<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.fondation-res-publica.org/xml/atom.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.fondation-res-publica.org/xml/atom.css" type="text/css" media="screen"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Fondation Res Publica | Think tank</title>
 <subtitle><![CDATA[Fondation de recherche reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005 : République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations. Président: Jean-Pierre Chevènement.]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.fondation-res-publica.org" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="http://www.fondation-res-publica.org/xml/atom.xml" />
 <id>http://www.fondation-res-publica.org/</id>
 <updated>2013-05-24T01:31:54+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.8666649</geo:lat>
  <geo:long>2.3333333</geo:long>
  <icon>http://www.fondation-res-publica.org/favicon.ico</icon>
  <logo>http://www.fondation-res-publica.org/var/style/logo.jpg</logo>
  <entry>
   <title>Peut-on récupérer l'argent des dictateurs déchus?</title>
   <updated>2011-06-10T11:22:00+02:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Peut-on-recuperer-l-argent-des-dictateurs-dechus_a557.html</id>
   <category term="Notes et Etudes de la Fondation Res Publica" />
   <published>2011-05-19T12:52:00+02:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Par Pierre Conesa, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica. Le magazine américain Forbes estime qu’en 23 ans, la fortune des Ben-Ali Trabelsi atteindrait 5 à 10 milliards d’euros soit un an et demi à trois ans de revenus touristiques du pays, celle des Moubarak entre 40 et 70 milliards d’euros, soit 3 à 6 ans de rentrées touristiques. Les nouvelles démocraties ont engagé des procédures à fort enjeu politique. Restituer l’argent volé est l’aide la plus immédiate que peuvent leur fournir les démocraties du Nord qui n’ont plus les moyens d’un Plan Marshall.     <div>
      Le dispositif juridique international a organisé le droit de restitution. La convention de l’OCDE contre la corruption d’agents publics étrangers, signée en 1997, fut un premier pas. La Convention de l’ONU dite de Mérida de 2003 fait du recouvrement et de la restitution des avoirs nés d’activités illégales (grande criminalité, corruption, drogues) un principe de droit international et introduit la notion de « Personne Politiquement Exposée » qui doit servir aux acteurs financiers pour demander l’origine des fonds et alerter les organismes de surveillance comme le Groupe d'action financière (GAFI) créé en 1987 qui aide à concevoir des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La 3ème directive européenne du 15 décembre 2007 impose une « déclaration de soupçon » aux institutions financières et intermédiaires divers sur des opérations de « personnes politiquement exposées ». Les banques françaises ont fait près de 40 000 signalements à Tracfin, l’organisme français chargé de la lutte contre l’argent sale. Le G8 et le G20 martèlent depuis bientôt dix ans la volonté de lutter contre la corruption et pour le rapatriement des biens mal acquis. Mais le bilan est maigre. Une nouvelle volonté semble exister puisque l’ONU, l’UE puis la France ont décidé en Novembre 2010 de sanctions avec gel des avoirs de Ben Ali, de Moubarak et de Gbagbo qui ont perdu leur immunité de chefs d’Etats.       <br />
              <br />
       <b>Les trois principales difficultés : recenser, agir en justice, restituer</b>       <br />
       L’incertitude sur l’étendue des fortunes est grande, celle des Ben Ali serait dispersée entre l’Argentine, Dubaï, Malte et la France et seuls les biens les plus facilement identifiables sont recensés. Certaines places <span style="font-style:italic">off shore</span> du Moyen Orient sont peu coopératives. Certaines juridictions anglo-saxonnes (comme le Delaware aux Etats-Unis) cachent l’identité des actionnaires de fondations. L’Union européenne qui a fait des efforts, reste encore aujourd’hui l’espace économique qui contient le plus de paradis fiscaux en son sein. La quinzaine de voies de recours administratifs et judiciaires du Liechtenstein pour freiner les investigations, l’absence de convention signée de Monaco avec l’Italie, les différentes places financières relevant de Londres (City, Iles anglo-normandes, Gibraltar…), les obstacles sont nombreux !       <br />
              <br />
       Longtemps les pays refuges se contentaient de rabrouer les gouvernements qui réclamaient l’argent volé, s’ils ne prouvaient pas l’origine frauduleuse des fonds. Les Éthiopiens n’ont pas touché un dollar de l’argent du Négus ni les Iraniens de celui du Shah. Dans l’affaire des avoirs d’Abacha, Paris a refusé en 2006, d’accéder à une demande du Nigeria parce qu’elle n’était pas rédigée en Français.        <br />
              <br />
       Dans une décision révolutionnaire récente, le Tribunal fédéral suisse a appliqué à la famille Abacha la norme pénale des organisations criminelles, qui oblige les propriétaires à prouver l’origine légale des fonds. La « Loi Duvalier » de février 2011, née de cette jurisprudence, qui autorise en plus le gel de tous les avoirs illicites placés dans les banques suisses, par l’autorité administrative et pas seulement judiciaire, doit permettre la restitution à Haïti de quelque 5,7 millions de dollars. L’absence de traité d’entraide judiciaire entre Haïti et la Suisse aurait conduit à une situation paradoxale. En droit, l’argent aurait dû revenir à Baby Doc. La nouvelle loi prend le contre-pied et impose la restitution aux habitants d’Haïti par le biais de programmes de développement.       <br />
              <br />
       Pour récupérer des avoirs, il faut qu’un juge désigne le nouveau propriétaire. En juillet 1991, trois propriétés de Bokassa ont été vendues aux enchères, mais c’est la <span style="font-style:italic">First Curaçao International Bank</span>, détentrice d’une créance de 3,3 millions de francs français envers la République centrafricaine, qui a raflé la mise. La France est désormais en mesure de reverser la totalité des avoirs confisqués à l’État spolié par la décision cadre de l’Union européenne et surtout par la loi Warsmann (Mai 2010) qui permet la saisie les biens avant l’issue de la procédure pénale. Au cours des 15 dernières années, la Suisse a restitué aux Etats concernés plus de 1,7 milliards de francs suisses déposés par des potentats. La France entravée par les mauvaises habitudes d’hier, est encore très en retard. Mais la décision de la chambr...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Peut-on-recuperer-l-argent-des-dictateurs-dechus_a557.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Où va l'Afrique ?</title>
   <updated>2008-11-08T10:18:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique_a178.html</id>
   <category term="Programmes des colloques de la Fondation Res Publica" />
   <published>2006-10-30T18:06:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Colloque du lundi 30 octobre 2006 à 18 h au Palais du Luxembourg, salle Clémenceau, 15 ter rue de Vaugirard 75006 Paris (présenter une pièce d'identité à l'entrée). Entrée libre sous réserve de votre inscription à info@fondation-res-publica.org. Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes.     <div>
      Consulter le plan d'accès à la salle Monnerville sur le site <a class="link" href="http://www.mappy.com/1/c/bl/user=pji;uri=Jl/0YEJJ5rEyINkHdwCV+JtlDqmHP3zl8D+fl4Pf1iN5a3Tu1Z3EawxuS5Iod6XwTPHGErCgIj2WtmJqpav2L0Ues2mlKi/YgJz4x14dGTBtcQUXVmavxAKfjkYIt3RmWhq1aPP9h8C6YsBB8PalIG7xCiPoJ74RuP4Ef2Pnw8/ZUonHpJ93QWdffLGOBKXkUZglTAmpjh3goViSg3gPpQorkTH7aUtU+pZVibE7ReafpWLivjtI/T+5GclOEBzk8zWFx353PEaYlThT2ubVhiPNpiri8SxnhdIGswMUFw2nfvvGD2kHAqtB2LnttQXNw0YhuhNgYyBDM0VBMEI=">mappy.com </a>       <br />
              <br />
       avec :       <br />
       <ul class="list"><li> Moktar Ouane, ministre des affaires étrangères du Mali       
       </li></ul><ul class="list"><li> Jean-Christophe Belliard, conseiller « Afrique » de Javier Solana, Haut Représentant de l’Union européenne pour la PESC       
       </li></ul><ul class="list"><li> Pierre Jacquet, directeur de la stratégie à l’Agence française de développement       
       </li></ul><ul class="list"><li> Calixthe Beyala, écrivain, grand prix du roman de l'Académe française       
       </li></ul><ul class="list"><li> Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Démographie, développement, insertion dans la mondialisation, sécurité et résolution des conflits, immigration de la misère : l'avenir de l'Afrique est en question.       <br />
       Quels sont ses atouts, quelles sont ses perspectives ? Quels risques fait peser une mondialisation sans contrôle sur le destin des peuples d'Afrique ?       <br />
       Comment penser le co-développement ?       <br />
       Quel peut être le rôle de la France et de l'Europe vis-à-vis du continent noir, en raison des responsabilités particulières qui sont les nôtres ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique_a178.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>A nos portes mais loin de nos pensées</title>
   <updated>2008-11-08T10:25:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/A-nos-portes-mais-loin-de-nos-pensees_a201.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T17:40:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      Monsieur le ministre, Mesdames, Messieurs, chers amis, bonsoir. Le colloque de la Fondation Res Publica a ce soir un intitulé très général : « Où va l’Afrique ? » Mais c’est un exercice tellement difficile qu’il va, d’une certaine manière, nous obliger à être synthétiques.       <br />
       Autour de moi :        <br />
       Monsieur Moctar Ouane,  ministre des Affaires étrangères du Mali ;        <br />
       Madame Calixthe Beyala, écrivain, Grand prix du roman de l’Académie française et Grand prix de l’UNICEF. Je ne peux pas énumérer toutes les œuvres de Madame Beyala : <span style="font-style:italic">« La plantation »</span>, <span style="font-style:italic">« Les honneurs perdus », « Comment cuisiner son mari à l’africaine »</span>  [J’ai été très intéressé par cette formule : elle m’a précisé qu’elle était très gourmande], <span style="font-style:italic">« C’est le soleil qui m’a brûlée »</span> et beaucoup d’autres.        <br />
       Monsieur Pierre Jacquet est le directeur de la stratégie à l’Agence française de développement ;        <br />
       Monsieur Jean-Christophe Belliard est le conseiller « Afrique »  de Monsieur Javier Solana, Haut Représentant de l’Union européenne pour la PESC.       <br />
              <br />
       Je ne vais pas vous infliger un trop long discours. Mes propos liminaires ont essentiellement pour but de lancer le débat, non de le clore.       <br />
       Pour introduire ce débat où chaque intervenant s’exprimera avant que ne débute l’échange avec la salle, je dirai que l’Afrique est à nos portes mais qu’elle est loin de nos pensées.       <br />
              <br />
       L’Afrique est à nos portes ; à celles de la France, à celles de l’Union européenne. Un court détroit : Gibraltar, un bref bras de mer au sud de Malte et c’est l’Afrique.       <br />
       Elle est pour l’essentiel à notre heure, j’entends notre rythme horaire, ce qui est beaucoup pour les échanges, les communications, les voyages. Il est dix heures à Paris comme au Cap, en Afrique du Sud. Point de ces calculs où l’on se perd, de  ce sentiment fort d’éloignement, de dépaysement qui nous saisit à Tokyo, à New York, à huit ou six heures de décalage horaire de la France.       <br />
              <br />
       L’Afrique – les Africains – sont présents parmi nous. Voyez nos grandes villes, les foules. Et pourtant l’impression s’impose : l’Afrique est loin de nos pensées, de nos préoccupations, réflexions, peut-être  de nos amitiés.       <br />
       Assurément il y a ces photos de Boat people – émigrants. Mais il n’y a pas de Marine humanitaire – rappelez-vous <span style="font-style:italic">« L’Ile de Lumière »</span> au sud de l’Asie, dans les années 80 – rien de tel pour les recueillir. Assurément il y a ces pages de journaux, assez régulières, sur les victimes de ces tentatives d’émigration et puis, par extension, sur les calamités qui frappent l’Afrique : désastres naturels, sécheresse, épidémies, conflits inter-étatiques, inter-ethniques, inter-religieux, crises de régimes, atteintes aux droits de l’homme. Assurément, mais par intermittence.       <br />
       Survolez les manchettes de notre presse, recensez les journaux télévisés, les « émissions spéciales » sur une longue période, six mois, un an. Et la conclusion est sans appel : Nombrilisme d’abord, questions hexagonales et européennes. Puis relations avec le grand frère transatlantique et donc méditations à n’en plus finir sur les Etats-Unis, leurs pompes, leurs œuvres. Res Publica n’y manque pas elle-même.       <br />
       Puis l’exotisme si l’on ose dire : la délibération elle-même interminable sur le Proche Orient, ses problèmes ancestraux, et le fameux choc ou non des cultures.        <br />
              <br />
       Enfin, pour être dynamique, prospectif, la spéculation sur l’avenir, l’émergence des géants, Chine, Inde, Brésil, etc.       <br />
       Faites enfin, pour revenir sur terre, votre marché : café du Brésil, lait du Middlewest, huile de même provenance, bois de Finlande, cotonnades d’Ouzbékistan…       <br />
              <br />
       Et l’Afrique, dans tout cela ? L’Afrique est très présente à New York, à cet excellent Conseil de sécurité dont nous sommes si friands. 60 à 70% de son ordre du jour sont occupés par les problèmes africains. Deux tiers, par dizaines de milliers, des soldats du maintien de la paix sont assignés à l’Afrique. Mais notre compatriote M. Jean-Marie Guehenno qui dirige ces opérations aux Nations Unies, n’en a pas convaincu les Français… Les problèmes, les maladies, les crises sont bel et bien en Afrique. Et tous les beaux discours que l’on peut faire sur les progrès du Droit, de la raison, de la justice, du bien-être, ne valent rien si l’on tourne le dos à un continent en difficulté, ou –version plus équilibrée- aux difficultés d’un continent. Il y a une contradiction entre l’Afrique et le discours humaniste. Cette contradiction est-elle insoluble ?       <br />
              <br />
       Mais les richesses sont peut-être aussi en Afrique. Energie d’abord : pétrole, charbon, soleil certainement, minéraux, matières premières végétales.        <br />
              <br />
       Hommes enfin, s’ils peuvent se consacrer à leur pays au lieu de le fuir  (problème encore !). L’Afrique est un paquebot démographique. Huit cent millions d’habitants aujourd’hui, deux fois plus sans doute avant 2050. Certains parlent de rattrapage mais on peut se demander si la transition démographique est véritablement amorcée, s’i...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/A-nos-portes-mais-loin-de-nos-pensees_a201.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Où va l’Afrique ? Une perspective africaine</title>
   <updated>2008-11-08T10:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique-Une-perspective-africaine_a202.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T17:30:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      Merci, Monsieur le Président.       <br />
       Je voudrais dire tout le plaisir, et en même temps le grand honneur qui est le mien, de participer à ce vingtième colloque de la Fondation Res Publica sur le thème : « Où va l’Afrique ? »       <br />
               <br />
       Je souhaite avant tout remercier Monsieur le Président Jean-Pierre Chevènement pour son invitation et féliciter le conseil scientifique de la Fondation Res Publica d’avoir eu l’initiative d’organiser un tel colloque.       <br />
               <br />
        Monsieur Chevènement, avec sa rigueur habituelle et beaucoup d’à propos, a posé les questions essentielles qui sont, chacun en convient, d’ordre  politique, économique et institutionnel.       <br />
       Engager une réflexion sur ces questions,  qui reflètent, au demeurant, les défis auxquels l’Afrique est confrontée, n’est-ce pas tenter d’examiner comment il serait souhaitable d’y apporter des réponses adéquates ? Telle sera donc la perspective de cette réflexion à haute voix qui, si vous le permettez, s’articulera sur une conviction et quelques pistes de réflexion.       <br />
       D’abord, la conviction. C’est pour souligner qu’une autre Afrique est possible, une Afrique nouvelle, consciente de ses atouts et de ses faiblesses et déterminée à s’extraire du carcan du sous-développement et de la marginalisation pour s’engager résolument dans la voie de la croissance et du développement durable. Participent de cette dynamique la création de l’Union africaine (1), l’adoption d’un Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad)  et la mise en place d’un mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Ces initiatives m’apparaissent essentielles. Les perspectives positives qui en résultent ainsi que le fort potentiel de progrès durable s’appuyant sur l’initiative et la responsabilité propre des pays africains sont, en effet, encourageants et méritent, à mes yeux, d’être pleinement soutenus, contribuant  ainsi à permettre à l’Afrique de prendre la place qui lui revient au sein de la communauté internationale.       <br />
       Mais alors, que faire ?       <br />
              <br />
       Je crois qu’il faut, d’abord, comme l’a souligné tout à l’heure le Président Chevènement, s’intéresser davantage à l’Afrique. Et pas seulement à cause de ses ressources qui sont considérables, cela a été rappelé tout à l’heure : 10% des ressources minérales du monde, de l’or, du diamant, du fer, de l’aluminium, du cobalt et j’en passe. C’est aussi un tiers du capital hydroélectrique du monde. C’est également 10% des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel  [je rappelle au passage que l’Angola a fourni en 2004 près de 10% des importations de pétrole des Etats-Unis]. Mais il y a aussi la population africaine dont le rythme de croissance est impressionnant, le Président Chevènement l’a rappelé : nous serons à peu près 1 milliard 500 millions en 2050 lorsqu’en Europe vous ne serez que 600 millions. On peut, en effet, se demander si, dans ce cas,  l’Afrique se déverserait sur l’Europe ? Et pourquoi faudrait-il que ce fût sur l’Europe plutôt que sur le Moyen Orient ou l’Amérique ? J’ajouterais, pour ma part que se désintéresser de l’Afrique serait aussi une faute politique majeure pour l’Europe dont les pays pourraient alors en  subir les effets boomerang, notamment  en matière de santé, d’immigration  (l’actualité brûlante nous renvoie régulièrement en écho les clichés de Ceuta et Melilla) ou sécuritaire avec la propagation de l’intégrisme islamiste (notamment à travers  la bande sahélo-saharienne   dont une bonne partie de mon pays, le Mali, pourrait constituer le ventre mou et occasionner ainsi le déferlement sur un certain nombre de pays jusques et y compris l’Europe !).       <br />
              <br />
       Mais,  s’intéresser à l’Afrique, c’est aussi un devoir pour l’Occident qui, me semble-t-il, n’a jamais pris la mesure complète du tort causé à l’Afrique du fait de l’esclavage et du colonialisme…       <br />
       Répondre à la question « où va l’Afrique ? », c’est, ensuite, fondamentalement, repenser la problématique du développement du continent.        <br />
              <br />
       Cette exigence repose sur l’idée que l’Afrique ne saurait, sans grand danger, rester isolée dans sa misère et que son décollage constitue,  dès lors, une nécessité mondiale. S’il est vrai que, des décennies durant, les volumes de l’aide  - tant publique que privée - ont été importants,  il reste que la question se pose de savoir si les objectifs donnés à cette aide, les formes qu’elle a prises et les procédures qui l’ont régie jusqu’ici ont été ou non pertinents. On pourrait, à cet égard, se réjouir de l’adoption de la Déclaration dite de Paris sur la réforme et l’efficacité de l’aide aux termes de laquelle il apparaît clairement, comme l’a  remarqué un observateur averti de ces questions, que, mieux orientée qu’elle ne l’est actuellement, l’aide peut jouer un rôle décisif par le desserrement de certains freins et l’encouragement  d’axes de développement plus porteurs. Autrement dit, il doit aujourd’hui être acquis que la responsabilité première du développement d...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique-Une-perspective-africaine_a202.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pour une lecture positive de la situation politique de l'Afrique</title>
   <updated>2008-11-08T10:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Pour-une-lecture-positive-de-la-situation-politique-de-l-Afrique_a204.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T16:43:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      Jean-Pierre Chevènement, je vais reprendre certaines de vos questions et essayer d’apporter quelques points de vue personnels.       <br />
              <br />
       1° Les crises récurrentes sont-elles une fatalité ?       <br />
       Je crois que si on a l’honnêteté intellectuelle de comparer la situation actuelle en Afrique avec la situation de l’Afrique il y a une trentaine d’années  - si on fait une comparaison dans le temps - et si, d’autre part, on fait une comparaison dans l’espace entre l’Afrique et d’autres régions du monde, le bilan de l’Afrique ne doit pas être considéré comme insignifiant, loin de là. Il y a trop d’idées préconçues sur l’Afrique et il ne faut pas avoir honte de dire que les choses avancent  sur ce continent. Je crois pouvoir dire que l’Afrique aujourd’hui ne se définit pas - ou ne se définit plus - uniquement par ses crises. L’Afrique n’est pas par définition le continent des crises.        <br />
              <br />
       Comparons dans le temps :        <br />
       Il y a une vingtaine d’années, l’Afrique australe entière était en guerre, guerre civile au Mozambique, en Angola, guerre de libération du Zimbabwe, l’apartheid en Afrique du Sud et en Namibie. Aujourd’hui, l’Afrique australe est en paix, on est sorti de ces immenses guerres et de ces souffrances indicibles au Mozambique et en Angola, sans parler de l’apartheid. Si, un peu à contre-courant de l’histoire, la situation actuelle au Zimbabwe est détestable, le reste de l’Afrique australe va de l’avant. L’Afrique australe  est aujourd’hui sortie de la guerre.       <br />
              <br />
       L’Afrique des Grands Lacs, depuis les indépendances, a connu les massacres au Zaïre, la guerre du Katanga, les massacres à répétition au Rwanda, le génocide de 1994, le Burundi, la situation trop longtemps oubliée de la guerre civile dans le nord de l’Ouganda (avec la Lord's Resistance Army). Or aujourd’hui dans les Grands Lacs on est pratiquement sorti de la guerre. Le Rwanda et le Burundi, depuis 1994, se sont stabilisés. Des négociations de paix se tiennent en ce moment dans le nord de l’Ouganda, entre le gouvernement ougandais et la LRA (Lord’s Resistance Army). Et puis surtout une guerre mondiale avait lieu en RDC où intervenaient militairement neuf pays étrangers plus une multitude de rébellions et de groupes armés. Aujourd’hui, même si ce n’est pas parfait, la RDC est en paix. La preuve en est qu’il a été possible d’y organiser  depuis quelques mois un référendum, des élections législatives et des élections présidentielles : la RDC est en train de redevenir un pays normal.       <br />
              <br />
       En Afrique de l’ouest, il y a eu le Biafra, le Liberia, le Sierra Leone et, là aussi, on est en train d’en sortir. On est sorti des conflits au Nigeria même si le pays reste instable. En Sierra Leone et au Liberia, on assiste à un retour à la normale. Un peu comme le Zimbabwe en Afrique australe, à contre-courant de l’histoire, on a la Côte d’Ivoire. Le Zimbabwe qui était le meilleur élève de l’Afrique australe est aujourd’hui le mauvais élève. Il en est de même pour la Côte d’Ivoire en Afrique de l’ouest dont elle est pourtant le poumon économique. En même temps on ne peut pas comparer ce qui se passe en Côte d’Ivoire avec ce qui s’est passé au Liberia et en Sierra Leone même si le potentiel de déstabilisation régionale est fort.       <br />
              <br />
       Dernière région, il faut bien un contre-exemple, c’est la Corne de l’Afrique qui a toujours été instable : guerre interétatique entre la Somalie et l’Ethiopie, guerre d’indépendance de l’Erythrée et puis le Soudan où la guerre a commencé avant même l’indépendance, dès 1955. Aujourd’hui, il y a du mieux : pour la première fois depuis trente ans, le sud Soudan est en paix. La situation est stabilisée entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Ca bouge en Somalie mais  on ne peut pas parler d’une guerre en tant que telle.       <br />
       Reste la grande exception. Je vais le dire de manière provocante : le Darfour est aujourd’hui la seule guerre en Afrique. L’Afrique n’est pas le continent des guerres, elle n’est pas l’endroit où l’on se bat partout. Les situations sont certes fragiles, personne n’a dit le contraire, en Sierre Leone, au Libéria, en RDC, il va falloir continuer à travailler, ce n’est pas acquis mais, aujourd’hui, en Afrique, la seule guerre ouverte c’est le Darfour. C’est une sale guerre, on n’en est pas sorti et dans ce constat, j’essaie d’être optimiste.Mais je crains que, si cette guerre du Darfour n’est pas contrôlée, elle ne s’étende au Tchad, au Centrafrique, et peut-être au Nord du Nigeria et que, par une sorte de retour de boomerang, on puisse la retrouver dans la région des Grands Lacs. C’est à dire que tout le travail qui a été réalisé depuis dix ans par les Africains dans les Grands Lacs pourrait en être compromis.       <br />
              <br />
       Mais je ne voudrais pas rester sur cette idée trop négative.       <br />
       Comme vous l’avez mentionné, Jean-Pierre Chevènement,  dans votre introduction, 70% de l’activité du Conseil de sécurité concerne l’Afrique, j’ai envie de dire que c’est encore vrai mais que ça ne ser...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Pour-une-lecture-positive-de-la-situation-politique-de-l-Afrique_a204.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les chemins de la croissance en Afrique</title>
   <updated>2008-11-08T10:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Les-chemins-de-la-croissance-en-Afrique_a203.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T16:35:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      Je voudrais tout d’abord vous remercier, Monsieur le Président, ainsi que la fondation Res Publica, pour cette invitation à participer à ce débat sur un thème « Où va l’Afrique », dont vous venez de souligner qu’il recevait en France un écho insuffisant. Dans mon institution, l’Agence française de développement, c’est au contraire un thème de réflexion permanent, puisque notre mission est d’accompagner nos partenaires, en particulier en Afrique, sur le chemin de leur développement.       <br />
              <br />
       Dans ces quelques mots, je vais me concentrer sur les questions économiques, et je tenterai d’aborder quelques-unes des questions soulevées par le président Chevènement, sans pour autant leur apporter de réponses définitives.        <br />
              <br />
       <b>Croissance et performances économiques</b>       <br />
              <br />
       Il est utile de commencer par ce que nous disent les chiffres. Il est vrai que le taux de croissance moyen de l’Afrique sub-saharienne en longue période a été décevant. Mais de nombreux pays africains connaissent, depuis maintenant plus de dix ans, une croissante tout à fait soutenue. Il peut être utile de rappeler, comme le fait le dernier rapport du FMI sur les perspectives mondiales, que l’Afrique sub-saharienne connaît en ce moment la période d’expansion soutenue la plus rapide depuis le début des années 1970, ce qui se traduit en 2006 par un taux de croissance annuel de 5,2% (6% si on exclut le Nigeria et l’Afrique du Sud).  Les pays pétroliers ont évidemment contribué à ce résultat, mais la croissance dans les pays importateurs de pétrole (en tant que groupe) est aussi restée étonnamment forte. Certains ont bénéficié de la hausse des prix des matières premières. D’autres ont vu leurs termes de l’échange se détériorer (par exemple les pays producteurs et exportateurs de coton ou de cacao).        <br />
              <br />
       Elle n’est certes pas comparable aux performances des pays dits émergents, et elle est inférieure aux 7% jugés nécessaires pour atteindre l’objectif de division par deux de la pauvreté d’ici 2015 (le premier des Objectifs du millénaire pour le développement). Mais elle reste substantielle et se traduit, en dépit de la dynamique démographique, par une progression du revenu par habitant, malheureusement encore trop lente pour entraîner une sortie durable de la pauvreté. Mais le revenu réel par habitant croît de 3,2% pour l’ensemble de l’Afrique en 2006, et cette croissance est supérieure à 3% depuis 2003. Depuis le milieu des années 90, ce mouvement s’inscrit en rupture par rapport à la tendance précédente à l’appauvrissement très perceptible depuis le milieu des années 70.       <br />
              <br />
       Au demeurant, les chiffres ne couvrent qu’une partie de la réalité. L’Afrique se caractérise aussi par le dynamisme de son secteur informel, aussi bien en ce qui concerne les marchés que la production et l’emploi, atout considérable pour le continent et témoignage de la capacité d’imagination et d’adaptation de ses habitants. Il est donc artificiel de décrire l’économie africaine à partir des chiffres existants, car ils ne fournissent qu’une description très partielle, et sans doute pas la plus pertinente.       <br />
              <br />
       Ce bilan ne justifie pas l’afro-pessimisme si présent dans les discours, en tout cas sous l’angle strictement économique. La croissance est possible en Afrique, il n’y a pas de déterminisme culturel ou d’une autre nature qui s’y oppose. Et le continent africain dispose d’importantes ressources humaines et naturelles.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Ressources naturelles : atout ou malédiction</b>       <br />
              <br />
       La hausse des prix du pétrole a donné un coup de fouet aux économies pétrolières de la région. Mais il faut prendre un peu de recul, et lancer trois mises en garde. La première relève de la « malédiction des ressources naturelles », expression qui peut paraître intuitivement surprenante, mais qui renvoie à une réalité souvent illustrée : les pays qui disposent de ressources naturelles et de pétrole ne sont pas ceux qui se sont développés le plus rapidement. On a pu penser un moment que la raison en était l’exploitation de ces ressources par des intérêts étrangers à des prix trop faibles. Mais ce n’est pas le cas. En fait, trois explications se combinent pour expliquer la situation :       <br />
              <br />
       -	Le comportement de rentier, qui n’incite pas aux efforts, à la modernisation, à la diversification de l’économie ;       <br />
       -	Le conflit pour l’appropriation de la rente, et l’utilisation des ressources que procure cette dernière, qui nourrissent de nombreuses situations de conflit armé ;       <br />
       -	Le « syndrome hollandais », qui tire son nom de l’expérience des Pays Bas lors de l’exploitation des réserves de gaz naturel dans les années 70, et qui désigne l’impact de l’exploitation des ressources naturelles sur l’ensemble des coûts de production de l’économie, induisant ainsi une perte de compétitivité dans les secteurs exportateurs traditionnels.        <br />
              <br />
       La deuxième mise en garde concerne le partage des revenus tirés de l’exploitation des matières premières. Ils alimenteron...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Les-chemins-de-la-croissance-en-Afrique_a203.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>L'Afrique ne va nulle part</title>
   <updated>2008-11-08T10:27:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/L-Afrique-ne-va-nulle-part_a207.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T16:34:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      L’Afrique a beaucoup évolué depuis quarante-six ans, depuis les indépendances. Ce que je vais dire n’a nullement pour objectif de contredire tout ce qui a été exposé.       <br />
       Je ne dis pas qu’il n’y ait pas eu d’évolution.       <br />
       Je ne dis pas que l’Afrique n’ait pas progressé sur les plans économique, démocratique et autres,        <br />
       Je ne dis pas qu’il n’y ait pas moins de guerres.       <br />
       Mais je me pose une question :        <br />
       Quand un enfant répète en permanence « 2 x 1=2, 2 x 2 = 4, 2 x 3 = 6 », cela signifie-t-il que cet enfant est en train d’évoluer ou fonctionne-t-il par mimétisme ? A-t-il pour autant compris la logique mathématique ? C’est de cette première interrogation que viennent toutes mes questions.       <br />
              <br />
       Je vais  me limiter à l’acception  exacte de la question posée : Où va donc cette Afrique ? Quand j’ai lu cette question, j’ai repensé à un texte que j’avais écrit il y a peu à propos d’une femme africaine qui avait des problèmes avec un homme africain. Celui-ci trouvait son parcours exceptionnel. Cette femme répondit à cet homme : « Mon parcours, c’est 20% de chance et 80% de travail » et elle continua : « C’est toujours ainsi que je parle aux Africains, c’est ma manière de leur dire qu’ils ne se sont pas battus, qu’ils n’ont pas assez travaillé pour nourrir leurs enfants et protéger leurs femmes ».  80% de travail, oui, il  fallait ça, mais ils ne l’avaient pas fait.       <br />
       Ils n’étaient pas des hommes, pas des hommes.       <br />
       Ils avaient laissé d’autres tout leur prendre : leur terre, leur corps, leur sous-sol, leurs rivières, leurs poissons, leur brousse, leurs montagnes.       <br />
       Ils n’étaient pas des hommes, pas des hommes.       <br />
       Ils se laissaient manipuler jusque dans leurs pensées. Leurs protestations mêmes venaient de l’Occident.       <br />
       Pas des hommes, pas des hommes.       <br />
       Pas des hommes, ceux qui déambulaient ça et là avec les idées d’autrui plein la bouche, incapables de créer, à frimer dans des avions qu’ils n’avaient pas créés, à conduire des voitures qu’ils n’avaient pas créées, à porter des costumes-cravates qu’ils n’avaient pas créés.       <br />
       Pas des hommes, pas des hommes, avec des manières qui n’étaient même plus d’eux.       <br />
       Juste des hommes avec quelques terres léguées par leurs ancêtres dont les femmes s’occupaient, quelques chèvres dont les enfants prenaient soin ; juste des hommes qui dépendaient, pour beaucoup d’entre eux, des femmes et des enfants pour se nourrir.        <br />
              <br />
       Où va donc une terre qui ne crée pas ?        <br />
       Vers quels cieux ou enfers se dirige un continent qui absorbe sans les digérer les connaissances venues d’ailleurs ?        <br />
       Vers quel destin court donc ce continent noir  qui n’a pas de monnaie propre, dont l’espace aérien est contrôlé par l’Occident ? Il est plus facile, je vous assure, d’aller de Paris à Douala que de Douala à Bangui, soit mille kilomètres ; il est plus facile d’aller d’Abidjan à New York que d’Abidjan à Cotonou.        <br />
       Où va donc ce peuple dont l’élite court vers l’Occident quand elle ne brade pas le sol et les sous-sols, quand elle ne vend pas aux grosses industries américaines, Dell, Microsoft, ses intelligences, pratiquant ainsi, de facto, la théorie de Sarkozy sur l’immigration choisie, mise en œuvre par les Africains eux-mêmes ?       <br />
       Qu’espère donc ce continent quand le site Google, sur Internet, procède de manière systématique à l’archivage de sa mémoire et de ses connaissances ? Il conviendrait bientôt que l’Africain paye pour accéder à sa propre mémoire ancestrale.        <br />
              <br />
       Où va donc cette terre ?        <br />
       Nulle part. L’Afrique ne va nulle part parce que pour aller quelque part, il eût fallu que cette terre-mère eût une visibilité dans sa continuité historique, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. Bien sûr, il existe sur le continent ce qu’on pourrait appeler un sentiment vague de repères communs : il y a quelques figures historiques, Chaka Zoulou, certaines petites reines, comme la Reine Souraya, qui créent une espèce de rêve. Mais ces repères communs, dont l’esclavage  fait d’ailleurs partie, sont  liés au passé non au présent ni au futur. Et même ce passé commun est inconnu car le passé de l’Afrique n’est pas enseigné de la même manière  aux quatre coins du continent. Comment savoir où l’on va quand on n’a pas même une histoire commune ? Il eût fallu un enseignement homogène de l’histoire qui aurait permis à l’Afrique, en amont, de se forger une identité et, en aval, de se projeter  et de se définir. Monsieur Belliard a utilisé plusieurs fois le verbe « se définir », mais à chaque fois de manière négative : « l’Afrique ne se définit plus dans les guerres, elle ne se définit plus dans les dictatures ». Mais dans quoi donc se définit-elle ? Il est important de se définir.        <br />
       Pour aller quelque part, il eût fallu que cette Afrique eût un socle pédagogique commun. C’est un premier préalable qui n’a pas été mis en place.        <br />
       Non, l’Afrique ne va nulle part. Pour aller quelque part, il eût fallu que cette Afrique eût une pensée commune. Il ne s’agit pas là d’un...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/L-Afrique-ne-va-nulle-part_a207.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Premières conclusions de Jean-Pierre Chevènement</title>
   <updated>2008-11-08T10:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Premieres-conclusions-de-Jean-Pierre-Chevenement_a205.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T16:30:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention prononcée lors du colloque Où va l'Afrique du 30 octobre 2006.     <div>
      Merci, Calixthe, pour cet exposé extrêmement rafraîchissant qui a touché des points essentiels. En effet, le PIB n’est pas tout et, on le sait, la responsabilité est essentielle.       <br />
       Permettez-moi de répondre tout à trac. Nous avons entendu beaucoup de choses et je suis, pour ma part, très profondément d’accord avec un certain nombre des priorités qu’a dessinées Monsieur Moctar Ouane : Comment ne pas se rendre à l’évidence ? La paix et l’ordre sont les conditions du développement. Sans la sécurité et la paix, rien ne peut aller dans le bon sens. C’est une chose absolument évidente.       <br />
       La formation et l’éducation – j’y reviendrai tout à l’heure – sont  tout aussi fondamentales parce que la ressource humaine se cultive, elle n’est pas donnée une fois pour toutes.       <br />
              <br />
       Vous avez évoque l’APD, l’aide publique au développement.  Ni Monsieur Belliard, ni Monsieur Jacquet n’ont  nié la nécessité de détruire le raisonnement  selon lequel l’APD serait  la source d’une espèce de paternalisme d’assistanat, de déresponsabilisation.        <br />
       Bien sûr cette aide publique au développement est relativement peu de choses : pour le Mali, les flux financiers tirés de l’émigration sont beaucoup plus importants que l’aide publique au développement. Mais il n’en reste pas moins que, bien utilisée, cette aide peut permettre, comme l’a dit Monsieur Jacquet, de débonder un certain nombre de problèmes, de desserrer un certain nombre de contraintes  dans les domaines       <br />
       •	de la santé : lutte contre le VIH et la tuberculose (qui frappe ceux qui n’ont pas de quoi se nourrir),        <br />
       •	de l’éducation, de l’alphabétisation, des universités et de la recherche,       <br />
       •	de l’eau, de l’environnement, des villes,       <br />
       •	de l’agriculture,       <br />
       •	des infrastructures.        <br />
       Cette idée est développée notamment par Stephen Smith (qui aurait pu être parmi nous s’il n’était aux Etats-Unis) dans un livre extrêmement dur où il critique l’aide au développement, une façon, selon lui, de maintenir des relations d’assistanat et de déresponsabilisation. Mais en politique les choses ne sont pas aussi extrêmes, il faut savoir trouver le point juste, ce qui ne veut pas dire qu’il faut se situer au centre : je dis souvent qu’il faut savoir se situer « au-dessus ». On n’est pas dans un système noir/blanc, cela ne marche pas ainsi et il faut voir les choses autrement. Comme « la langue est la meilleure et la pire des choses » disait Esope, l’aide publique peut être la pire et la meilleure des choses. On pourrait le dire de beaucoup de choses.       <br />
              <br />
       Même si elle m’a lancé : « Mais pourquoi penser à l’Afrique ? Mêlez-vous de vos affaires ! Ce sont d’abord les Africains qui doivent penser aux Africains », je me suis senti très proche de l’exposé de Calixthe Beyala. Elle a tout à fait raison : les Africains doivent se sentir responsables d’eux-mêmes, c’est absolument fondamental.        <br />
       Malgré tout, la part de l’Afrique dans les échanges commerciaux mondiaux qui étaient de 9% en 1960,  représente aujourd’hui à peine 2% du commerce mondial. Les écarts de revenus ont grandi ; le niveau moyen de revenu a baissé : ce sont des réalités !  Avec des disparités peut-être, car il existe des poches de richesse et de grandes inégalités, globalement [car j’essaye d’avoir le « regard global »] on ne peut pas dire que René Dumont avait tout à fait tort lorsqu’il écrivait : « l’Afrique est mal partie ».        <br />
       C’est une  rude tâche, pour des pays qui ne sont indépendants que depuis quarante-six ans, de remonter le cours d’une histoire malheureuse marquée par l’esclavage (un esclavage lui-même très ancien, je n’ai pas besoin de le rappeler) et par la colonisation, véritable choc de civilisations, très déstabilisateur, qui a entraîné une baisse de la population de l’Afrique de 1880 à 1920 (aujourd’hui la démographie s’est rattrapée et est allée probablement au-delà de ce qui était nécessaire).        <br />
       Les formes de relations avec l’extérieur sont des rapports de domination, sur le plan économique, sur le plan des grandes firmes multinationales, des Etats, de leur puissance.  Calixthe Beyala l’a justement illustré par l’exemple de l’espace aérien, organisé à partir des Etats-Unis et de l’Europe, non de l’Afrique : je n’insisterai pas sur la disparition de la compagnie Air Afrique.       <br />
              <br />
       Je pense que le discours irénique ne rend pas service à l’Afrique et aux Africains. Il faut s’intéresser à l’Afrique mais pour  parler vrai, dire les réalités telles qu’elles sont, discuter sans faux-fuyants  de ce qui ne va pas, parce que nous sommes des hommes avant d’être noirs ou blancs.       <br />
              <br />
       Il est certain que la France, l’Europe portent  leur part de responsabilité dans ce qui ne va pas. La France doit encore se sentir responsable de l’Afrique en raison de l’histoire et des liens tissés, je pense notamment à la francophonie. Je ne tiendrai pas ici le discours de la repentance qui n’est pas la meilleure façon de poser le problème : il faut regarder les choses de plus haut, prendr...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Premieres-conclusions-de-Jean-Pierre-Chevenement_a205.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Débat final</title>
   <updated>2008-11-08T10:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a206.html</id>
   <category term="Interventions" />
   <published>2006-10-30T16:29:00+01:00</published>
   <author><name>Fondation Res Publica</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Interventions prononcées lors du colloque Où va l'Afrique ? du 30 octobre 2006.     <div>
      <b>Patrick Quinqueton</b>       <br />
       J’ai été séduit par la variété des intervenants, surtout dans la mesure où ils ont abordé des questions différentes. C’est un panorama très intéressant.       <br />
       Je voudrais simplement exprimer une perplexité :       <br />
       Je me demande si l’objectif de ce colloque - parler de l’Afrique comme un tout -  n’est pas très ambitieux. Il y a une identité africaine comme il y a une identité européenne très antérieure à la construction de la communauté européenne : un ensemble culturel de gens qui se reconnaissent comme faisant partie du même continent et ayant un certain nombre de choses en commun. Mais je suis très surpris de la tendance tant africaine qu’européenne à considérer l’Afrique a priori comme un tout.       <br />
       Je me demande, par exemple, si on peut parler de l’émigration africaine comme d’un tout. Le Mali et le Burkina Faso sont deux pays d’égal niveau de développement -  si on se réfère aux critères habituellement employés – et d’égale population. Or l’émigration vers l’Europe est trois fois plus importante au Mali qu’au Burkina Faso. Il doit y avoir des explications, forcément complexes. Elles tiennent d’abord à la taille du pays. Un pays très étendu et en partie désertique comme le Mali présente sans doute moins de facteurs attractifs, au sens géographique du terme, qu’un pays plus resserré où les gens se connaissent davantage et sont plus solidaires. Il est possible aussi qu’il y ait des traditions différentes. On se souvient qu’au Mali par exemple, l’émigration part plutôt de la région de Kayes qui a une ancienne tradition d’émigration.       <br />
       Je donne l’exemple de l’émigration mais je pourrais donner d’autres exemples dans d’autres domaines. Il me semble qu’on gagnerait, pour la compréhension des problèmes africains, tant par les Africains que par les Européens, à avoir une vision un peu moins globale et à considérer qu’il y a « des Afriques », qui partagent certes la volonté de faire quelque chose en commun, mais qui ne sont pas définitivement homogènes.       <br />
       La deuxième chose que je voudrais évoquer, précisément à propos de ces différences, c’est que, parlant de l’Afrique comme d’un tout, on évite de rentrer dans le détail de ce qui se passe dans les Etats africains. Or, je pense que les Etats-nations font partie des réalités sur lesquelles se fonde le monde tel qu’il est. On fait comme si tous les Etats africains étaient gouvernés de la même façon. Or, il y a des pays où c’est un peu plus difficile que dans d’autres. Tout le monde n’est pas dans la situation du Mali, relativement stabilisé du point de vue politique, avec un système électoral qui fonctionne,  un système politique qui a produit dans la quinzaine d’années qui viennent de s’écouler une certaine progression. Il y a des pays pour lesquels c’est beaucoup plus difficile. Pour prendre un pays très voisin comme la Guinée, on voit bien que la situation politique y est extrêmement compliquée et bloque l’évolution. Là aussi, je crois qu’avoir le souci – par ailleurs très louable – de parler de « l’Afrique » empêche de voir ces contradictions et ces réalités qui, bien entendu, ne se résument pas à ce que je viens de dire.        <br />
       Je pense que si on se plaçait sur le terrain économique, on trouverait également des réalités différentes qu’on gagnerait à apprécier avec plus de détail et de finesse.       <br />
       Ceci n’est évidemment pas en contradiction avec ce qu’ont dit les différents intervenants mais vient en complément pour essayer d’expliquer certaines réalités que, sinon, on ne comprend pas bien.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Yvonne Bollmann</b>       <br />
       (S’adressant à Madame Beyala :)       <br />
       Dans un journal du Cameroun, vous avez déclaré en janvier 2004 :       <br />
       <span style="font-style:italic">« J’ai la chance de ne plus appartenir à une ethnie. Je crois que je suis l’une des rares personnes au Cameroun à échapper à tout ça. Je ne ressens jamais, en ce qui me concerne, ces divisions qui séparent les Camerounais entre eux quelquefois. Je n’ai pas de sentiment d’appartenance ethnique ou clanique et les Camerounais ne me le font pas ressentir, c’est extraordinaire. »</span>       <br />
       Vous avez l’air heureuse de pouvoir donner cette définition non ethnique de l’identité, une définition assez proche, me semble-t-il, de la conception française de l’identité nationale qui ne reconnaît ni ethnies, ni minorités, ni autres Volksgroupen à l’allemande.       <br />
       Alors, pourquoi, en France, (parce que je me demande : Où va la France ?) militez-vous dans le Comité Egalité qui, je cite le Monde : <span style="font-style:italic">« combat notamment l’insuffisante représentation à la télévision de la diversité ethnique de la population française »</span> ?        <br />
       Pourquoi dire une chose au Cameroun et faire son contraire en France, même si c’est au nom de l’égalité ?       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Jacques Simon</b>       <br />
       Monsieur Jacquet a assimilé les aides à des catalyseurs. C’est effectivement une bonne image : quand A se transforme en B et que B se transforme en A, on a un équilibre. Le catalyseur accélère la transformation de A en B et de B en A, ce qui fait qu...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.fondation-res-publica.org/Debat-final_a206.html" />
  </entry>
</feed>
