de succès de la construction européenne dans son ensemble.        <br />
       J'observe en second lieu que Madame Merkel a très largement imposé ses vues sur le dossier dit de l'Union méditerranéenne, aujourd'hui « Union pour la Méditerranée ». En effet, cette initiative se développera dans le cadre de l'Europe à 27 et dans le cadre communautaire, impliquant l'intervention de la Commission européenne. Un diplomate a dit : <span style="font-style:italic">« Finalement, l'Union pour la Méditerranée, c'est un Euromed plus ! »</span>  (Euromed est le nom donné à l'initiative de Barcelone qui date de 1995 et dont les résultats sont diversement appréciés). J'ajoute que « l'Union pour la Méditerranée » ne dispose d'aucune ligne de crédits supplémentaire.       <br />
        J'observe encore qu'au niveau de la zone euro, Madame Merkel a préservé le statu quo. Les statuts de la Banque centrale sont restés ce qu'ils étaient. La question de l'euro fort, de l'euro trop cher, a été jusqu'à présent arbitrée dans le sens qu'elle souhaitait, encore que l'on  relève de plus en plus d'interrogations, formulées dans une langue de bois assez caractéristique : le dernier conseil européen exprimait sa <span style="font-style:italic">« préoccupation quant à une certaine instabilité des taux de change nuisible à la croissance économique </span>»&#8230; Ca ne va pas très loin !        <br />
       Enfin, la Chancelière a imposé le respect de la discipline budgétaire, c'est-à-dire du pacte de croissance et de stabilité. L'Allemagne a ramené son déficit de 3,7 à 1,4% du PIB en peu d'années  tandis que la France empruntait un chemin parallèle quoique beaucoup plus lent.        <br />
              <br />
       Donc, on peut observer que, depuis l'arrivée de Madame Merkel au pouvoir, l'Allemagne a largement imposé ses vues en Europe.       <br />
       Ce qui permet à l'Allemagne de parler si fort est évidemment son excédent commercial qui contraste avec l'important déficit de tous les autres pays de la zone euro. La France a maintenant un déficit de près de 40 milliards d'euros mais les déficits britannique et espagnol sont encore supérieurs. Il y a également un déficit italien. Il y a un déséquilibre objectif dans la zone euro entre l'Allemagne et tous les autres.        <br />
              <br />
       Que traduit cet excédent commercial allemand ?        <br />
       Certainement la surpuissance industrielle de l'Allemagne dont l'industrie pèse deux fois plus lourd que la nôtre. Il s'agit là d'une caractéristique historique car le même phénomène pouvait déjà être relevé avant 1914.        <br />
       L'excellence de l'Allemagne du point de vue des exportations est le résultat d'un effet de taille : l'Allemagne compte de nombreuses entreprises grandes et moyennes (deux fois plus d'entreprises de plus de 50 personnes, deux fois plus d'entreprises de plus de 250 personnes en Allemagne qu'en France).        <br />
       Cette explication cependant ne suffit pas. Il faut également tenir compte de la stratégie mise en &#339;uvre depuis le tournant de l'an 2000 par le prédécesseur de Madame Merkel, le Chancelier Schröder,  une stratégie relativement déflationniste qui vise en tout cas à comprimer les coûts salariaux, avec succès car l'Allemagne, nous disait M. Jean-Luc Gréau lors de notre dernier colloque (1), a accru son avantage de compétitivité de 15% à 20% en augmentant la durée des heures travaillées - sans pour autant augmenter les salaires - ou en comprimant l'augmentation des charges salariales. Cette politique qui pouvait se justifier au départ par une certaine surévaluation du DM au sein de l'euro, et donc par un déficit de compétitivité de l'Allemagne, s'est certainement poursuivie trop longtemps       <br />
              <br />
       L'objet du colloque est aussi de s'interroger sur la possibilité d'une stratégie économique coopérative en Europe.         <br />
       Comment y parvenir ?       <br />
       Notre réflexion s'articule évidemment avec celle menée le mois dernier sur le thème « Quel gouvernement économique pour la zone euro ? »       <br />
              <br />
       Je donne la parole à M. Husson pour introduire ce colloque.       <br />
               <br />
       -------       <br />
       1) <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Quel-gouvernement-economique-de-la-zone-euro-_r41.html">« Quel gouvernement économique de la zone euro ? »</a> tenu le 18 février 2008.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
   <photo:imgsrc>http://www.fondation-res-publica.org/photo/imagette-931425-1153956.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Accueil-par-Jean-Pierre-Chevenement_a288.html</link>
  </item>
  <item>
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   <title>L'Allemagne, entre Europe et mondialisation</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention prononcée par Edouard Husson, Maître de conférence à l'Université de Paris IV, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931439-1153969.jpg" alt="L'Allemagne, entre Europe et mondialisation" title="L'Allemagne, entre Europe et mondialisation" />
     </div>
     <div>
      Merci, Monsieur le Président.       <br />
       Je vais introduire notre discussion de ce soir en montrant les rapports paradoxaux que l'Allemagne entretient avec l'Europe par son commerce extérieur.        <br />
       Ensuite, mon collègue Hervé Joly abordera, lui aussi en historien, la question du comportement des entreprises allemandes sur la longue durée.        <br />
       Ensuite nous entendrons Monsieur Seidel qui, dans un exposé plus théorique, nous parlera de l'actualité du débat allemand. Je tiens en commençant à remercier le Professeur Hans Werner Sinn de l'IFO de nous avoir envoyé un de ses assistants pour participer à ce débat. Je crois que nous allons en tirer beaucoup parce que  l'IFO est l'un des endroits en Allemagne où l'on débat de façon très intensive de la question du commerce extérieur.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Capacités exportatrices et chômage</span>       <br />
              <br />
       Durant le premier mandat de Gerhard Schröder, le « modèle économique allemand » apparaissait mal en point. Et puis, durant son second mandat, à partir de 2002, malgré la persistance d'un chômage de longue durée, le précédent chancelier a pensé pouvoir mesurer la réussite relative de sa politique économique aux chiffres du commerce extérieur allemand : depuis quelques années la République Fédérale d'Allemagne accumule des excédents gigantesques : environ 130 milliards d'excédents en 2002 et 2003. Environ 160 milliards d'excédents en 2004 et 2005, et 190 milliards en 2007 (1).         <br />
       Ces chiffres font penser à beaucoup, en particulier en France où l'on crédite spontanément les Allemands d'une supériorité intrinsèque en matière économique, que la machine productrice allemande est repartie, après quelques années de stagnation dues essentiellement à la réunification et que la résorption du chômage n'est qu'une question de temps.        <br />
       Un simple examen des chiffres, sur une plus longue durée, permet d'en douter. Les années de plein emploi de la République Fédérale d'Allemagne, entre les années cinquante et le milieu des années 1970 sont des années d'excédents commerciaux modérés, inférieurs à dix milliards d'euros jusqu'en 1972. Depuis les années 1980, la République Fédérale d'Allemagne a régulièrement des excédents commerciaux spectaculaires mais est entrée aussi dans l'ère du chômage de masse : sous Helmut Kohl (1982-1986), le chômage a été multiplié par deux (4,5 millions de chômeurs en 1998), tout comme les excédents commerciaux (65 milliards d'euros en 1998). On ajoutera, en s'établissant dans une plus longue durée historique, que lors de la phase de mondialisation de l'économie du début du XXe siècle, le Reich était commercialement déficitaire (1 milliard de mark-or en moyenne pour les années 1899-1903 et 1,5 milliards pour les années 1909-1913) ; cela n'empêchait pas le pays d'être le c&#339;ur industriel du continent européen (2).        <br />
       Bien entendu, il ne s'agit pas ici d'établir une corrélation entre capacité à l'exportation et croissance du chômage mais de souligner que les chiffres spectaculaires du commerce extérieur allemand, depuis les années 1980 au moins, ne sont pas synonymes de bonne santé économique du pays. On bute même sur le paradoxe de la coexistence entre un chômage de masse en Allemagne et une capacité exportatrice sans précédent. Les bienfaits de la mondialisation semblent bien n'être, dans le cas de l'Allemagne, qu'apparents. L'ouverture croissante des échanges, à partir du milieu des années 1970 semble avoir profité aux entreprises plus qu'au pays tout entier.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La quincaillerie industrielle du monde ?</span>       <br />
              <br />
       Dans un ouvrage qui suscite une grosse controverse en Allemagne, depuis sa parution en 2005, <span style="font-style:italic">Die Basar-Ökonomie</span> (L'économie de bazar) (3), l'économiste Hans Werner Sinn, directeur de l'Institut d'Analyse Economique IFO, propose une analyse sans complaisance de la situation économique du pays. Il y a, selon lui, toutes les raisons de s'inquiéter du décalage de plus en plus grand entre les performances commerciales du pays et l'incapacité des chanceliers successifs depuis Helmut Schmidt, à la fin des années 1970, à poser le cadre politique d'un recul effectif du chômage.        <br />
       Sinn fait remarquer que l'Allemagne est, avec le Japon, le pays qui a connu la plus forte désindustrialisation au sein de l'OCDE, depuis le début des années 1990 : Quand la France a perdu 12% de ses emplois industriels entre 1991 et 2003, et les Etats-Unis 5%, l'Allemagne et le Japon en ont perdu respectivement 27 et 24%. Mais si l'on fait la part de la désindustrialisation de l'ancienne RDA, la seule RFA, dans ses frontières de 1989, a perdu, sur la même période, 22% de ses emplois industriels. La crise du secteur industriel allemand est à l'origine de 90% des suppressions d'emploi. L'économiste allemand insiste également sur le fait que l'Allemagne est, de tous les pays de l'OCDE, celui qui connaît le plus fort taux de chômage de la main d'&#339;uvre de la main d'&#339;uvre peu qualifiée (14,2% contre 10,7 en France, 6,3 en Suède et 2,3 en Norvège) (4). Comme leurs partenaires occidentales, mais de manière plus marquée encore, c'est en priorité les emplois peu qualifiés que suppriment les entreprises allemandes, qui délocalisent massivement vers l'Europe orientale, le continent américain et la Chine.        <br />
       Prenant d'autres instruments de mesure, Hans-Werner Sinn pense pouvoir retracer la dynamique qui conduit aux actuels excédents commerciaux allemands. Examinant plusieurs secteurs d'excellence de l'industrie allemande, il attire l'attention sur la réduction de la part de valeur véritablement créée par les entreprises du secteur lui-même dans la valeur totale des produits. Prenons trois années de référence : 1970, 1990 et 2002. Pour l'électronique, les chiffres sont, respectivement, de 51, 47 et 37%. Pour la construction de machines-outils, de 44, 42 et 41%. Pour l'industrie automobile, de 43, 36 et 27%. Pour l'industrie chimique, de 44, 41 et 36%. Pour la métallurgie, de 39, 40 et 38%. Deux aspects sont à prendre en compte : la part de la valeur d'un produit qui revient à d'autres entreprises en Allemagne (<span style="font-style:italic">outsourcing</span>); et celle qui revient à la production à l'étranger (<span style="font-style:italic">offshoring</span>). En 1995, 20% des composantes des produits finis étaient produites par des entreprises à l'étranger, en 2000, 26%, soit la plus forte augmentation pour un pays d'Europe. Entre 1995 et 2005, la croissance de la production industrielle ne revient que pour 17% aux entreprises du secteur industriel en Allemagne mais pour 33 % à des entreprises allemandes d'autres secteurs et pour 50% à des entreprises situées à l'étranger. Sur les années 1992-2004, la valeur de la production industrielle a augmenté globalement de 26% mais la part de croissance revenant à des entreprises d'autres secteurs en Allemagne est de 29%  et celle revenant à des entreprises situées à l'étranger de 64% (5).       <br />
              <br />
       Selon Hans-Werner Sinn, ce sont les coûts salariaux en Allemagne dans le secteur industriel qui ont un effet dissuasif pour les entreprises et les poussent à externaliser ou à délocaliser. Un ouvrier allemand était payé en 2004  27,60 euros de l'heure, contre 23, 32 pour un Suédois, 20,74 pour un Français, 18,79 pour un Irlandais et 7,21 pour un Portugais, 4,49 pour un Tchèque, 1,45 pour un Bulgare et 1,10 pour un Chinois. Les entreprises allemandes ont, au moins depuis le début des années 1990, procédé à des délocalisations massives d'emploi et créé des chaînes de production mondiales où elles réservent à l'Allemagne les activités où la main d'&#339;uvre doit être particulièrement qualifiée. Les emplois industriels qui subsistent en Allemagne concernent essentiellement la finition des produits, le montage de pièces fabriquées partout ailleurs dans le monde. Le secteur chimique ou celui des machines-outils sont moins touchés par l'internationalisation des chaînes de production et les délocalisations d'emploi que l'industrie automobile ou l'électronique parce qu'il s'agit de secteurs où l'avance allemande reste plus forte par rapport aux concurrents. Mais l'on a affaire à une tendance de fond, la concentration, en Allemagne même, sur la fin des chaînes de production et la réexportation de produits montés en Allemagne à partir de composantes fabriquées ailleurs. Ces produits finis peuvent être vendus cher parce qu'ils portent le label « Made in Germany ». Et c'est ce qui crée, selon Hans-Werner Sinn, les surplus commerciaux spectaculaires.         <br />
              <br />
       Selon Sinn, on exagère à peine en disant que l'Allemagne profite de sa réputation industrielle mais qu'elle devient progressivement le « magasin industriel », le « bazar», la « quincaillerie » du monde. C'est chez elle que l'on continue, et que l'on continuera encore quelques années à venir, à s'approvisionner en produits industriels de bonne qualité. Mais il ne faut pas se dissimuler, dit-il, que si la part de production réellement effectuée en Allemagne ne cesse de diminuer, c'en est fini, à terme, du « Made in Germany ». Il existerait donc une illusion de la société allemande concernant les actuelles performances à l'exportation du pays. Les entreprises allemandes sont obligées de se concentrer sur la fin des chaînes de production et, pour justifier le maintien des sites de production allemands, elles ont fait en sorte d'obtenir, ces dernières années, le maximum de gains de productivité. Ce qui a signifié aussi l'augmentation du chômage, la main d'&#339;uvre étant massivement remplacée par des robots et seuls les travailleurs les mieux qualifiés restant pour assurer leur manipulation. Les performances à l'exportation ne sont pas incompatibles avec un chômage de masse.         <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Un seul remède : libéraliser le marché du travail ?</span>        <br />
              <br />
       Hans-Werner Sinn propose une libéralisation poussée du marché du travail, pour rendre la main d'&#339;uvre allemande à nouveau concurrentielle. La flexibilité médiocre du marché du travail est, d'un point de vue libéral, un sérieux handicap pour l'économie allemande, en particulier du point de vue de la main d'oeuvre la moins qualifiée : mise en concurrence avec une main d'&#339;uvre guère plus qualifiée mais qui accepte d'être payée cinq, dix ou quinze fois moins cher, elle est automatiquement écartée de l'accès à l'emploi.         <br />
       Mais jusqu'où peut-on aller ? On touche là aux limites de la pensée économique néo-libérale appliquée au monde actuel. Imaginons que les peuples d'Europe de l'Ouest, ce qui est loin d'être le cas, entrent dans la logique de la flexibilisation totale du marché du travail. Si l'on en fait l'unique instrument d'action, on ne rendra pour autant jamais concurrentielle notre main d'&#339;uvre. Il est impossible, comme le souligne Sinn lui-même, que l'écart salarial entre l'Allemagne et la Bulgarie, ou la Chine, se réduise en moins de deux générations. « A long terme, nous serons tous morts » a déclaré Keynes un jour à ceux qui prônaient un libéralisme absolu pour faire régresser le chômage sur le « long terme ».        <br />
       Pour les économistes néo-libéraux, la mondialisation est un fait inéluctable, il faut vivre avec l'exclusion sociale qu'elle engendre, en faisant un effort de formation pour les nouvelles générations et concentrer les secteurs industriels de nos économies sur les hautes technologies, sur les domaines qui demandent une forte concentration du capital et non de la main d'&#339;uvre. Mais l'hyperconcentration sur la fin des chaînes de production, qui nécessitent un fort apport capitalistique n'est-elle pas précisément le symptôme de cette « économie de bazar » pointée du doigt par Hans-Werner Sinn ?        <br />
              <br />
       L'économiste munichois, au-delà de la dénonciation &#8211; légitime mais à l'opposé de l'aspiration au salaire minimum actuellement répandue en Allemagne - des rigidités du marché du travail, bute, sans vraiment chercher à les résoudre, sur les impasses de la mondialisation sous sa forme actuelle. Il refuse toute forme de protection du marché du travail national ou européen, même un rétablissement de tarifs douaniers qui se substituerait à la coûteuse et trop souvent inefficace protection sociale. Son argument est que l'Allemagne est trop dépendante des marchés extérieurs pour l'exportation de sa production. Un repli protectionniste serait mortel, dit-il, pour le seul pan de l'économie qui fonctionne malgré tout, celui des entreprises tournées vers l'exportation &#8211; les exportations allemandes ont représenté 36% du PIB en 2005.         <br />
              <br />
       Il vaut peut-être la peine, ici, de rappeler que beaucoup des actuels néo-libéraux, oublient de relire leurs grands ancêtres : qui a écrit : <span style="font-style:italic">« A la vérité, s'attendre que la liberté du commerce puisse jamais être entièrement rendue à la Grande-Bretagne, ce serait une folie aussi grande que de s'attendre à y voir jamais réaliser la république d'Utopie ou celle d'Océana »</span> ? C'est Adam Smith, au chapitre II du Livre IV de <span style="font-style:italic">La Richesse des nations</span> (6). Relisez ce chapitre et vous comprendrez ce qui distingue l'époque où les libéraux n'avaient pas oublié que l'analyse économique s'enracine dans la philosophie morale, la sociologie et l'histoire de l'économétrie triomphante chez beaucoup de néo-libéraux ou même du dogmatisme en matière de libre-échangisme des « ordo-libéraux » dans la République Fédérale des années 1950. On oublie trop souvent aujourd'hui &#8211; encouragés par la modélisation mathématique ou par l'assimilation abusive entre protectionnisme et refus de l'économie de marché &#8211; que Smith ou Ricardo mettaient bien des conditions à ce qu'ils appelaient la « liberté du commerce ». La théorie des avantages comparatifs, que l'on nous serine depuis trois décennies, n'est développée par Ricardo qu'à propos d'économies de développements à peu près équivalents. Pour être parfaite, la concurrence doit être non faussée. Et c'est en authentique héritier de Smith ou de Ricardo que Maurice Allais ne cesse de dénoncer l'illusion qui entoure la mondialisation sous sa forme actuelle : il ne peut y avoir un véritable libre-échange en l'absence d'ordre monétaire et dans l'asymétrie radicale provoquée par des écarts de salaire qui vont de un à trente.        <br />
              <br />
       La question que nous devons poser à nos amis allemands est de savoir si l'enthousiasme pour le libre-échange mondial, répandu chez les économistes qui ont construit le « modèle allemand » de l'ère Erhard, peut servir de pensée économique dans le monde actuel.        <br />
              <br />
       Je voudrais attirer l'attention sur trois éléments :        <br />
              <br />
       •	le commerce extérieur allemand reste aux deux tiers un commerce interne au continent européen.        <br />
       •	Les entreprises allemandes ont substitué la logique du « made by Siemens » à celle du « made in Germany » et il faut poser la question du coût social de cette politique       <br />
       •	Une mise en perspective historique s'impose entre la mondialisation d'aujourd'hui et celle d'avant 1914, qui fera ressortir d'étonnantes continuités.          <br />
              <br />
       L'Allemagne commerce encore pour 40% avec la seule zone euro       <br />
              <br />
       Les chiffres sont incontestables &#8211; aujourd'hui encore, ce sont les importations européennes et même celles de l'Union européenne qui tirent les exportations allemandes.       <br />
              <br />
       •	Dans les dix premiers pays destinataires des exportations allemandes, en 2005, il y a six pays de la zone euro, sept membres de l'Union européenne et neuf pays européens.       <br />
       •	Dans les vingt premiers pays destinataires des exportations allemandes, on compte neuf pays de la zone euro, douze membres de l'Union européenne, et seize pays européens, dont la Russie.        <br />
       •	Dans les trente premiers pays destinataires des exportations allemandes, il y a dix pays de la zone euro, treize membres de l'Union européenne et vingt pays européens.        <br />
       •	La zone euro permet à l'Allemagne de réaliser environ 43% du produit de ses exportations ; l'Union Européenne 62% et l'Europe 75% !        <br />
       •	la Grande-Bretagne représente environ 7% du produit des exportations allemandes, performance située entre les USA (9%) et le Japon (5%).        <br />
       •	Pour l'instant, la Chine absorbe autant d'exportations allemandes que la Pologne et quatre fois moins environ que la France.         <br />
       •	La France reste le premier partenaire de la RFA, absorbant 10% des exportations allemandes.         <br />
              <br />
       Regardons à présent ce qu'il en est des importations.        <br />
              <br />
       •	Dans les dix premiers fournisseurs de l'Allemagne en 2005, on trouve cinq pays de la zone euro, six membres de l'Union européenne et huit pays européens, dont la Russie.       <br />
       •	Dans les vingt premiers fournisseurs de l'Allemagne, on trouve sept pays membres de la zone euro, treize pays membres de l'Union européenne et seize pays européens.        <br />
       •	Dans les trente premiers pays fournisseurs de l'Allemagne, on trouve neuf pays membres de la zone euro, quinze pays membres de l'Union européenne et vingt pays européens.       <br />
       •	L'Allemagne se fournit pour 40% dans la zone euro ; pour 58% dans l'Union européenne et 70% sur l'ensemble du continent européen.       <br />
       •	Onzième pays importateur de produits « made in Germany », la Chine est le quatrième fournisseur de l'Allemagne, quasiment à égalité avec les Etats-Unis (respectivement 6,3 et 6,5% des importations allemandes).       <br />
       •	La France et les Pays-Bas fournissent chacun presque 9% des exportations allemandes.        <br />
              <br />
       Le commerce extérieur allemand reste, jusqu'à nouvel ordre, centré sur l'Europe et plus particulièrement sur l'Union européenne. Malgré une croissance relativement faible, ces dernières années, par rapport au reste du monde, <span class="u">la zone euro représente, à elle seule, 40% du commerce extérieur allemand.</span>       <br />
              <br />
       <span class="u">Le Marché Commun des Pères fondateurs continue à absorber 29% des exportations allemandes et à fournir 29% des importations allemandes ! </span>       <br />
              <br />
       A l'inverse, la Chine, ne fournit pour l'instant que 6,3% des importations allemandes et n'absorbe que 2,5% des exportations de la République Fédérale. Combien de temps faudrait-il pour faire de la Chine un partenaire commercial aussi intéressant pour l'Allemagne que la « vieille Europe » ? Ajoutons que bien évidemment la substitution d'un pays comme la Chine aux grands partenaires commerciaux actuels de l'Allemagne, qui se trouvent en Europe, signifierait la destruction de l'environnement économique historique de l'Allemagne.          <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Relancer la croissance européenne rapportera plus économiquement que jouer la carte de la mondialisation</span>       <br />
              <br />
       Devant la faiblesse de la croissance de ses principaux partenaires et la stagnation en Allemagne même, les organisations patronales allemandes misent sur la conquête de nouveaux marchés à l'exportation : Europe de l'Est, Chine, Inde, Amérique latine, Asie centrale, Moyen-Orient. Elles militent pour la poursuite de l'instauration d'un libre-échange absolu, sont disposées à sacrifier l'agriculture européenne en échange de l'accès libre au marché industriel et des services dans les pays en développement.        <br />
              <br />
       Sauf en ce qui concerne l'Europe de l'Est, il s'agit d'un mauvais calcul. Les pays en développement n'améliorent qu'à la marge les chiffres des exportations allemandes. La Chine ou l'Inde sont des marchés problématiques car ils sont plus intéressés par la délocalisation des emplois européens à leur profit que par l'augmentation des importations qu'ils effectueraient en provenance de l'Europe : les gains qu'ils procurent à l'Allemagne sont provisoires (comparés à la dynamique de croissance de la Communauté puis de l'Union européenne sur cinq décennies) puisque ces pays ont vocation à s'insérer dans des zones commerciales régionales asiatiques. Un jour, les transferts de technologie leur permettront de se passer d'importer leurs machines-outils ou leurs voitures d'Allemagne.       <br />
              <br />
       Si l'on ajoute la prise en compte des incertitudes qui pèsent sur l'avenir de la consommation aux Etats-Unis (pays dont la RFA est devenue beaucoup plus dépendante dans les années 1990), il serait beaucoup plus utile à l'Allemagne de réfléchir aux moyens de relancer la croissance chez elle et chez ses principaux partenaires commerciaux.        <br />
              <br />
       Un retour à la croissance en Allemagne passe par la redynamisation des principaux partenaires commerciaux, hors Etats-Unis. Cela veut dire relancer la croissance dans l'UE, et en particulier dans la zone euro.        <br />
              <br />
       La relance de la croissance dans la zone euro ne peut pas passer par la seule libéralisation du marché du travail. Ou, plutôt, cette dernière, indispensable pour libérer les forces créatrices présentes dans nos sociétés &#8211; ou éviter que les individus les plus innovateurs ne partent travailler ailleurs &#8211; doit être accompagnée d'un certain nombre d'autres mesures. Il faut comprendre que nos sociétés, pour lesquelles l'Etat-providence, même menacé, reste un amortisseur des chocs causés par la mondialisation, n'accepteront la concurrence et les remises en causes des « avantages acquis » que si elles ont le sentiment d'être protégées en même temps contre les asymétries de la mondialisation.        <br />
              <br />
       Des mesures indispensables comme l'allègement des charges sociales, ou la réforme d'un système éducatif vidé de sa substance par l'égalitarisme mal compris du collège unique (de la <span style="font-style:italic">Gesamtschule</span> en Allemagne), ou l'investissement dans la recherche n'auraient aucun sens si elle ne s'accompagnaient pas de mesures correctrices des asymétries de l'économie internationale.        <br />
              <br />
       Le vrai libéralisme est dans le maintien des grands équilibres (équilibre des pouvoirs, équilibre des puissances, équilibre budgétaire, équilibre commercial etc&#8230;). C'est pourquoi il faudra commencer par combattre :        <br />
              <br />
       •	l'asymétrie du système monétaire international, qui, centré sur l'étalon-dollar, attire 75% de l'épargne mondiale aux Etats-Unis ; il serait temps que la zone euro ait une attitude plus offensive, soit qu'elle pousse jusqu'au bout la logique de rigueur monétaire, en instaurant un euro-or qui attirerait les capitaux vers l'Europe par la confiance qu'il inspirerait ; soit que la BCE développe une politique monétaire souple, à l'anglo-saxonne.       <br />
       •	le dumping social des pays à bas salaires. Si l'on prend au sérieux le libéralisme économique et l'idée de concurrence parfaite sur lequel il repose, force est de constater qu'à partir du moment où un Etat qui reste largement totalitaire comme la Chine post-communiste met à la disposition des entreprises transnationales une main d'&#339;uvre qui est dans l'incapacité d'exiger quelque justice sociale que ce soit et qui en fait travaille dans des conditions de véritable servage, la libre concurrence, en fait, n'existe pas. Dans ces conditions, il serait normal que l'Union européenne défende ses populations contre une concurrence déloyale et pénalise les entreprises qui profitent cyniquement de la contrainte politique encore pratiquée en Chine.          <br />
              <br />
       Il faut savoir réintroduire le facteur temporel dans la réflexion économique. Il y a ce qui est de l'ordre du long terme : les investissements dans la formation et la recherche ; pour qu'ils puissent porter des fruits et, surtout, pour être en mesure de mobiliser les financements nécessaires, il faut empêcher toute déstabilisation à court ou à moyen terme. La mondialisation actuelle, qui se caractérise par des asymétries, est un facteur de déstabilisation sur le court terme. Pour assurer la réussite des réformes de longue haleine, il faut des mécanismes de protection externe.        <br />
              <br />
       Cela passe, pour le sujet qui nous intéresse, par la préservation de l'emploi industriel, donc le retour au principe d'une « préférence communautaire » qu'on appellera plutôt « priorité européenne ».        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Imposer la « priorité européenne »</span>       <br />
              <br />
       Si l'on laisse de côté la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, qui ont fait le choix, dans les années 1980, de la désindustrialisation, les principaux partenaires commerciaux de l'Allemagne, qui se trouvent dans la zone euro, sont confrontés aux asymétries de la mondialisation, en particulier la pression des bas salaires chinois. L'absence de véritables règles à la mondialisation réduit d'avance à néant tous les efforts que pourront faire les sociétés en matière de compression du coût du travail ou de gains de productivité.        <br />
              <br />
       Comment faire pour répondre à la fois aux exigences de compétitivité d'une économie moderne pleinement insérée dans la mondialisation tout en ne sacrifiant pas ce qui crée principalement la richesse d'un pays, l'emploi industriel  - et donc sa capacité à s'équiper, à exporter et à se procurer les ressources financières qui lui permettront, suivant une répartition propre à chaque société, d'épargner, d'investir et de consommer  (7) ? La seule réponse possible est celle d'une zone de libre-échange régionale &#8211; qui empêche chaque pays de s'endormir à l'abri de tarifs douaniers nationaux - qui soit capable en même temps de se prémunir contre les asymétries de la mondialisation grâce à des tarifs extérieurs communs. C'est la description de ce que fut le Marché Commun européen durant les Trente Glorieuses. Il est temps de revenir à la priorité européenne qui a fait la croissance de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale.        <br />
              <br />
       Si l'on reprend le raisonnement de Hans-Werner Sinn, pour l'affiner, il est certain qu'il faut libérer les forces créatrices des économies nationales en Europe, inexploitées ou sacrifiées à un coûteux financement de l'assurance chômage ; mais il faut tenir compte aussi du fait que l'intérêt de l'Europe n'est pas dans une course vers la compression des salaires. L'économie allemande est entrée dans un cercle vicieux où l'augmentation permanente des performances à l'exportation se substitue à un équilibre entre consommation interne et exportation. Que l'Allemagne ait traditionnellement souhaité moins consommer et plus exporter que ses voisins est une chose ; qu'elle voie dans la caricature de cette attitude la norme pour l'Europe et surtout le remède à ses difficultés économiques en est une autre.        <br />
              <br />
       L'intérêt de l'Allemagne et de l'Europe est dans la création d'un grand marché régional au sein de l'économie mondialisée, comme l'Extrême-Orient en créera un, inéluctablement, autour de la Chine et du Japon. L'Europe possède tous les atouts nécessaires à la compétitivité internationale : elle a les ressources énergétiques russes, la main d'&#339;uvre bon marché est-européenne pour les activités à forte concentration de main d'oeuvre et les capacités d'être en pointe dans les nouvelles révolutions industrielles et techniques grâce au savoir-faire accumulé dans la vieille Europe. Un protectionnisme intelligent&#8211; dont Paul Bairoch a montré qu'il était l'indispensable accompagnement des phases de prospérité économique  (8)&#8211; étendu à la grande Europe permettrait de redynamiser le marché du travail à l'Ouest de l'Europe et de laisser les salaires progressivement augmenter à l'Est de l'Europe. Donc de relancer les capacités d'absorption par l'Europe de l'Ouest des exportations allemandes et de faire des pays d'Europe centrale et orientale non plus seulement des réservoirs de main d'&#339;uvre bon marché pour les PME allemandes mais des pays qui eux aussi absorbent une part toujours croissante de la production allemande.          <br />
              <br />
       Dans la vieille Europe, on n'aurait plus affaire à la protection d'un nombre toujours plus réduit de salariés de l'industrie, concentrés dans des secteurs à haute productivité et exclusivement tournés vers l'exportation, mais à une nouvelle création d'emploi équilibrée, entre secteurs à forte concentration capitalistique, industries de main d'&#339;uvre et un secteur des services sans excroissance parasitaire (9). Dans la nouvelle Europe, on créerait la possibilité d'un authentique décollage économique auto-centré.         <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L'Allemagne a tout à perdre de l'absence de « priorité européenne » :</span>        <br />
              <br />
       En faisant le choix de l'Europe, dans les années 1950, la RFA a posé les bases de son « miracle économique » de l'après-guerre. En fait, elle renouait avec la logique de mondialisation équilibrée du début du XXe siècle. Si l'on envisage en effet la plus longue durée historique, on est frappé de voir les permanences des tendances de fond du commerce extérieur allemand sur un siècle. A la veille de 1914, Le Reich wilhelmien écoulait les trois quarts de ses exportations sur l'ensemble du continent européen (10). En 1913, la Grande-Bretagne absorbait 14,2% des exportations allemandes, l'Autriche-Hongrie 10,9%, la Russie, 8,7%, la France 7,8%, Les Etats-Unis 7,1%, les Pays-Bas, 6,9%, la Belgique 5,5 et la Suisse 5,3% (11). La même année, le Reich se fournissait pour 15,9% aux Etats-Unis, pour 13,2% en Russie, pour 8,1% en Grande-Bretagne, pour 7,7% en Autriche-Hongrie, pour 5,4% en France et pour 3,2% en Belgique (12).        <br />
              <br />
       Ajoutons cependant qu'à cette époque, les exportations ne représentaient que 16% du PIB (13) et qu'un protectionnisme modéré n'empêchait pas la croissance constante du commerce mondial et des capacités exportatrices de l'économie allemande. Pour un indice 100 en 1872, les exportations mondiales ont connu un essor uniquement à partir de l'introduction progressive et généralisée, à la fin des années 1870, de tarifs protectionnistes pour sortir de la Grande Dépression : 110 en 1882, 120 en 1892, 150 en 1902 et 250 en 1912. Les exportations allemandes connaissent, en période protectionniste un essor parallèle : pour un indice 100 en 1872, 120 en 1882, 140 en 1892, 190 en 1902 et 300 en 1912 (14). On peut même dire que l'équilibre entre exportations allemandes vers l'Europe et importations allemandes d'Europe est mieux assuré aujourd'hui qu'il y a un siècle.          <br />
              <br />
       La mondialisation du début du XXe siècle fut plus équilibrée que celle que nous vivons actuellement parce qu'elle reposait sur une monnaie mondiale indépendante de la politique des Etats, l'or, et parce que les Etats pratiquaient un protectionnisme modéré. Bien que l'idéologie libre-échangiste ait dominé les esprits dès les années 1950, la Communauté européenne fut, durant les Trente Glorieuses, protégée par l'ordre monétaire relatif de Bretton Woods et par la fermeture d'une partie du monde &#8211; l'Eurasie communiste aux échanges internationaux. Au moment où les salariés européens de l'Ouest sont mis en concurrence avec la main d'&#339;uvre des pays de l'ancien bloc soviétique et surtout celle d'un Etat encore partiellement totalitaire, la Chine, il devient suicidaire, de refuser à l'Union européenne, et a fortiori à la zone euro,  tout mécanisme de sauvegarde dans la mondialisation. C'est préparer un désastre économique et social sans précédent.         <br />
              <br />
       L'actuelle embellie des exportations n'aura qu'un temps pour la République Fédérale car, un jour les Allemands devront accepter la délocalisation massive de leur emploi industriel dans les pays émergents s'ils veulent continuer à y jouer un rôle. En gros le modèle sino-américain actuel, sans que la RFA possède les atouts financiers des Etats-Unis.        <br />
              <br />
       Et les principaux partenaires commerciaux de l'Allemagne seraient toujours plus touchés par la stagnation de la consommation en Allemagne. S'accentuerait alors un cercle vicieux, déjà amorcé, qui défait progressivement la spirale vertueuse des « trente glorieuses » : les principaux partenaires commerciaux de l'Allemagne seraient de moins en moins en mesure d'exporter vers l'Allemagne et, surtout, du point de vue d'une économie qui a encore plus besoin que la leur d'exporter, d'absorber la production allemande.        <br />
              <br />
       L'intérêt de l'Allemagne n'est pas dans l'étiolement économique et la déstabilisation sociale de ses principaux partenaires commerciaux. Les masses financières en jeu sont trop importantes pour que la RFA puisse se payer le luxe de se passer de la consommation, par les membres historiques de la construction européenne de sa production industrielle. Elle doit au contraire tout faire pour que ceux-ci soient à nouveau en mesure de consommer massivement ses propres produits. Elle ne peut pas non plus, sans rompre la solidarité européenne, accepter chez elle un chômage de masse qui restreint de fait sa propre consommation et lui fait réduire ses importations &#8211; les principaux fournisseurs de la RFA restent les Européens et, plus particulièrement le noyau historique de l'Union européenne.        <br />
              <br />
       Durant les deux dernières décennies, l'Allemagne s'est fixé des objectifs contraires à son engagement historique dans une « construction européenne » qui a permis sa propre reconstruction économique après la guerre. En effet, elle a, depuis vingt ans :        <br />
       •	misé sur le consommateur américain plutôt que sur le consommateur allemand et européen ;        <br />
       •	tenté de concurrencer les Etats-Unis en Amérique latine en voulant faire signer à cette dernière un accord de libre-échange avec l'UE ;       <br />
       •	poussé à l'abaissement des tarifs douaniers dans les pays en développement, en échange de l'abandon de l'agriculture européenne, et cela pour des gains à l'exportation qui seront infimes par rapport à ce qu'apporterait un retour à la croissance dans la zone euro ;       <br />
       •	parié sur le marché chinois et surtout sur l'immense « armée de réserve » de l'industrie chinoise, au risque de contribuer à créer un concurrent mortel pour l'Allemagne elle-même et pour l'Europe.         <br />
              <br />
       La politique de « priorité européenne » est la seule qui corresponde à la structure réelle des réseaux commerciaux dans lesquels s'insère l'Allemagne. La République Fédérale réalise 29% de son commerce avec le Marché Commun des fondateurs, 40% avec la zone euro, 63% avec l'Union européenne et 75% avec « l'Europe de l'Atlantique à l'Oural ». « Priorité européenne signifie donc :        <br />
       •	la priorité donnée à la consommation européenne ;       <br />
       •	la priorité donnée aux échanges avec les partenaires européens historiques mais aussi l'élaboration d'un pôle de stabilité dans la mondialisation qui comprenne l'Europe de l'Est et la Russie ;       <br />
       •	l'élaboration de mécanismes de sauvegarde pour l'UE qui permettent aux pays membres de se battre à armes égales dans la mondialisation avec les autres zones de production dans le monde.        <br />
              <br />
       La vieille priorité donnée par la RFA à l'exportation sur la consommation interne n'est pas contraire aux intérêts de l'Europe tant que l'économie allemande accepte que son environnement économique immédiat ait les moyens de renforcer ses capacités d'absorption de la production d'outre-Rhin. Et tant qu'elle ne laisse pas s'étioler ses besoins de consommation et d'équipement en laissant se développer un chômage de masse dont l'ampleur est le fruit d'une attitude fataliste face à la mondialisation.        <br />
              <br />
       Pourquoi parler de tout cela ?        <br />
       C'est pour montrer, comme je le disais en introduction,  le rapport paradoxal que l'Allemagne entretient avec l'Europe. A la fois elle s'y impose comme la grande puissance exportatrice, elle a, depuis les années 1970, largement contribué à faire abandonner le principe de préférence communautaire et, en même temps, l'Allemagne semble largement dépendante des capacités d'absorption du marché européen pour rester dans son rang de première puissance exportatrice.       <br />
       On a donc là une relation tout à fait paradoxale à l'Europe, plus compliquée que ce qu'on dit d'habitude.       <br />
       C'est une façon de lancer le débat de ce soir puisque la question qui se pose aujourd'hui pour la République fédérale d'Allemagne - comme, peut-être, elle se posait déjà au début du XXe siècle &#8211; est de savoir dans quelle mesure elle est d'abord une puissance européo-centrée ou une puissance mondiale (je parle ici uniquement de l'économie).       <br />
       Je vous remercie.       <br />
              <br />
              <br />
       --------       <br />
       1) Lorsqu'aucune autre référence n'est donnée, les chiffres sont tirés du site internet du statistisches Bundesamt, <a class="link" href="http://www.destatis.de">www.destatis.de</a> à la rubrique Aussenhandel.        <br />
       2) Cornelius Torp, <span style="font-style:italic">Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft und Politik in Deutschland 1860-1914</span>, Vandenhoek &amp; Ruprecht, Göttingen, 2005, p.69.        <br />
       3) Hans Werner Sinn, <span style="font-style:italic">Die Basar-Ökonomie. Deutschland: Exportweltmeister oder Schlusslicht?</span>, Econ, Munich, 2005,        <br />
       4) Sinn, op.cit., p.138-139 et p.86.        <br />
       5) Tous ces chiffres se trouvent dans Sinn, op.cit., p.100-110.        <br />
       6) Tome 2, p.60 dans l'édition Garnier Flammarion, Paris, 1991       <br />
       7) Les Etats-Unis qui ont largement laissé détruire leur emploi industriel ne peuvent continuer à consommer que parce que le statut de monnaie de réserve du dollar leur permet de s'endetter à raison de 2 milliards de dollar par jour       <br />
       8) Paul Bairoch, <span style="font-style:italic">Mythes et paradoxes de l'histoire économique</span>, Paris, La découverte, 1994.        <br />
       9) Sur le caractère artificiel et même parasitaire de bien des emplois créés dans les services, voir Emmanuel Todd, <span style="font-style:italic">Après l'Empire</span>, Paris, Gallimard, 2003.        <br />
       10) Cornelius Torp, <span style="font-style:italic">Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft une Politik in Deutschland</span>, Vandenhoeck &amp; Ruprecht., Göttingen, p.77.        <br />
       11) Torp, op.cit., p.79       <br />
       12) Torp, op.cit., p.83.       <br />
       13) Torp, op.cit., p.66       <br />
       14) Torp, op.cit., p.61
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
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   <title>Un regard historique sur l'internationalisation des grandes entreprises allemandes</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:17:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention prononcée par Hervé Joly, chargé de recherche au CNRS, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931687-1154327.jpg" alt="Un regard historique sur l'internationalisation des grandes entreprises allemandes" title="Un regard historique sur l'internationalisation des grandes entreprises allemandes" />
     </div>
     <div>
      Après le regard général porté par Edouard Husson, je vais traiter plus spécifiquement des grandes entreprises allemandes et de la question de leur internationalisation, en partant de la situation actuelle pour remonter dans le temps - démarche peut-être inhabituelle pour un historien &#8211; au regard de trois critères :       <br />
       •	Le chiffre d'affaire réalisé à l'étranger,       <br />
       •	les effectifs employés à l'étranger,       <br />
       •	les détenteurs étrangers du capital.       <br />
              <br />
       La situation actuelle :       <br />
       •	La part du chiffre d'affaire réalisé à l'étranger est plus ou moins élevée selon les entreprises. Je  choisis d'évoquer plus particulièrement trois grands groupes industriels  pour avoir une base comparative avec la situation antérieure. Une grande entreprise chimique comme la BASF réalise aujourd'hui 58 % de son chiffre d'affaire avec l'étranger ; une grande entreprise de sidérurgie et construction mécanique, Thyssen-Krupp (les deux entreprises ont fusionné), 64 % ; un grand groupe électrique, Siemens, 83 %.       <br />
       •	Autre indicateur, celui des effectifs : ces trois entreprises comptent entre 50 et 60 % de leurs effectifs à l'étranger.       <br />
       •	Le troisième indicateur : à qui appartiennent ces entreprises ?  Environ 60 % du capital de Siemens appartient à des investisseurs étrangers ; dans le cas de BASF, c'est à peu près 50%. Thyssen-Krupp se distingue avec seulement 30 %, mais cette exception est liée à l'existence d'une fondation allemande qui détient une part importante du capital.       <br />
              <br />
       Donc au regard de ces trois critères, ces entreprises travaillent massivement pour l'étranger, à l'étranger et appartiennent pour une part importante (mais moins que les entreprises françaises équivalentes) à des capitaux étrangers. Ces capitaux étrangers ne sont pas non plus qu'américains, la part des autres pays européens est importante.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Dans quelle mesure ce phénomène est-il vraiment nouveau ?</span>       <br />
              <br />
       Comparons avec la situation à la veille de la Première guerre mondiale :       <br />
              <br />
       •	Pour ce qui est du chiffre d'affaire, la part réalisée à l'étranger était en général bien moindre mais avec de fortes variations selon les secteurs. Pour la sidérurgie le chiffre d'affaire avec l'étranger était très faible, mais pour Siemens il  atteignait 35 % en 1913. En revanche, pour la chimie, si on reprend l'exemple de BASF, à l'époque le chiffre d'affaire réalisé avec l'étranger était de l'ordre de 80 %. On voit donc que l'importance des échanges extérieurs n'est pas nécessairement un phénomène  linéaire et croissant.       <br />
       •	Si, au moins dans le cas de la chimie, on exportait plus à l'époque qu'aujourd'hui, on produisait beaucoup moins à l'étranger. Dans le cas de BASF, on ne peut relever avant 1914 que deux usines de colorants, en France et en Russie, n'employant que quelques centaines de salariés. Il en était de même pour la sidérurgie qui, de toute façon, exportait peu, elle n'avait pas d'usines à l'étranger. En revanche, la construction électrique (Siemens) avait déjà un certain nombre d'usines à l'étranger (22 % des effectifs en 1913), en Europe exclusivement (une tentative d'implantation en 1892 aux Etats-Unis ayant échoué).        <br />
       •	Le changement plus important concerne les capitaux. A cette époque les capitaux étaient presque exclusivement allemands. Krupp et Thyssen, par exemple, étaient des entreprises exclusivement familiales, la question d'internationalisation de capital ne se posait pas. Siemens était une société par actions encore durablement sous contrôle familial dominant et, même dans le cas d'une entreprise au capital ouvert, comme BASF, le capital était encore peu internationalisé.       <br />
              <br />
       En résumé, on distingue trois types de grandes entreprises en 1914 :       <br />
       La grande industrie chimique allemande domine le marché mondial de manière écrasante avec des pourcentages d'exportations extrêmement élevés, en particulier dans la branche reine des colorants textiles dont est issue la grande industrie chimique. Elle écrase tous ses concurrents français, anglais et même américains ; elle est en avance en matière de recherche et de brevets. Sa seule (petite) concurrente est l'industrie suisse bâloise, juste de l'autre côté du Rhin. Les produits chimiques sont assez facilement exportables. Les colorants sont des produits de grande valeur ni dangereux ni encombrants (on n'est pas dans la chimie lourde qu'on connaîtra ensuite avec, par exemple, les engrais). C'est donc une chimie qui s'exporte assez facilement. On n'a pas besoin de s'implanter à l'étranger pour la produire et la vendre, sauf lorsque des barrières douanières l'exigent, ce qui est le cas en Russie et en France où il est nécessaire de faire au moins une petite partie de la fabrication sur place pour échapper aux barrières protectionnistes.       <br />
              <br />
       Dans le cas de la construction électrique, le rapport de forces mondial est différent. Deux grandes industries dominent à cette époque le marché mondial : l'industrie allemande et l'industrie américaine se partagent les marchés dans une politique de cartels. L'Allemagne domine les marchés européens. Les Etats-Unis sont maîtres chez eux et sur d'autres marchés extra-continentaux.       <br />
              <br />
       Les produits de la sidérurgie-métallurgie sont lourds à transporter, les exportations lointaines sont difficiles et les grands pays ont leur industrie nationale. Il y a donc peu de possibilités d'exportation. En revanche cette industrie a besoin de matières premières, en particulier de minerai de fer, ce qui explique les visées stratégiques de l'Allemagne, notamment en direction de la partie de la Lorraine restée française en 1870 (bassin de Briey) et du Luxembourg.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La situation dans l'entre deux guerres. </span>       <br />
              <br />
        La chimie enregistre une régression, la part du chiffre d'affaire à l'étranger est plus faible. Les exportations de l'ensemble IG Farben, résultat d'une fusion géante, atteignent seulement 57 % du chiffre d'affaires en 1928 (contre 80 % avant la Première Guerre mondiale). En revanche, les exportations de Siemens restent à des niveaux semblables (35 %) ; l'entreprise s'est relevée de la défaite de 1918 dans ses débouchés extérieurs.        <br />
        En ce qui concerne les effectifs employés à l'étranger, la situation a peu évolué : les quelques établissements à l'étranger ont été confisqués à la suite du Traité de Versailles, après 1918. Dans le cas de la chimie, IG Farben n'a pas  mené de politique de réimplantation ensuite, continuant d'exporter depuis l'Allemagne. En revanche, dans le cas de la construction électrique, on peut remarquer que Siemens a fortement réimplanté des usines en Europe, contrainte par des barrières protectionnistes, notamment dans l'industrie du téléphone, de produire au moins une partie sur place pour pouvoir approvisionner ces marchés.       <br />
        L'entre-deux-guerres est aussi marqué par la pénétration des capitaux américains dans les grandes entreprises allemandes. C'est le cas dans l'industrie électrique avec General Electric qui exerce une influence croissante sur le groupe AEG. Une partie de l'industrie automobile  passe sous contrôle américain : Opel devient une filiale de General Motors en 1929.        <br />
              <br />
       Cette forte implantation ne concerne pas seulement le marché européen (même si celui-ci constitue une part importante).  Dans le cas de la chimie, notamment, les débouchés américain et asiatique étaient importants  dès avant 1914. Cette forte implantation sur les marchés étrangers  interdit d'imputer à la grande industrie capitaliste allemande le déclenchement des deux grandes guerres mondiales et les visées impérialistes de l'Allemagne. En 1914, comme je l'ai dit, seule l'industrie sidérurgique pouvait avoir un intérêt à des conquêtes territoriales pour s'assurer des approvisionnements en minerai de fer. Les autres industries n'y avaient aucun intérêt évident : leur échelle était beaucoup plus grande et les marchés d'Europe centrale étaient déjà acquis ou assez marginaux. En revanche, dès que le conflit a été lancé en 1914, l'industrie a largement joué le jeu en participant à l'effort de guerre.        <br />
       Après la Grande Guerre, la situation est évidemment difficile pour l'industrie allemande, les pertes territoriales amènent à renoncer à certaines entreprises (notamment celles implantées en Alsace-Lorraine ou dans la Silésie devenue polonaise). Les biens allemands sont confisqués dans les pays ennemis. Les produits allemands sont frappés de discrédit sur les marchés étrangers. Le démantèlement des empires austro-hongrois et ottoman est favorable aux intérêts français (Schneider en Tchécoslovaquie, la Compagnie française des pétroles en Irak, etc.) et britanniques qui récupèrent des participations allemandes. Une nouvelle concurrence se dessine avec des industries étrangères qui se sont renforcées en participant à l'effort de guerre national (c'est le cas, par exemple, dans la chimie, notamment en France). Mais, dans l'entre-deux-guerres, les grandes entreprises allemandes retrouvent les positions commerciales dans les anciens pays ennemis, même si  elles restent prudentes dans les investissements en raison de l'expérience de 1918.       <br />
              <br />
       De même, en 1933, ce n'est pas la grande industrie allemande qui porte Hitler au pouvoir ; les dirigeants des grandes entreprises étaient rarement membres du NSDAP avant 1933. Mais qu'ils soient libéraux, nationalistes ou qu'ils proches du parti catholique centriste, ils se rallient rapidement au régime et y trouvent leur compte.  Le déclin des débouchés extérieurs qui s'amorce, avec la crise des années 1930 et la montée des protectionnismes, est compensé par les nouveaux débouchés intérieurs que leur offre l'économie autarcique du régime, avec toutes les productions de synthèse, peu rentables dans une économie ouverte mais intéressantes dans le cadre d'une économie fermée.        <br />
       Mais les grands groupes gardent souvent deux fers au feu, ils s'engagent dans cette politique autarcique tout en continuant le plus longtemps possible d'exporter à des niveaux encore assez importants jusqu'à l'engagement total dans l'économie de guerre en 1942, sur les marchés qui leur sont encore accessibles.        <br />
       On peut remarquer aussi que les occupations successives et les conquêtes territoriales, à partir de 1938, ne débouchent pas forcément sur des prises de contrôle d'entreprises étrangères (tout au plus note-t-on parfois, en France par exemple dans l'industrie chimique, une volonté de revanche par rapport à la situation d'avant 1918). Globalement les entreprises allemandes hésitent à investir à l'étranger, notamment en Europe occidentale occupée, conscientes que ces investissements risquent de ne pas pouvoir être durables. Lorsqu'elles le font, c'est plutôt dans les pays d'Europe orientale et centrale, sur les territoires de la Pologne ou de la Russie, sous forme de pillages et de spoliations qui ne leur coûtent rien.        <br />
              <br />
              <br />
        <span style="font-style:italic">On en arrive au « miracle » (très explicable) de l'après-guerre.</span>       <br />
              <br />
       Les destructions, la division de l'Allemagne, les démontages, la politique de déconcentration des grands groupes industriels (les konzerns), beaucoup de facteurs en apparence négatifs, vont être rapidement compensés par la présence de l'essentiel du potentiel industriel de l'Allemagne dans les zones occidentales (en particulier la Ruhr), les crédits du plan Marshall et la levée des protectionnismes en Europe. Tous ces éléments vont favoriser les engagements des groupes industriels allemands vers l'international.        <br />
       Dans l'après-Seconde Guerre mondiale, ces groupes sont très bien armés. Après 1945, les produits allemands ne souffrent pas d'un discrédit durable.  La question lancinante des réparations qui pesa dans l'entre-deux-guerres, jusqu'au début des années 1930, a disparu. La politique de déconcentration imposée par les alliés présente plutôt des avantages structurels pour les groupes allemands. La perte des territoires de l'Est est largement compensée par l'ouverture des marchés en Europe occidentale. Par ailleurs l'Allemagne fédérale reste un partenaire important des pays du COMECON. Les implantations industrielles perdues après 1945 ne sont plus aussi indispensables pour exporter avec la levée des barrières douanières. Quand cela s'avèrera nécessaire, on s'implantera à nouveau à l'étranger, cette fois dans des conditions de plus grande sécurité.        <br />
              <br />
       Le marché intérieur allemand connaît un développement important : la nécessité de la reconstruction exige une production importante de biens d'équipement où l'Allemagne est particulièrement bien armée.        <br />
       Mais un marché s'ouvre aussi pour les biens de consommation : en témoigne l'extraordinaire succès de la production des « coccinelles » de Volkswagen qui vont être exportées dans le monde entier (Etats-Unis, Brésil, etc.) dans les années 1950.        <br />
       En matière d'emploi, la situation en Allemagne est favorisée, dans les années 1950, par l'afflux de réfugiés des territoires orientaux.        <br />
       Les groupes allemands bénéficient donc d'une main-d'&#339;uvre abondante, de la modération des syndicats qui, associés à la gestion, sont relativement raisonnables dans leurs demandes salariales, d'une situation financière solide &#8211; ils ont souvent conservé des réserves de l'époque du nazisme &#8211; appuyée sur un capital très protégé entre les blocs familiaux, les soutiens bancaires et les participations publiques, non négligeables.        <br />
       Ce n'est qu'à partir de la fin des années 1960 que l'augmentation du coût du travail commence à poser un problème aux entreprises allemandes. Elles sont ensuite frappées par la crise de 1974. C'est alors qu'apparaît la nécessité d'implantation à l'étranger pour des raisons de coût du travail, accentuée dans les années 1990. Mais on sait que le Standort Deutschland s'est largement préservé, même s'il y a désindustrialisation. Il y a encore de l'industrie en Allemagne grâce au maintien d'un haut niveau technologique et d'une forte qualification professionnelle qui compensent un coût du travail relativement élevé : un certain type de production peut rester rentable en Allemagne.       <br />
              <br />
       Une autre particularité de l'Allemagne est le fait que les entreprises allemandes restent largement sous contrôle allemand, malgré les privatisations qui n'ont pas épargné l'Allemagne et le retrait des banques qui tendent à immobiliser moins de capitaux dans l'industrie. Les OPA restent très difficiles en Allemagne malgré les efforts de Bruxelles pour exiger le démantèlement des obstacles législatifs. Ces dernières années, seule l'entreprise Mannesmann a été attaquée par le groupe britannique Vodaphone (qui ne s'intéressait en fait qu'à la branche téléphonique, le reste des activités mécaniques et électriques étant resté sous contrôle allemand).        <br />
       Les capitaux allemands, même s'ils ne sont plus forcément majoritaires dans les entreprises, sont importants grâce aux fondations, caisses de retraite etc. Les blocs familiaux sont souvent restés puissants ; il y a plus de capitaux privés pour le contrôle des entreprises allemandes qu'il n'y en a en France.       <br />
       En Allemagne, la production reste importante malgré les obstacles : coût financier, obstacles  écologiques dans certaines industries sensibles (la chimie par exemple). Volkswagen continue de produire l'essentiel de ses voitures non seulement en Allemagne mais dans le seul Land de la Basse-Saxe qui possède encore des actions de l'entreprise. En ce qui concerne la sidérurgie, Thyssen-Krupp est restée sous contrôle allemand.        <br />
       On n'a pas d'exemple, dans la grande industrie allemande, de démantèlement industriel, tout au moins de perte de contrôle national comme ce fut le cas en France ces dernières années avec la dilution de la sidérurgie dans un groupe hispano-luxembourgo-français (Arcelor) puis indo-britannique (Mittal), et d'une manière encore plus marquante, avec le démantèlement de Péchiney au sein d'un groupe d'abord canadien (Alcan) puis australien (Rio Tinto). En Allemagne, l'industrie reste encore assez fortement sous contrôle national.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Un-regard-historique-sur-l-internationalisation-des-grandes-entreprises-allemandes_a290.html</link>
  </item>
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   <title>Les effets de la mondialisation sur les salaires et l'emploi : le salaire minimum constitue-t-il une protection ?</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:16:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention prononcée par Tobias Seidel, Chercheur à l'Institute for Economic Research de Münich, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931691-1154333.jpg" alt="Les effets de la mondialisation sur les salaires et l'emploi : le salaire minimum constitue-t-il une protection ?" title="Les effets de la mondialisation sur les salaires et l'emploi : le salaire minimum constitue-t-il une protection ?" />
     </div>
     <div>
      Je vous remercie. Ma maîtrise du français ne me permet pas de vous présenter mon exposé dans votre langue. Je vous remercie de cette invitation.         <br />
              <br />
       Le titre du colloque : « L'Allemagne au sommet de l'Europe ? » m'a fait penser qu'il y a quatre ans on parlait de « lanterne rouge » ou de « l'Allemagne au trente-sixième dessous ».       <br />
       La question est de savoir comment on a pu passer d'une situation à l'autre. J'espère contribuer à vous éclairer sur ce point.       <br />
       La mondialisation n'est pas un phénomène né au XXIe siècle. Pourtant, je ne crois pas me souvenir, dans les années récentes, de discussions aussi intenses que celles qui nous agitent actuellement, en Allemagne, à propos de la mondialisation, sur la question de savoir si notre pays tire profit ou non des transformations actuelles. L'opinion publique a pris conscience récemment de ce que les entreprises transfèrent tout ou partie de leur production vers des pays à bas salaires &#8211; en Europe de l'Est ou en Asie &#8211; avec des conséquences négatives pour l'emploi. Je voudrais insister ce soir sur quelques aspects de cette discussion (car il est impossible de vous résumer l'ensemble du débat en quelques minutes). L'opinion est chez nous de plus en plus inquiète et le pessimisme est de plus en plus répandu. Les salariés doivent accepter de faire des concessions de plus en plus importantes en termes de salaires, sans être jamais sûrs de garder leur emploi.        <br />
              <br />
       En même temps, l'exposé de mon prédécesseur amène à penser que les entreprises allemandes se tirent très bien de la situation actuelle, elles affichent des profits record, leur productivité est un modèle, elles sont adaptées à la production mondiale. Le tableau a l'air tout à fait positif et incite à voir les choses en rose quand on est du côté de ce que nous appelons « die Wirtschaft », les responsables économiques. La réponse à la question : « l'Allemagne au sommet de l'Europe ? » est positive quand on parle des entreprises.       <br />
              <br />
       Ce soir, plutôt que de répondre à la question « L'Allemagne au sommet ou l'Allemagne au fond du trou ? », je tenterai d'adopter un point de vue qui permette d'envisager tous les aspects du tableau économique (1).        <br />
              <br />
       C'est un des acquis de la science économique depuis deux cents ans : l'économie globale est gagnante en proportion de l'ouverture du commerce international (ainsi que de la mobilité de la main d'&#339;uvre et du capital). Les salaires réels augmentent globalement. Il s'agit d'une moyenne et tel est bien le dilemme de la mondialisation : il y a des gagnants et des perdants (2). Tandis que les salaires réels des individus les moins qualifiés sont soumis à la pression de la concurrence des pays à bas salaires, les salaires des plus qualifiés et les profits des entreprises augmentent. La répartition des revenus au niveau d'une nation devient plus inégale et il se répand naturellement dans un secteur de l'opinion un sentiment d'injustice. D'un autre côté, les salaires moyens augmentent dans les pays en développement ; si bien que la différence s'amenuise entre pays industriels et pays en développement (3). La répartition des revenus devient provisoirement plus « juste » au niveau international tandis qu'elle est plus inégale au niveau national. « Provisoirement » s'entend ici au sens d'une génération au moins ; il faut plusieurs décennies pour arriver à un nouvel équilibre de l'économie internationale.        <br />
       Bien entendu, les syndicats et une partie de la classe politique adoptent le point de vue national car il touche au quotidien des gens. La question du rôle que pourrait jouer l'Etat pour assurer une meilleure répartition des gains de la mondialisation est de plus en plus passionnément discutée.       <br />
              <br />
       L'une des propositions actuellement les plus populaires en Allemagne actuellement est l'instauration d'un salaire minimal dont le montant serait garanti par l'Etat. Si l'intégration avec la Chine conduit à la baisse du salaire des moins qualifiés, l'idée est de contrer cette tendance par une limite inférieure des salaires à ne pas dépasser. Mais c'est une grosse erreur économique : au contraire, les problèmes en seraient accrus. L'intervention dans le mécanisme des prix, contre la loi du marché &#8211; et le salaire plancher qui en résulterait - ferait naturellement monter le chômage. Il n'y a aucune contestation sur ce point chez les économistes (4). La baisse de l'activité qui en résulterait ferait baisser le revenu national, rendant d'autant plus pesant le financement du chômage. Plus le salaire minimum garanti par la loi dépasserait le salaire  naturellement fixé par le marché, plus le chômage serait élevé (et plus les indemnités de chômage seraient difficiles à maintenir), plus, aussi, on contribuerait à un chômage de longue durée, première cause du déclassement social et de la déchéance dans la nouvelle pauvreté. Et pourtant, nous savons que l'absence de salaire minimal garanti conduit, dans la mondialisation, à une baisse du salaire réel des salariés les moins qualifiés et donc à un renforcement des tensions sociales. Aurions-nous donc le choix entre la peste (du salaire minimum) et le choléra (de l'absence de salaire minimum) ?       <br />
              <br />
       Ce n'est pas sûr. Si l'Etat ne doit pas intervenir contre les forces du marché, il peut jouer un rôle redistributeur grâce à l'impôt. Plusieurs économistes envisagent un impôt négatif sur le revenu. Voici quel en serait le mécanisme : tous les salariés qui ne peuvent pas vivre des revenus de leur travail &#8211; et c'est en l'occurrence aux hommes politiques de définir ce qu'est ce niveau de revenu insuffisant &#8211; toucheraient un supplément salarial qui leur serait directement versé par l'Etat au titre de la redistribution de l'impôt sur le revenu &#8211; d'où cette notion d'impôt négatif. Le système a l'avantage de ne pas perturber les mécanismes du marché et d'agir comme une subvention salariale versée directement aux individus concernés, et non à leurs entreprises (5).        <br />
              <br />
       Ajoutons que tous les analystes sont d'accord pour souligner l'importance de l'investissement dans la formation. Plus un pays anciennement industrialisé compte de main d'&#339;uvre peu ou non qualifiée plus il est exposé à la concurrence des pays à bas salaire. Il faut donc tout faire pour augmenter le niveau de qualification de la main d'&#339;uvre. Mais bien entendu il s'agit d'investissements dont l'effet n'est sensible qu'à moyen terme.        <br />
              <br />
       On présente souvent les économistes hostiles au salaire minimum comme des gens sans c&#339;ur, indifférents aux problèmes rencontrés par les individus à bas niveau de qualification. C'est tout le contraire. C'est précisément la volonté de trouver le moyen le plus efficace de faire profiter des salariés en difficulté de l'accroissement global des richesses permis par la mondialisation qui amène ces économistes à refuser un salaire minimum garanti qui ne ferait qu'aggraver les problèmes déjà existants.        <br />
              <br />
       On assiste ces dernières années à une accélération de la mondialisation. Nous avons subi coup sur coup la fin du rideau de fer et l'irruption des pays à bas salaires. On pense à la Chine mais on pourrait aussi citer l'Ukraine ; on pourrait multiplier les exemples de pays où les salaires sont trente fois moins importants qu'en France ou en Allemagne.         <br />
              <br />
       Quels sont les effets de cette situation, en particulier sur les ouvriers et les salariés ?       <br />
       Si vous interrogez les économistes, la majorité d'entre eux vous répondront que l'ouverture de l'économie mondiale à la Chine est une bonne chose puisqu'elle va renforcer la compétitivité de nos pays à long terme. En fait nous savons bien que ce n'est qu'une partie de la réponse puisque se pose alors la question de l'absence de flexibilité de nos marchés, comme le montrent les taux de chômage. Il faut donc envisager l'envers de cette question.       <br />
              <br />
        Entre la France ou l'Allemagne et la Chine il n'existait pas de relations économiques. Brusquement, l'ouverture confronte la Chine, un pays qui a, rapporté à sa population totale, peu de capital mais une main d'&#339;uvre plus qu'abondante, à des pays comme la France ou l'Allemagne où, au contraire, les travailleurs peu qualifiés sont très minoritaires. Les Chinois ne vont pas fabriquer d'Airbus ni de TGV - en tout cas pas pour l'instant - mais des produits pour lesquels ils ont une très abondante main d'&#339;uvre peu qualifiée, bien moins payée que les salariés de nos pays. C'est là que la catastrophe se produit.       <br />
              <br />
       Devant la question de savoir si nous sortons gagnants ou pas de la mondialisation, nous nous heurtons à un dilemme : nous savons bien que, sur certains produits il faudrait, pour concurrencer la main d'&#339;uvre chinoise, que nos salaires s'effondrent. Nous pouvons nous demander si la mondialisation et l'ouverture, de ce point de vue, sont une bonne chose ou s'il ne faudrait pas au contraire que nous nous protégions.        <br />
              <br />
       Si, pour en tirer profit, nous acceptons les règles de la mondialisation, nous devons aussi accepter l'aggravation des inégalités pour dix, vingt ou trente ans, au risque, bien sûr, d'une catastrophe sociale. Si nous sommes d'accord sur ce point, j'en suis satisfait parce que l'opinion allemande ne veut pas accepter cette réalité. Pour l'instant, chez nous, le débat porte sur la question du salaire minimal, une partie de l'opinion publique y voyant le moyen de s'opposer au creusement des inégalités. En tant qu'économiste, la seule chose que je puisse vous dire c'est que laisser arriver les containers de Chine tout en instituant un salaire minimal est la pire des solutions. Si on veut un salaire minimal, il ne faut pas importer de produits chinois.        <br />
              <br />
       Mais je ne me résous pas à cette alternative. Le problème de nos entreprises étant précisément la rigidité du marché du travail, le salaire minimal n'est pas réaliste. La seule solution serait d'accepter la chute des salaires avec une compensation qui ne pèserait pas sur les entreprises mais prendrait la forme de ce que j'ai appelé un impôt négatif sur le revenu, reversé directement aux individus sacrifiés par la mondialisation pour leur permettre de vivre décemment.       <br />
              <br />
       Tout un pan du commerce extérieur échappe à ces problèmes, je pense par exemple aux relations commerciales entre la France et l'Allemagne dont les deux pays profitent.         <br />
       Il est absolument nécessaire d'identifier et de situer  les problèmes posés par l'ouverture commerciale.        <br />
       J'ai fait un exposé peut-être trop schématique mais nous aurons l'occasion d'approfondir la réflexion sur ces sujets et, à cette fin, je suis à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.       <br />
              <br />
       ---------       <br />
       1) Seidel, T. (2007), <span style="font-style:italic">The impact of globalisation with rigid labour markets</span>, Ph.D. thesis, University of Munich       <br />
       2) Krugman, Paul (1995), <span style="font-style:italic">Growing World Trade &#8211; Causes and Consequences</span>, Brookings Papers of Economic Activity 1995(1), 327-362.       <br />
       3) European Economic Advisory Group (2008), <span style="font-style:italic">The EEAG Report on the European Economy</span>, CESifo Munich       <br />
       4) Neumark et Wascher, <span style="font-style:italic">Minimum wages and employement</span>, IZA, discussion paper 2570, 2007       <br />
       5) Sinn, H.-W., Ch. Holzner, W. Meister, W. Ochel und M. Werding (2003),<span style="font-style:italic"> Welfare towork in Germany &#8211; A proposal on how to promote employment and growth</span>, CESifo Reseach Reports 1, ifo Institut für Wirtschaftsforschung, München
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Les-effets-de-la-mondialisation-sur-les-salaires-et-l-emploi-le-salaire-minimum-constitue-t-il-une-protection-_a291.html</link>
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   <title>La force des PME allemandes</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention prononcée par Claude Le Gal, Secrétaire général du Club économique franco-allemand, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931706-1154353.jpg" alt="La force des PME allemandes" title="La force des PME allemandes" />
     </div>
     <div>
      Je suis, comme l'a dit tout à l'heure Jean-Pierre Chevènement, un praticien, c'est-à-dire que je ne suis pas universitaire et que je suis peut-être le seul à ne pas avoir rédigé un exposé. Je suis particulièrement demandeur d'un dialogue, mon habitude étant plutôt de répondre à des questions.       <br />
       Mon métier consistait à observer la marche, le fonctionnement, les erreurs à ne pas commettre des entreprises françaises sur le marché allemand et, bien entendu, je ne manquais pas, par la même occasion, d'observer le tissu économique allemand.       <br />
              <br />
        Si l'Allemagne connaît aujourd'hui un excédent commercial aussi extraordinaire, c'est pour quelques raisons très claires dont beaucoup ont été déjà citées : la puissance industrielle, la force d'un certain nombre de grandes entreprises&#8230;        <br />
              <br />
       Je voudrais évoquer ce qui peut sembler une rengaine quand on parle de l'Allemagne mais qui reste très valable : c'est la présence et la puissance du mittelstand : les grosses PME allemandes constituent sans doute le fer de lance de la richesse de l'Allemagne sur les marchés extérieurs. Ces fortes PME allemandes présentent à l'évidence un certain nombre de qualités remarquables. C'est un objet de fréquentes discussions, y compris chez nos amis universitaires.        <br />
       Du point de vue du praticien, je voudrais essayer de mentionner quelques points :       <br />
              <br />
       Je commencerai par une anecdote vécue. Lorsque j'étais en poste en Allemagne on m'a conseillé d'aller voir Monsieur Andréas Stihl. Tout le monde connaît les fameuses tronçonneuses Stihl. Je suis allé à Waiblingen, à côté de Stuttgart, pour rencontrer ce Monsieur qui m'a beaucoup impressionné. Il m'a fait visiter son usine et m'a ensuite expliqué sa stratégie commerciale. Il était très content du marché français mais encore plus du marché japonais.       <br />
       Comme je lui demandais comment il agissait sur le marché japonais il me répondit : « C'est extrêmement simple. Je suis d'abord allé sur le marché japonais pour exporter mes tronçonneuses et, après avoir beaucoup cherché, j'ai fini par trouver un représentant. Au bout de quelques années, ce représentant avait quelques difficultés financières, il a fait appel à moi et j'ai accepté de lui apporter un certain appui financier. ».        <br />
       - Vous avez donc pris une petite participation sous forme d'investissement chez votre représentant ?        <br />
        - Oui, Monsieur&#8230; Puis, au bout de quelques années, mon représentant rencontrant de très grosses difficultés &#8211; le père était décédé, le fils ne voulait pas reprendre l'affaire &#8211; nous avons finalement décidé de racheter notre représentant au Japon. Aujourd'hui nous avons un représentant au Japon qui est à nous.        <br />
       - Combien de temps tout cela a-t-il pris ?       <br />
       C'est alors, que, le visage figé, Monsieur Andréas Stihl, me répondit : « Trente-deux ans »       <br />
       Ceci illustre l'une des qualités, peut-être « la » qualité première que j'ai cru déceler dans la richesse de l'entreprise allemande sur les marchés extérieurs, c'est la ténacité.       <br />
              <br />
       Il n'y a pas que cela. Si vous connaissez un peu l'Allemagne, vous  avez sans doute observé que les entreprises du mittelstand qui réussissent sont en général celles qui ne cherchent pas à aborder beaucoup de sujets à la fois, beaucoup de produits à la fois, beaucoup de services à la fois mais « une » prestation, « un » produit sur lequel elles ambitionnent le premier rang mondial.        <br />
       C'est ce que nous appelons la stratégie de « niche ». A cela s'ajoute une organisation de l'entreprise et de sa logistique souvent exceptionnelle.        <br />
              <br />
       Je crois qu'un autre point remarquable de l'Allemagne est l'attachement à l'entreprise tant du personnel que du responsable (souvent, familialement parlant, reconduit de période en période).       <br />
              <br />
       Je voudrais enfin évoquer un point qui peut susciter un débat : il me semble que les entreprises allemandes maîtrisent le risque mieux que les entreprises françaises. A l'inverse, j'ai toujours pensé que les entreprises françaises étaient plus audacieuses et prenaient beaucoup plus de risques que les entreprises allemandes parce qu'elles ont une plus grande versatilité, qu'elles cherchent un court-termisme alors qu'en Allemagne les grosses PME jouent sur une niche qui au bout d'un moment, devient « leur » domaine.        <br />
              <br />
       Enfin, pendant des années, on m'a dit d'apprendre à mes visiteurs d'entreprises à « saisir les opportunités ». C'est la plus grande bêtise que j'aie jamais entendue. On ne « saisit » pas les opportunités, on les prépare, on les cherche et on les construit.        <br />
              <br />
        Ce sont ces atouts qui permettent à une entreprise allemande d'un certain niveau de se construire une stratégie à long terme.         <br />
              <br />
       La richesse extérieure de la République fédérale allemande, grâce à ses entreprises, n'est pas près de se tarir. C'est cette constatation qui nous a amenés à créer à Paris un club économique franco-allemand - que Jean-Pierre Chevènement a eu la gentillesse de citer - qui réunit deux cents entreprises françaises et allemandes  dans une quasi parité, dans l'objectif de mieux comprendre, par le dialogue, les façons d'aborder la richesse internationale.       <br />
        Je vous remercie.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
   <photo:imgsrc>http://www.fondation-res-publica.org/photo/imagette-931706-1154353.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.fondation-res-publica.org/La-force-des-PME-allemandes_a292.html</link>
  </item>
  <item>
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   <title>Cessons de nous lamenter !</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:13:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention prononcée par François David, Président de la Coface, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.fondation-res-publica.org/photo/931715-1154361.jpg" alt="Cessons de nous lamenter !" title="Cessons de nous lamenter !" />
     </div>
     <div>
      Je dirige une entreprise, la Coface, qui emploie 7000 personnes. Elle couvre les exportateurs contre le risque de non-paiement : nous garantissons chaque année aux alentours de 500 milliards d'euros de transactions dans le monde. Nous sommes présents dans 64 pays.       <br />
       Je vais aller complètement à contre-courant de ce qui vient d'être dit à cette table, veuillez m'en excuser.        <br />
              <br />
       Nous avons en France une tradition bien ancrée : celle de l'auto-flagellation et une habitude : celle de nous couvrir la tête de cendre en répétant : « Nous sommes mauvais, les autres sont meilleurs que nous ».        <br />
       Ceci s'avère chaque mois à l'occasion de la publication du solde commercial français : <span style="font-style:italic">« 150 milliards d'excédents en Allemagne, 40 milliards de déficit en France »</span>, nous serinent les journaux, sous-entendu : il y a les champions&#8230; et il y a les nuls !       <br />
              <br />
       Je vais vous dire mon sentiment sur ce sujet.       <br />
       L'année dernière notre déficit s'élevait à 40 milliards d'euros. La presse française unanime a parlé de <span style="font-style:italic">« déficit abyssal&#8230; On va dans le mur &#8230; C'est la preuve que notre compétitivité est en perte de vitesse »</span>. Au même moment (Jean-Pierre Chevènement y a fait allusion), la Grande-Bretagne avait 120 milliards d'euros de déficit : pas une ligne dans le <span style="font-style:italic">Financial Time</span>s !  Aucune conséquence sur la Livre sterling ! Le déficit espagnol était de 120 milliards : pas une ligne dans ABC ! Aucune conséquence économique ou financière notable ! Or ces deux pays ont un commerce extérieur bien inférieur au nôtre.       <br />
              <br />
       Pourquoi ?        <br />
       Aujourd'hui la notion de déficit commercial n'a plus aucune signification économique :        <br />
       Le déficit commercial mesure les importations qui dépendent de la croissance en France aux exportations qui dépendent de la croissance chez les autres : deux flux qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre. Le résultat, positif ou négatif, n'a pas de signification.       <br />
       D'autre part, le déficit commercial exclut les services. Or la France est parmi les plus grands exportateurs de services du monde.       <br />
       Il exclut aussi les investissements à l'étranger. Or, ceux parmi vous qui, comme moi, sont chefs d'entreprises savent bien qu'aujourd'hui l'exportation est un aspect mineur de la stratégie internationale des entreprises. Claude Le Gal y a fait allusion à l'instant en parlant de cet Allemand qui s'est progressivement implanté à l'étranger. Aujourd'hui, l'expansion internationale c'est l'investissement à l'étranger.        <br />
       Donc, parler du déficit commercial, isoler cette donnée pour parler de la compétitivité d'une économie n'a plus aucun sens, d'autant plus que l'industrie en France ne représente que 20% du PNB. Tout ceci appartient au passé mais les journalistes français, un peu paresseux, mois après mois, reprennent la même antienne : <span style="font-style:italic">« à nouveau un déficit abyssal »</span>,  ajoutant : <span style="font-style:italic">« au lieu de  27 Airbus, nous n'en avons exporté que 22 »</span>. Je vous rappelle que les Airbus représentent 3% de nos exportations, c'est infinitésimal.       <br />
       Le déficit commercial n'a donc plus de sens.       <br />
              <br />
       Imaginons que le déficit commercial ait un sens, imaginons que l'exportation soit significative. Sommes-nous de mauvais exportateurs ?        <br />
       Pour mesurer notre performance à l'exportation par rapport à celle de nos concurrents, un seul chiffre est intéressant, c'est l'exportation par habitant qui gomme la différence entre grands et petits pays.  Au regard des exportations par habitant, parmi les grands pays de l'OCDE, le premier est l'Allemagne, le deuxième est la France. Un Français exporte 60% de plus qu'un Américain, 40% de plus qu'un Japonais, 35% de plus qu'un Espagnol ou un Italien. Nous sommes de grands exportateurs.        <br />
              <br />
       On prétend que nous perdons des parts de marché à l'exportation. Pourquoi sommes-nous passés de 6% de parts de marché mondial à 4,5% ?        <br />
       La Chine, en entrant dans l'OCDE, a pris des parts de marché à tout le monde. Tous les pays sauf la Chine ont perdu des parts de marché en dix ans.         <br />
              <br />
       Je reproche aux analystes d'isoler un seul pays, l'Allemagne, champion mondial de l'exportation et d'en faire l'unique point de comparaison. Pourquoi ne nous compare-t-on pas aux autres pays comparables ? Pourquoi ne dit-on pas que l'an dernier nous avons exporté plus que jamais ?        <br />
       Nous sommes présents partout dans le monde, nous sommes bien meilleurs que l'Angleterre, l'Espagne, le Japon, les Etats-Unis&#8230; Or on ne parle que du fait que l'Allemagne est meilleure que nous ! J'ose une comparaison sportive : pendant de longues années on nous dit : <span style="font-style:italic">« Gasquet est un nul, Nadal a gagné Roland Garros&#8230; »</span> Mais Nadal est une exception, on ne dit pas que Gasquet bat tous les joueurs de son âge, on préfère le comparer au meilleur.        <br />
       Cessons donc d'étalonner nos performances uniquement sur le meilleur.       <br />
       C'est le premier point que je voulais développer, de manière peut-être un peu décapante       <br />
              <br />
       Tout cela serait dû au fait que « nous ne sommes pas compétitifs ».        <br />
       Il faut bien regarder cette notion-clef qu'est la compétitivité.       <br />
              <br />
       Au regard de la compétitivité/prix, selon les statistiques de l'OCDE, depuis l'an 2000 jusqu'à maintenant, nous sommes exactement au même niveau que les Allemands. Notre compétitivité/prix ne s'est pas dégradée par rapport à l'Allemagne et nous sommes meilleurs que les Italiens ou les Espagnols.       <br />
              <br />
        La compétitivité hors prix dépend notamment de la qualité des produits. Notre collègue du CNRS a fait allusion à l'admirable haute technologie allemande. L'OCDE a calculé la technologie comparée de la France et de l'Allemagne en faisant quatre catégories : très haute technologie, haute, moyenne et basse technologies. Si on compare technologiquement les exportations françaises et les exportations allemandes, nous sommes meilleurs que les Allemands en très haute technologie, ils sont meilleurs que nous en moyenne technologie, nous sommes meilleurs qu'eux en basse technologie (la basse technologie n'a rien de honteux, c'est, par exemple, exporter du blé).        <br />
       Dans dix ans, quand Jean-Pierre Chevènement nous réunira à nouveau ici, nous pourrons nous interroger sur l'avenir de la moyenne technologie allemande face à la concurrence chinoise. Les Allemands sont aujourd'hui les champions en matière de biens d'équipement, en machines-outils, en voitures. Mais les Coréens sont déjà arrivés sur le marché automobile, les Chinois seront là dans dix ans. En ce qui concerne la moyenne technologie (biens d'équipement, machines-outils), dans dix ans, qui peut dire comment se situera l'industrie allemande par rapport à l'industrie chinoise ?        <br />
       En revanche, en très haute technologie, il faudra plus de dix ans. Les Russes fabriquent des avions depuis cinquante ans, ils n'ont jamais vendu un avion à une compagnie internationale. Les Chinois se disent prêts à fabriquer des avions. Pour le moment ils fabriquent des morceaux de portes de l'A320. Il leur faudra plus de trente ans pour arriver à ce niveau.         <br />
       Puisque nous nous battons à technologies comparées, la meilleure stratégie, pour asseoir notre économie et pour garantir son avenir, c'est d'être les meilleurs en haute technologie.       <br />
              <br />
       Peut-on pour autant dire que tout va bien ?       <br />
       Evidemment non. Je préfèrerais que nous ayons un excédent commercial, non pas pour des raisons de comparaison de compétitivité mais parce que le déficit commercial ampute la croissance de 0,1, 0,2 ou 0,3% de PNB. Donc, si la croissance souffre du déficit, en termes de comparaison de compétitivité, la notion de déficit commercial n'a plus de sens.       <br />
              <br />
       Comment transformer notre déficit en excédent ?       <br />
       Claude Le Gal, et d'autres à cette table, l'ont très bien dit : nous avons de très grosses entreprises (CAC  40 élargi) qui exportent massivement et investissent à l'étranger. Mais nous avons un tissu de trop petites PME. Une PME de 50 personnes qui voudrait attaquer le marché chinois devrait  pour cela distraire dix personnes pendant un an, c'est injouable. Une entreprise de 500 salariés peut distraire dix personnes pour attaquer le marché chinois. Il faut donc que nos PME grossissent. Or un certain nombre de PME ne souhaitent pas grossir, d'autres le veulent mais se heurtent à l'effet de seuil, aux effets de transmission de patrimoine, aux effets fiscaux, aux effets URSAFF etc. Tous nos efforts, aujourd'hui comme hier, doivent viser à permettre aux PME de grossir, c'est le vrai et seul sujet de l'économie française. Avec de grosses PME, plus de problèmes de chômage, plus de problème de commerce déficitaire.        <br />
       Le vrai sujet est là. Mais une fois qu'on l'a identifié, encore faut-il trouver les solutions. Il faudrait un autre colloque pour en traiter.       <br />
              <br />
       Le message est : arrêtez de vous joindre aux lamentations des journalistes  à propos de notre commerce extérieur « encore déficitaire » ! Le mois prochain, dans <span style="font-style:italic">Les Echo</span>s, Claude Fouquet écrira : « Encore un déficit abyssal. » Cela n'a aucune importance, aucune signification.        <br />
       En revanche, ce qui est sérieux et inquiétant c'est que ce déficit nous retire 0,1 ou 0,2 ou 0,3 points de croissance.        <br />
        Veuillez m'excuser, Monsieur le ministre, d'avoir fait entendre une voix un peu discordante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
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   <link>http://www.fondation-res-publica.org/Cessons-de-nous-lamenter-!_a293.html</link>
  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.fondation-res-publica.org,2008:rss-932013</guid>
   <title>Annexe</title>
   <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 23:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Fondation Res Publica</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Interventions]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Données statistiques.
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Sur le commerce extérieur allemand (onze premiers mois 2006-2007) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2006 (janv-nov. 11 premiers mois) en milliards d'euros </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2007 (janv-nov. 11 premiers mois) en milliards d'euros       <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Exportations totales</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 819,6</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 895,7       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Importations totales</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 671,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 709,9       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Solde commercial</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 148,2</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 185,8       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Solde courant (avec les services, etc.)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 98,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 144,9       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Répartition géographique par zones en milliards d'euros (onze premiers mois 2007) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       Exportations</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Importations</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">        <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Totales</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 895,7 (+ 9,3%)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> Totales</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 709 (+5,7%)       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Sur pays UE</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 580,8 (+11,8% 2006)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> des pays UE</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 465 (+ 9,8%)       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Sur Eurozone</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 383,9 (+10,8 %  2006)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> des pays Eurozone</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 322  (+ 9 %)       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       UE hors Eurozone</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 197   (+ 13,7%  2006)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Sur Pays tiers</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 314,19 (+4,9% 2006)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> des pays tiers</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 244,9 (- 1,2%)       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
              <br />
       On voit que les exports croissent plus que les imports (+ 9,3 % contre + 5,7 %) ; les pays de l'Union européenne représentent environ les deux tiers des exportations allemandes ; ceux de l'eurozone plus de 40 %.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Performances à l'exportation (ramenées au mois) des différents pays :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">        </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2005 annuel</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2006 annuel</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2007</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">        <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">        </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 1er trimestre</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2ème trimestre</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 3èmetrimestre       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Allemagne</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 80,83</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 93,23</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 104,0</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 107</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 113       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Chine</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 63,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 80,78</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 98,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 105,9       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Etats-Unis</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 75,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 86,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 90,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 93,1</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 99,3       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Japon</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 56,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 57,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 60,4       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       France</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 38,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 44,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">        <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Royaume Uni</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 32,15</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 37,6</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 35,18</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 35,95</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 37,46       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Italie</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 31</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 34,2</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 38,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 40,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41,9       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      I<span class="u">mportations (ramenées au mois) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">        </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2005</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2006</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> 2007</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">        <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">        </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 1er trimestre</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2ème trimestre</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 3ème trimestre       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Etats-Unis</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 139,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 159,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 157</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 161,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 165,8       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Zone euro</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 126,8</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 146,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 157,6</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 161,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 170,8       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Allemagne</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 64,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 76,75</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 83,6</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 86,6</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 89,3       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Chine</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 55</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 66</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 73,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 75,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 82,5       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Japon</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 48,1</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 48,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 52       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       France</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 42</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 45,1</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 48</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 50</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 52,5       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Royaume Uni</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 46,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 50</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 53       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Italie</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 32</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 36,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 40</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Solde par produit de la balance commerciale allemande (2006) (en milliards d'euros) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Imports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Exports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Solde       <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Produits chimiques (col 24)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 83,8</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 119,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 36       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Machines (col 29)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 52,8</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 129,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 78       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Automobiles et véhicules lourds (col 34)</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 73,2</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 166,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 93       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">En comparaison les soldes français sont :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Imports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Exports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Solde       <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Produits chimiques</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> ND</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> ND</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> ND       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Machines</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 113</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 107,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 6       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Automobiles et véhicules lourds</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 52,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 9,54 (soit 10% solde allemand)       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Soldes de la balance commerciale allemande par pays (en milliards d'euros) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Imports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Exports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Soldes       <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       France</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 62,1</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 85</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 23       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Etats-Unis</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49,1</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 77,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 28       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Chine</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 27,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> - 22       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Italie</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 59,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 18       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Royaume-Uni</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 40,8</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 64,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 24       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Pays Bas</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 60,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 56,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> - 4       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Autriche</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 30,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 49,5</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 19       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Belgique</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 33,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 46,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 13       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Espagne</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 19,8</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 41,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 22       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Suisse</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 25,2</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 34,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 9       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Pologne</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 21</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 29</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> + 8       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Russie</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 30</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 23,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> - 7       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Par comparaison le commerce extérieur français (en milliards d'euros) :</span>       <br />
              <br />
       <table style="width: 400px;border-spacing: 1px;background-color: black;" class="texte">
      	 <tr>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Imports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> </th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;"> Exports</th>
      		 <th style="background-color: #FFFFFF;">       <br /></th>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       </td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2000</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2006</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2000</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 2006       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Total</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 398,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 503,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 411,7</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 477       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Dont produits industrie</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 317</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 386</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 329</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 424       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Automobile</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43,3</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 52,9</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 34,2</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 43,4       <br /></td>
      	 </tr>
      	 <tr>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;">       Biens d'équipement</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 85,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 107,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 77,4</td>
      		 <td style="padding: ;background-color: white;"> 113,3       <br /></td>
      	 </tr>
       </table>       <br />
           