Occident, diagnostic


Intervention de Régis Debray, Ecrivain, philosophe, fondateur et directeur de la revue "Médium", au colloque "Occident et mondialisation" du 21 janvier 2013.


Veuillez tout d’abord m’excuser de ce que je vais vous faire descendre des hauteurs philosophiques où nous a amenés Pierre Brochand vers des considérations plus triviales, plus vernaculaires, plus immédiates.

Même si je ne partage pas tout à fait son appréciation relativement pessimiste, même si la « fiche clinique » que je peux esquisser de l’Occident est moins sombre que celle qu’il vient de dresser à bon escient, je dois avouer que je m’intéresse moins à « la globalisation » qu’à « l’Occident dans la globalisation » et d’abord à la renaissance du mot « Occident » qui exprime à la fois une idéologie (je n’en connais pas de moins innocente et de plus obnubilante) et une volonté d’influence.

Comme j’aime bien « soulever le capot », je vais essayer de voir ce que cache ce mot.

D’abord un étonnement en constatant le retour sur le devant de la scène officielle d’un mot, « Occident », qui, au XXème siècle en tout cas, sentait le soufre. C’est en effet une notion propre à la culture ultraconservatrice magnifiée de façon remarquable par Oswald Spengler dans son livre mal famé, « Le déclin de l’Occident » [1], lecture obligatoire pour nous tous car je n’en connais pas de plus pertinent. Quoi qu’il en soit, on sait quelles étaient les orientations de Spengler, on sait que, vers 1935, lorsque Mussolini a voulu « civiliser » l’Éthiopie, Henri Massis a lancé un « Manifeste pour la défense de l’Occident » [2] ; on sait que « Défense de l’Occident » [3] était la revue de Maurice Bardèche (beau-frère de Brasillach). Et ceux de ma génération se souviennent que croix celtique et Occident constituaient un sigle… agité et répressif.

On peut être frappé – mais c’est un signe des temps – du retour de ce mot, avec un demi-tour gauche, dans le vocabulaire d’aujourd’hui.

Le mot « Occident » ne figure pas dans le traité de l’Atlantique Nord de 1949 où on parle de « solidarité atlantique ». Relisant les trois volumes de Peyrefitte sur De Gaulle [4], je trouve très rarement le mot « Occident » dans la bouche du Général. Et quand j’ouvre la « Grammaire des civilisations » de Braudel [5], je ne vois pas le mot « Occident » en tête de chapitre.

C’est après l’effondrement de l’URSS que l’on est passé de la solidarité atlantique à la solidarité occidentale.

Ce retour a évidemment des avantages pratiques. On ne peut nier que la notion d’Occident est d’abord morale. On a toujours avantage à substituer un discours des valeurs à une simple opposition d’intérêts. Nous devons défendre une équation spirituelle : l’Occident = la Bible + la philosophie grecque (définition que nous devons à Levinas). Mieux vaut défendre cette équation que la vie de nos ressortissants, les puits de pétrole ou les mines d’uranium.

La notion d’Occident a de la patine, elle a fait de l’usage. Depuis la cassure en deux de l’Empire romain (partage de Théodose, en 395), elle cumule les vertus d’un classicisme un peu scolaire et le prestige d’un certain romantisme épique, genre Roland à Roncevaux.

C’est surtout une notion qui a de la prestance et du volume. « Méga-identité », elle remplace des mots désaffectés, comme celui de « France » qui fait un peu étriqué. 1 % de la population mondiale, 3 % du PIB mondial, c’est bon pour une stratégie de niche, façon années soixante, gaullienne, sanctuarisante et nucléaire. À l’échelon stratégique au-dessus, le sujet « Europe » ne fait pas très sérieux. Chacun sait que l’Europe de la défense est un fantôme décoratif mais inconsistant. L’Europe serait un peu, comme le disait Pierre Brochand, la stratégie de l’absence de stratégie de la politique.

Venant opportunément remplacer des sujets évanescents, la notion d’« Occident » est donc un terme utile.

Ce qui m’a amené à m’intéresser à cette notion d’Occident, c’est la vague pessimiste que j’ai vu déferler à la Une des revues : « Le monde occidental est-il en danger ? » (Revue internationale et stratégique [6]), « L’occident est-il fini ? » (Courrier international [7]), « Le déclin de l’Occident » (Eléments [8]), « L’Occident en débat » (Questions internationales [9]). Vague à l’âme, neurasthénie, crise de confiance, qui m’ont donné envie d’aller y voir de plus près.

Troisième étonnement. Il se trouve que j’ai un échange épistolaire régulier avec un ami chinois, Zhao Tingyang, philosophe très connu dans son pays, et que le thème du déclin de l’Occident revient très souvent sous sa plume. Et à chacun de mes voyages en Chine, discutant avec des politiques ou d’autres, je suis surpris de les entendre évoquer le crépuscule du monde occidental comme si le basculement du monde allait de soi.

L’idée m’est donc venue de faire une petite mise au point sur ce sujet, sur le thème « Ne croyez pas que c’est arrivé. N’allez pas vendre la peau du tigre avant qu’il ne se soit suicidé ! »

De là un exercice un peu arithmétique qui m’a fait lister, un peu à la façon chinoise, les atouts et les handicaps de l’Occident.

Les atouts :
Atout N° 1 : Le seul bloc politico-militaire existant sur la planète.
Atout N° 2 : Le monopole des valeurs universelles.
Atout N° 3 : L’école des cadres de l’humanité (émergente y compris).
Atout N° 4 : Le formatage des sensibilités humaines, via le soft power évoqué par Pierre Brochand.
Atout N° 5 : L’innovation scientifique et technique.

Les handicaps :
Handicap N°1 : Surextension impériale ou hubris du global.
Handicap N°2 : Un aveuglant complexe de supériorité (un bandeau sur les yeux).
Handicap N°3 : Le refus du sacrifice, tant personnel que collectif.
Handicap N°4 : La prison du temps court, déjà évoquée par Pierre Brochand.
Handicap N°5 : Aujourd’hui, la dissémination du perturbateur.

Les atouts.

Le seul bloc politico-militaire existant.
Invention largement mythique, comme tout ce qui est solide et dynamique (mais les mythes sont des fusées et non des billevesées), l’« Occident » a une réalité qu’on appelait naguère le « monde libre », réalité antinomique et dichotomique puisque l’Occident s’oppose à l’Orient comme la civilisation s’oppose à la barbarie ou la lumière à la nuit.

Mais enfin, l’Occident, quel numéro de téléphone ? (pour reprendre une question célèbre [10]). C’est le numéro de M. Rasmussen, Secrétaire général de l’OTAN qui, s’il est aimable et fonctionnel, passera aussitôt la communication à quelqu’un de plus haut placé que lui. Si, pour donner une géographie concrète à ce concept géopolitique, on repère la zone euro-atlantique en tant qu’aire chrétienne principalement, on voit que son expression concrète n’est ni l’OSCE, qui inclut la Russie, ni l’OCDE, qui se limite aux choses économiques, mais un système politico-militaire en expansion, l’OTAN, avec des contreforts dans la zone Asie-Pacifique (Japon, Taïwan, Corée du Sud) ainsi que dans le Pacifique (Australie et Nouvelle-Zélande). L’OTAN, c’est vingt-huit pays, 910 millions d’habitants.

Sur les vingt-sept États de l’Union européenne, vingt-et-un sont intégrés à l’OTAN et fort contents de l’être.

La comparaison avec les autres parties du monde est intéressante.

L’Asie est multipolaire. Aucun Asiatique ne se définit comme tel. L’Asie ne passe pour un ensemble que vue de loin, et ne se vit pas en communauté de destin. L’Inde ne saurait d’évidence reconnaître la Chine comme leader ou porte-parole ; encore moins le Japon, pour ne pas parler du Vietnam. L’Asie du Sud-Est (l’ASEAN), prise en tenaille entre les deux géants, récuse à la fois la tutelle de l’Inde et celle de la Chine.

L’Occident, lui, est unipolaire. Aucun de ses membres ne conteste le leadership américain. Certes il y a quelques incartades mais depuis que la France gaullienne est rentrée dans le rang, jusqu’à se laisser entraîner dans des guerres perdues d’avance (et qui ne sont pas les siennes), l’Occident est le seul bloc multinational capable d’actions de force rapides et coordonnées.
L’Organisation de la Conférence islamique, étoile montante du monde musulman n’a pas pu empêcher la guerre de l’Irak et de l’Iran. L’Union africaine (UA) est une foire d’empoigne, l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) déclame, le Maghreb est cloisonné. Bref, seule l’OTAN peut parler d’une seule voix, avec une ligne de commandement incontestée et un consensus doctrinal.

Il est significatif qu’aucun membre d’une alliance stipulée comme défensive n’ait fait jouer la clause de conscience en 1989. Hourrah, on a gagné, on prend un verre et au revoir. Ce qu’on peut prendre pour une sorte de paradoxe n’est pas une incohérence stratégique mais un signe extraordinaire de cohésion. On a senti le besoin de rester ensemble autour d’une idéologie unificatrice, celle des Droits de l’homme et du citoyen, revus et corrigés par l’hyperindividualisme en human rights, laissant tomber le citoyen au profit de l’hyperindividu évoqué par Pierre Brochand.

Cette cohésion est tout de même un peu singulière, c’est pourquoi on peut parler d’un seul bloc politico-militaire et culturel. Les « valeurs asiatiques » – primauté du groupe sur l’individu, discipline, hiérarchie, harmonie, frugalité –, un moment brandies par des récalcitrants (Malaisie et Singapour), n’ont pas tenu le choc d’une crise économique. Parce qu’elles sont ancrées dans une révélation et non dans une sagesse (Mahomet plus contraignant que Confucius), les valeurs islamiques, mouvement de désobéissance civile plus coriace, ne semblent pas promises, après l’épreuve du pouvoir et sur le long terme, à un meilleur destin. L’imposition de la charia est contestée de l’intérieur même du monde musulman (par la jeunesse éduquée et par une partie non négligeable des couches moyennes urbaines), alors que le ciment droits-de-l’hommiste, à l’Ouest, ne montre aucune ligne de fracture.

C’est le premier point : un bloc et le seul.

Le monopole de l’universel.
Les États n’ont pas de sentiments mais des intérêts. Tous les États poursuivent au-dehors leurs intérêts vitaux. Ainsi la Chine, qui, dépourvue des matières premières nécessaires à son développement (un peu comme le Japon avant la guerre), veille à ses sources d’approvisionnement et à ses lignes de ravitaillement d’un hémisphère à l’autre. Sans tact excessif. Appelons cela l’égoïsme sacré. Chacun connaît. Mais seul l’Occident a la faculté de présenter et de se représenter ses intérêts particuliers comme l’expression des intérêts de l’humanité en général (liberté, émancipation, progrès). Symbole géographique de cette coïncidence : la domiciliation de l’ONU à New York. C’est au cœur de l’unique superpuissance que réside l’organe attitré de « la conscience universelle ». Il est tout de même extraordinaire de voir que les dix pays qui ont voté au Conseil de sécurité la résolution 1973 (établissant une zone d’exclusion aérienne pour protéger les populations libyennes au sol) représentent 10 % de la population mondiale, tout comme les dix membres de l’ASEAN [11]. Mais ceux-là ne se désigneraient jamais, sauf pour faire rire, comme « la communauté internationale », comme nous le faisons nous-mêmes, selon une conviction mi-paternaliste, mi-évolutionniste. En quelque sorte, cela fait du gendarme du monde le juge en dernière instance du monde puisqu’il est en situation soit d’instrumentaliser le Conseil de sécurité, soit de le contourner.

Il y a là quelque chose de singulier qui s’exprime par une capacité de projection de forces aussi globale que l’est le projet politique. Sept cents milliards de dollars par an : le budget de la défense américaine, pour l’un des territoires les mieux protégés par la nature, égale celui de tous les autres pays réunis. Seule l’OTAN possède des bases sur les cinq continents (huit cents installations militaires américaines à l’étranger), des avions gros porteurs et des porte-avions à catapultes.

À l’origine de cela, sans doute la notion de personne, irréductible à l’ethnie, l’individualisme plus l’universalisme, qui puise dans un fait de civilisation indérogeable : le logiciel chrétien, hérité de la première en date des religions universelles. « Allez enseigner à toutes les nations » (omnes gentes) disait Saint Paul. Il est vrai que la réforme protestante a propagé bien mieux que l’Eglise romaine le prosélytisme et le millénarisme des origines.

Sans doute le Dieu unique et infaillible a-t-il un autre confident à vocation ultramarine et passe-muraille : l’Islamiste. Dans la compulsion à la croisade, c’est un concurrent à prendre au sérieux, mais sous tous les aspects retardataire. En dehors de coups de main retentissants mais nullement décisifs et malgré leur formidable écho médiatique, le djihad global n’a pas les moyens matériels, militaires, scientifiques et politiques de sa fin spirituelle. Outre qu’il tue neuf musulmans pour un Occidental, il ne hante que des sectes ultramarginales, et aucune capitale du monde musulman, aucun think tank officiel, n’en fait doctrine ou programme.

La formation des élites internationales.
L’Occident assure la formation des élites internationales dans ses universités et ses business schools, ses institutions financières (FMI ou Banque mondiale), ses écoles militaires, ses organisations commerciales, ses fondations philanthropiques et ses grandes firmes. Aucun empire n’a jamais gouverné par la force seule. Il a besoin de relais dans les sphères dirigeantes indigènes, et cette pépinière centrifuge produit une classe mondiale de managers qui incorpore sa langue, ses références et ses répugnances, ses modèles d’organisation (le droit anglo-saxon et la bonne gouvernance) et sa norme économique (le consensus de Washington). C’est ce creuset de cadres supérieurs d’une classe moyenne elle-même mondialisée qui transforme une domination en hégémonie, une dépendance en appartenance. Je suis très frappé, par exemple, de voir que les « princes rouges » chinois envoient leurs enfants aux États-Unis d’où ils reviennent fort bien équipés pour la course à l’enrichissement Je vois d’ailleurs que nos propres enfants, en France et en Europe, trouvent plus que naturel, indispensable, d’aller se qualifier dans des lieux d’excellence, ce qui, en 1950 ou 1960 était seulement le fait de quelques privilégiés.

Pas de périphérie, de minorité ou de religion qui n’ait aux USA, pompe aspirante et refoulante, des représentants plus ou moins bien implantés, ayant leurs entrées au Congrès et dans l’administration, et dont les meilleurs éléments pourront le cas échéant regagner leur pays d’origine, pour en faire leur résidence secondaire. Ce sont les afgho-ricains, albano-ricains, mexico-ricains, afro-ricains (le gallo-ricain façon Jean Monnet ne fut qu’un prototype). Cette DRH planétaire récompense une généreuse faculté d’adoption des allogènes, une ouverture d’éventail identitaire extraordinaire, peut-être comparable à la conquérante Rome antique [12]. Si la Chine, l’Inde, l’Egypte et même des petits États comme Israël ou l’Arménie bénéficient d’une diaspora diligente en relais d’influence (ne parlons pas des Chinois d’outre-mer), l’Amérique qui, n’étant pas une terre d’émigration, n’a pas de diaspora propre, fait mieux : avec quarante-deux millions d’immigrés elle a toutes les diasporas chez elle (hispaniques, asiatiques et africaines). Les grands concurrents sont mono-tribaux ou unidiasporiques. Seuls les pays occidentaux, Amérique du Nord au premier chef, disposent d’une multiplicité de passerelles vers les lointains qui leur donnent, sinon une intelligence des situations, une capacité d’intervention assez remarquable.

Le formatage des sensibilités humaines, y compris des intelligences européennes.
En effet, ces dix dernières années, on a trouvé normal de discuter gravement Fukuyama et Huntington alors que nous avons tout ce qu’il faut en France, dans notre bagage intellectuel propre (Kojève, Fernand Braudel), pour évoquer les mêmes thèmes de façon beaucoup plus sérieuse. C’est ce qu’on appelle le soft power, dont Pierre Brochand a parlé.

Mais il y a du dur derrière le mou, il ne faut pas se le cacher.

Le fait que le dollar soit la monnaie de référence depuis 1945 permet aux États-Unis de s’endetter sans trop pâtir. C’est un consentement naturel, qui doit certes beaucoup à la puissance militaire. Pour que les exportateurs de pétrole du Golfe n’aient pas l’idée saugrenue de facturer le baril en euros et non en dollars, il faut pouvoir leur assurer en échange la sécurité contre les voisins perses ou autres. Mais le consensus ne serait pas aussi naturel sans l’appoint du soft power. Les dix premières agences de publicité dans le monde, par le chiffre d’affaires, sont occidentales. Et, avec dix films, Hollywood assure 50 % du box-office chinois. Dans le rapport amour-haine, répulsion-séduction, qu’exerce l’Occident sur ses périphéries, fussent-elles beaucoup plus peuplées et porteuses de cultures anciennes et raffinées, la propagation par l’image-son d’un style et d’un niveau de vie incomparables vaut toutes les propagandes, et s’en passe d’ailleurs fort bien. Les États-Unis n’ont pas besoin d’instituts culturels à l’étranger, type Cervantès ou Confucius, pour « imprimer », séduire et captiver. Et, comme M. le recteur Cerquiglini me le rappelait en rentrant du Vietnam, on peut dire que Coca-Cola a gagné la guerre que les GI ont perdue. Il y a là une capacité très remarquable qui fait que, si les dissidents du communisme furent les enfants du rock and roll, ceux de l’Islamisme seront très probablement les rejetons de Disney et de Madonna. Il faut donc prendre au sérieux l’entertainment.

Autre point fort, la capacité qu’a l’Occident d’intégrer la négativité critique en son sein, de pouvoir recycler et phagocyter les cellules qu’on aurait dit cancéreuses ou dissolvantes, les cellules rouges, les cellules safran, toutes sortes de cellules étranges qui vont du dalaï-lama au marxiste-léniniste classique et qui en font une sorte d’empire enzymatique qui se fortifie de tout ce qui ne le tue pas. Savoir se mithridatiser par une absorption régulière de négativité critique est d’ailleurs un privilège plus américain qu’européen. C’est un des génies de l’Occident.

Je suis d’accord avec Pierre Brochand quand il parle de l’Occident comme projet et quand il le décrit comme une sorte de Frankenstein qui serait voué à être mangé par sa créature, la mondialisation. Oswald Spengler le disait autrement en affirmant « L’Occident, c’est Faust ». Nous sommes la partie faustienne du monde, ce qui pourrait situer la naissance de l’Occident en 1336, lorsque Pétrarque monta sur le Ventoux. L’idée, quand on se trouve devant une montagne, qu’il faut la gravir, aurait semblé absurde aux Grecs et aux Romains. Elle est tout aussi absurde pour un Indien ou pour un Chinois.


Pierre Brochand
Pas pour les Tibétains…


Régis Debray
L’Himalaya n’a pas été conquis par un Tibétain mais par un Anglais. Les Tibétains, qui ont toujours été à cinq mille mètres, dans le camp de base, n’auraient jamais eu, sans les Occidentaux, l’idée saugrenue de monter plus haut.

Mais Faust, ça finit mal. Le tort de Spengler fut de dire que nous sommes les seuls à être faustiens. Il n’avait pas prévu que les autres le deviendraient aussi.

Cinquième atout, par lequel j’aurais dû évidemment commencer, c’est l’innovation scientifique et technique.
La liste des prix Nobel dans les sciences dures et le tableau comparé des brevets industriels ont de quoi rassurer les angoissés. Le lycée et le tribunal du monde abritent aussi son laboratoire. L’Occident est le maître des langages informatiques et la révolution numérique qui advint à son initiative porte sa marque et parle sa langue.

Observons un curieux effet de cette remarquable concentration de matière grise. On a vu dans ce qu’à Paris on a appelé un peu rapidement le « printemps arabe » que la place Tahrir (au Caire) a fonctionné au Net, à Facebook et au SMS avec un savoir-faire venu des campus californiens. L’outillage des insurrections anti-occidentales est occidental, et les suppôts de l’Amérique sont « dégagés » par des procédures et des prothèses américaines. On peut voir dans la révolution de l’information, à matrice occidentale, le service après-vente d’un capitalisme protestant intériorisé.

Voilà pour les atouts.
J’évacue un certain nombre de facteurs évidents de types démographique, financier etc. Je parle des epsilon qui font la différence entre l’économique et le politique et qui échappent à l’économie politique. Je parle des facteurs qui ne figurent pas dans les tableaux comparatifs. Je ne parle pas du « Pape, combien de divisions ? » [13] (ce dont, j’imagine, le petit père Staline doit se repentir au fond de sa tombe).

J’en reviens à ces facteurs généralement inaperçus.

Les handicaps

La perte du sens de la mesure vient avec le faustien.
C’est ce que le héros tragique doit expier tôt ou tard : l’orgueil, l’excès, la morgue, l’interventionnisme tous azimuts, la mégalomanie, patente après 1989 et qui, parce qu’elle a changé d’échelle, a rompu avec une vieille tradition impériale. La Reine Victoria se satisfaisait d’un quart de la planète, l’Empire français d’un huitième. Alors, bien sûr, les grands toqués d’Alexandre, sans grand lendemain, façon Napoléon 1808 ou Reich de mille ans 1941, ont pu souhaiter faire mieux. En 1989, après la déroute soviétique, l’Alliance occidentale a eu la folie des grandeurs. Elle s’est targuée d’instaurer « un nouvel ordre mondial de Vancouver à Vladivostok ». Elle a multiplié les « partenariats » jusqu’au Proche-Orient (Israël, Jordanie), au Caucase, en Asie centrale, et, après les PECO (les pays d’Europe centrale et orientale), s’est même imaginée faire entrer Moscou dans son orbite (au temps où y débarquaient intellectuels et conférenciers parisiens pour recycler l’âme slave et totalitaire dans le nouveau catéchisme). Ce qui était impossible hier l’est a fortiori aujourd’hui, avec la prolifération des acteurs tant infra que supra-étatiques. Aucune pax americana – ou demain sinica – ne saurait maintenir l’ordre et la sécurité là où l’action des Nation unies elles-mêmes ressemble à celle d’un bouchon sur l’eau. Nulle superpuissance, bouclier antimissile ou pas, n’est à l’abri du gaz Sarin ou d’un camion piégé, et encore moins du choc en retour d’une épidémie ou d’un tsunami. Vouloir stabiliser un monde qui ne vit que d’être instable et qui serait d’autant plus violent et conflictuel que dénucléarisé, donnant libre cours aux armes conventionnelles de part et d’autre, relève d’un délire à la Pangloss, ou à la Folamour. Nous n’en fûmes pas si loin, avec le triomphalisme du néo-con postsoviétique.

L’historien américain Paul Kennedy a tiré le signal d’alarme en évoquant le moment où l’ambition du centre excède ses capacités physiques en périphérie, moment classique de la « surextension impériale ». Sauf que ces capacités, avec l’électronique et le numérique, ont fait depuis trois décennies un formidable bond en avant, et que l’ « outreach » n’est plus le même. Tout voir, tout écouter, tout déchiffrer, même aux antipodes, ce n’est plus techniquement impossible. Ni tuer un suspect sur écran à dix mille kilomètres de distance, avec un missile Hellfire tiré d’un drone Predator, par exemple. Ni paralyser un système de commandement adverse par un ver informatique. C’est vrai que l’Occident se permet des dommages collatéraux sans commune mesure avec ceux commis par les légions romaines ou napoléoniennes.

Cet interventionnisme tous azimuts, jusqu’au police bombing, en dehors de tout cadre territorial et juridique défini, révèle la délocalisation absolue de la guerre. Et la mue des interventions militaires en simples descentes de police signifie que le local reste la force du faible, face à quoi le global devient la faiblesse du fort. L’Occident ne sait pas traiter le local.

Pourquoi ne sait-il pas le traiter ? C’est en raison d’un aveuglant complexe de supériorité.

Si vous me permettez une petite parenthèse personnelle, j’évoquerai un séjour à Aspen (Colorado) en 1982, où j’assistais avec Jean-Louis Gergorin à une sorte de rencontre avec les décideurs américains de l’époque. Il y avait là McNamara, Scowcroft, Richard Perle et d’autres. Ils venaient de recevoir un legs fabuleux (plusieurs millions de dollars) d’une vieille dame récemment décédée. Avec ce merveilleux esprit démocratique américain, McNamara fit un tour de table pour décider à quoi cet argent serait utilisé. Chacun émit des suggestions. Quand vint mon tour (Jean-Louis Gergorin peut en témoigner), je lançai une proposition : « Vous devriez investir cet argent dans une étude des raisons pour lesquelles on vous hait, une analyse de l’anti-américanisme (ou de l’anti-impérialisme) dans le monde. En Amérique latine, en Asie, en Afrique, et surtout au Moyen Orient, il y a des gens qui ne vous aiment pas. Il serait intéressant pour vous de faire une grande enquête sociologique ». Je crois me souvenir que c’est Scowcroft (futur conseiller à la Sécurité nationale), qui s’exclama : « On ne va tout de même pas financer les hôpitaux psychiatriques du monde entier ! ». Cette réponse est très intéressante. Pour cet aréopage, les gens hostiles aux États-Unis ne pouvaient être que diaboliques (ce qui relève de l’église) ou fous.

Cet aveuglant complexe de supériorité fait qu’on ne s’interroge pas sur soi-même, on n’arrive plus à se décentrer, on ne peut pas se voir avec les yeux des autres. C’est ce qui produit les interventions de ces missionnés messianiques, en Irak, en Afghanistan ou ailleurs, qui mettent plusieurs années pour se découvrir, dans les yeux des autochtones, envahisseurs et occupants. On sature un théâtre d’opérations dont on ne connaît ni le passé, ni la langue, ni la cuisine ni la religion, ni la structure familiale, ni les plus élémentaires réflexes. On va même jusqu’à allumer un feu avec le Coran et pisser sur un cadavre ennemi. C’est fun. Le gendarme du monde ignore le monde, et ne veut connaître d’autre échelle de valeurs que la sienne. Cela se paye.

Là je ferai peut-être un petit pas de côté par rapport à ce qu’a dit Pierre Brochand. Nous oublions que le monde n’est pas fait d’individus. À force de projeter nos valeurs individualistes, nous oublions qu’il existe des communautés, nationales, religieuses ou tribales, qui commandent les loyautés et les conduites. Nous imaginons des atomes lâches, sans histoire ni appartenance, dans l’apesanteur de leur désir ou de leur droit. C’est ce que nous nommons « modernité ». Mais nous oublions que la tribu est une formation collective pleine d’avenir. C’est une idée peut-être assez courte de penser que la modernité refoule peu à peu l’empire des traditions puisque la modernité fait revivre l’empire des traditions, de plus en plus.

Échappe au redresseur de torts universel la cause bêbête des résistances indigènes à l’occidentalisation : l’autodéfense immunitaire, sans nul doute déplorable, mesquine et rétrograde, qu’on appelle chez nous d’un nom noble, la « souveraineté ». Il y a un ethnocentrisme qui fait qu’on n’imagine pas en Occident que les sentiments d’honneur et de fierté nationale, en voie de disparition chez nous, sont très florissants chez les autres. À Bruxelles, on veut oublier de quoi il s’agit ; à New York, on n’éprouve même pas le besoin de savoir. Un postmoderne voit dans l’État-nation un objet de musée ou de plaisanterie, alors qu’une bonne cinquantaine de peuples aujourd’hui sont prêts à se battre pour elle.

J’ai parlé d’un espace euro-atlantique, puisque telle est la traduction opérationnelle de l’Occident aujourd’hui. Il faudrait évidemment repérer le différentiel entre l’Europe et l’Amérique du nord. Le Français contemporain pèche par manque d’estime de soi ; l’Américain, par trop plein. Il se tient pour l’élu de la Providence, le porteur de la Révélation. Il est donc par nature « exceptionnaliste ». Le complexe de supériorité, il en faut un peu, mais pas trop. Quand il y en a trop, il y a risque d’arrogance et de s’arroger un statut d’exception qui n’a pas de frontières puisque, comme vous le savez, à l’instauration de la Cour pénale internationale (CPI, traité de Rome), juridiction permanente qui a compétence en matière de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre, les États-Unis ont obtenu de soixante pays qu’ils assurent par écrit l’impunité des militaires américains, et d’eux seuls. On considèrerait sans doute comme aberrant qu’un GI puisse être soumis aux mêmes interdits juridiques que le troufion lambda.

Le troisième handicap assez inaperçu est le déni du sacrifice.

Il y a là un glissement sans précédent dans l’histoire des mentalités collectives en aussi peu de temps. Le 24 août 1914, il y a à peu près un siècle, 26 000 soldats français périrent en une journée. On estime à 250 000 les pertes de l’armée française jusqu’à la Bataille de la Marne. Le président Poincaré n’est pas sorti de son bureau. La nation a continué. Demain sera un autre jour, disait-on (de fait : 1 000 tués par jour en moyenne entre 1914 et 1918). Aujourd’hui, un soldat français tué en opération, a fortiori sept soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan, c’est un choc, un séisme, une commotion. Le renversement, sur un aussi court laps de temps, de notre rapport individuel et social à la mort est un phénomène sidérant. J’ai envie de dire que nous n’avons plus le moral de notre morale. Les bras ont grossi, le cœur n’y est plus.

Phobie de l’affrontement physique, idéal surréaliste de la guerre zéro mort (zéro mort de notre côté, bien entendu, il peut y en avoir 100 000 de l’autre côté), remplacement du culte du héros par celui de la victime, fin du service militaire, disparition de l’esprit de défense et renvoi au musée Carnavalet du citoyen-soldat. On retrouve ce que vous évoquiez, Pierre Brochand, avec l’hyperindividualisme contemporain.

Goliath, oui, par la technologie, mais Goliath douillet.

Nous nous trouvons face à un phénomène qui déborde le cadre géopolitique : l’Orient a le sens du sacré, l’Occident (l’Europe en particulier) l’a mis au rancart. D’où sa viscérale incompréhension devant les islamistes aujourd’hui, le sacré étant ce qui commande le sacrifice et interdit le sacrilège. La patrie n’est plus sacrée. Mourir pour la France : problème. De là un souci paralysant, sur le terrain, de « la protection du personnel », et, en amont, dans le pays, le besoin d’esquive, de langue de bois et de mensonges autoprotecteurs. Préserver la douceur du soir jure avec l’esprit de croisade, plutôt matinal.

Sur le quatrième handicap, je serai bref, Pierre Brochand ayant abordé le sujet, c’est la prison du temps court.
Le handicap invétéré des démocraties, qui « n’affrontent les problèmes du dehors que pour des raisons du dedans », comme l’avait si bien vu Tocqueville, c’est l’obligation du raccourci et de l’expéditif. Les raisons du dedans exigent des résultats rapides.
Il en résulte un vrai déphasage de temporalité. Au Sud on a le temps. Alors que l’Occident court-termiste rêve de guerre éclair, l’Orient, qui vient de loin et voit venir, préfère la guerre d’usure.

Je vous livre une autre anecdote personnelle. Avant le « printemps arabe », j’étais à Gaza avec Stéphane Hessel pour rencontrer Ismaïl Haniyeh, Premier ministre du Hamas. Aux craintes que nous lui exprimions : « Vous allez macérer dans un isolement mortel avec votre petit émirat islamiste. Il n’y a pas de débouché », Haniyeh, après avoir rectifié : « islamiste, non, islamique, oui », a répondu : « Dans quelques années les choses vont changer. Vous êtes trop pressés, vous voyez les choses à court terme. Il faut penser en termes de siècles ». Ce qui nous avait semblé un peu baroque. De son point de vue, les faits ne lui ont pas donné tort.
Le temps joue contre l’Occident, maître de l’espace et otage de l’instant. Ce présentisme émotionnel est évidemment la négation de l’intelligence stratégique. Il passe à la trappe la mémoire des autres, ainsi que les humiliations qu’il leur a lui-même fait subir dans le passé. Les dominés ont toujours plus de mémoire que les dominants. Et surtout, nous avons une terrible incapacité à prévoir la fin des guerres que nous déclenchons et l’avenir politique des pays que nous occupons.

Le cinquième handicap est évident, c’est la dissémination du perturbateur.
La destruction des États nationaux sous les coups de boutoir de l’ingérence a eu pour contre-effet un éparpillement des sources de désordre, qui déjouent de mieux en mieux la vigilance du centre. Nous assistons à un phénomène anthropologique : la mondialisation techno-économique s’accompagne d’une balkanisation politico-culturelle, donc d’une fragmentation du monde accélérée.

Mais oublier que l’État est le détenteur du monopole de la violence légitime et que sa destruction fait proliférer les irréguliers de la kalachnikov relève d’une bévue tout humaine. Faire sauter un verrou de souveraineté politique à coups de missiles et de commandos, c’est faire à terme remonter à la surface de l’ethnique d’un côté et du mystique de l’autre. Est-ce si avantageux ? Je ne sais pas. Mais il me semble qu’un pays comme Israël aujourd’hui préfèrerait avoir affaire à des États ou à des autorités constituées (comme en 1956, 1967 ou 1973) qu’à des ONG armées et nomades sans numéro de téléphone (mais dotées de missiles sol-air). Ce n’est pas pour rien, cela a déjà été dit, que le front d’expansion du djihad global avance à travers les zones où l’État central s’effondre, et l’Ouest n’est pas pour rien dans cet affaissement. Il y a là quelque chose qui peut inquiéter.

Opposer cinq « grandeurs » (cinq forces) à cinq « servitudes » (cinq faiblesses) est un peu schématique. Mais peut-être cela a-t-il le mérite de rééquilibrer à la fois une « sous-estimation » et une « surestimation ». Je crois que l’être occidental est à la fois plus fort et plus faible qu’il ne le pense. Plus fort parce qu’il a des atouts considérables, plus faible en raison des servitudes que j’ai dites.

La balance est-elle à l’équilibre ? En dynamique, il est probable que non. Il est évident que la mondialisation porte dans ses flancs la fin d’une étrange hégémonie occidentale. La mainmise ou l’emprise d’un dixième de la population du globe sur les neuf dixièmes n’était pas chose susceptible de durer longtemps. Et la guerre économique en cours tournera sans doute en notre défaveur.

Mais de là à annoncer la fin inéluctable de notre civilisation occidentale comme le faisait Elie Arié, dans son livre « Mondialisation, déclin de l’Occident » [14]. Je n’y crois pas du tout.

D’abord (relire Braudel, moins célèbre mais dix fois plus sérieux que Huntington), les civilisations sont des espaces, des aires culturelles. Et toutes perméables que soient ces aires la géographie ne bouge pas. Les civilisations sont aussi des continuités fondées sur des mentalités collectives et qu’on ne peut pas aborder au jour le jour.

Donc, qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, l’Occident continue de tenir la corde et n’est pas près d’en acheter une autre pour se faire pendre avec.

Voilà qui vient tempérer un certain pessimisme. L’annonce de la mort de l’Occident est très prématurée, qu’on le regrette ou qu’on en soit content. Il me semble que nous n’avons aucune raison de nous suicider.

Mais peut-être aurions-nous raison de faire plus attention à ceux qui ne pensent pas comme nous.

Je vous remercie.

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[1] Der Untergang des Abendlandes, de Oswald Spengler, publié en 1918 (pour la première partie) et 1922 (pour la seconde), traduit en français par le philosophe Mohand Tazerout en 1948.
Le déclin de l'Occident, Esquisse d'une morphologie de l'histoire universelle (2 tomes 1918-1922), Gallimard, 1948 réédité en 2000.
[2] Le Manifeste des intellectuels français pour la défense de l'Occident et la paix en Europe rédigé par Henri Massis et destiné à soutenir l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie, fut publié dans le quotidien Le Temps du 4 octobre 1935, accompagné des signatures de soixante-quatre intellectuels, notamment des membres de l'Action française ou des partisans du fascisme. Plusieurs centaines de signatures en firent l'une des pétitions les plus mobilisatrices de l'entre-deux guerres, fédérant une sorte de « néo-pacifisme de droite ».
[3] Défense de l’Occident, revue d’extrême-droite fondée par Maurice Bardèche en 1952. Elle paraîtra jusqu’en 1982.
[4] C'était de Gaulle, d’Alain Peyrefitte, recueil de propos du général De Gaulle paru en trois tomes de manière posthume, le premier en 1994 et le dernier en 2000.
[5] Le monde actuel, Fernand Braudel en collaboration avec Suzanne Baille et Robert Philippe, Belin, 1963. Réédité en 1987 sous le titre Grammaire des civilisations.
[6] Dossier : « Le monde occidental est-il en danger ?», sous la direction de Pascal Boniface dans La Revue internationale et stratégique N°75, automne 2009
[7] « L’Occident est-il fini ? », Courrier international (2011)
[8] « Le déclin de l’Occident », Éléments N° 139, avril-juin 2011
[9] « L’Occident en débat », dans Questions internationales (La Documentation Française), 14 janvier 2010
[10] « L’Europe, quel numéro de téléphone ? » aurait demandé en 1970 Henry Kissinger, Secrétaire d’État américain.
[11] L’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN) est une organisation politique, économique et culturelle, fondée en 1967 à Bangkok, regroupant dix pays d'Asie du Sud-Est : Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie et Cambodge.
[12] La constitution antoninienne (« édit de Caracalla ») accorda en 212 le droit de cité romaine à tous les habitants libres de l’Empire, étape dans le passage de la cité conquérante à la fédération unificatrice.
[13] « Le pape, combien de divisions ? » aurait répondu Staline en 1945 à Winston Churchill (d’aucuns prétendent que c’était à Laval) qui lui demandait de respecter les libertés religieuses dans l'Europe centrale que l'Armée Rouge occupait.
[14] « Mondialisation, déclin de l’Occident » par Elie Arié (et préfacé par Jean-Pierre Chevènement), Editions de Paris, 2012.


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Fondation Res Publica I Jeudi 21 Mars 2013 I | Lu 9378 fois


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