Intervention de Jean-Pierre Chevènement

par Jean-Pierre Chevènement


Intervention prononcée lors du colloque Paris-Berlin-Moscou : une émancipation européenne du 24 mai 2005


Je voudrais très sincèrement remercier Egon Bahr pour cet exposé extrêmement stimulant qui, par sa hauteur de vues, nous fait prendre conscience des formidables évolutions survenues dans le monde.
Naturellement, nous partageons tout à fait la conviction que les peuples européens doivent coopérer entre eux, que la paix est la chose la plus précieuse sur notre continent. Deux guerres mondiales ravageuses nous l’ont appris et aucun peuple d’Europe ne souhaite revenir à l’époque des conflits intereuropéens.
Le problème est qu’aujourd’hui les menaces de guerre ne viennent plus des risques de conflits entre peuples européens mais se situent au Moyen-Orient et, nous semble-t-il, sont le résultat de la politique américaine qui tend à la domination. On l’a vu avec la doctrine des guerres préventives et son application hier à l’Irak, demain peut-être à d’autres pays : la Syrie, l’Iran ou je ne sais quel autre. Le risque pour l’avenir ressemble plus à ce que Huntington a appelé « clash de civilisations », conflit de civilisations, avec les répercussions que cela peut avoir sur nos sociétés multiethniques, ou plutôt multiculturelles, chacun comprend ce que je veux dire – la société française est marquée par une hétérogénéité croissante. Nous devons essayer de faire face à ce monde nouveau.
J’aimerais interroger mon ami Egon Bahr que je respecte infiniment et pour lequel, je dois le dire, j’ai beaucoup d’admiration même si nous ne sommes pas d’accord sur tout. Sans doute y a-t-il quelques malentendus à dissiper mais je pense qu’il faut poser les problèmes d’une manière aussi claire que possible pour susciter le dialogue le plus franc, le plus étroit et le plus amical entre la France et l’Allemagne. J’étais le ministre de la Défense de François Mitterrand pendant les événements qui ont conduit à la réunification de l’Allemagne. François Mitterrand savait que l’Allemagne devait se réunifier, il craignait les conséquences que cela pouvait avoir dans nos rapports avec l’Union soviétique et souhaitait que cela fût canalisé dans la bonne direction. Peut-être au fond de lui-même, à cause du souvenir des deux guerres mondiales [il était né pendant la première et avait vécu la seconde comme prisonnier en Allemagne, au moins pendant les deux premières années, je crois qu’il s’est évadé au bout d’un an et demi, mais il était resté marqué par cette période] était-il désireux d’envelopper la puissance allemande, dont on ne savait pas ce qu’elle allait devenir, dans un cadre européen plus ferme. Je vais faire une confidence à Egon Bahr : François Mitterrand m’a dit un jour, en 1993, je crois, au moment du conflit de la Bosnie-Herzégovine: « Je vois que la diplomatie allemande est l’héritière non seulement de la diplomatie du Reich mais aussi de la diplomatie de l’Autriche-Hongrie ». Son état d’esprit était celui d’un homme prudent, vorsichtig, mais il était amical avec le peuple allemand, comprenait la nécessité de son unité pourvu que cela se fasse pacifiquement, et souhaitait profondément arriver à une bonne compréhension réciproque.
Les dix ou quinze ans qui nous séparent de cette période ont été, je le pense, très positifs grâce, il faut le dire aussi, au chancelier Schröder auquel je veux rendre hommage parce que la manière dont l’Allemagne s’est posée naturellement comme une nation démocratique normale, « post nationaliste » en quelque sorte, est, pour la nation qu’est la France quelque chose de rassurant. Non seulement nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que se trace un « deutscher Weg », un chemin allemand - c’est-à-dire à ce que votre politique étrangère soit en concordance avec vos aspirations, les aspirations normales d’un peuple démocratique normal - mais nous pensons que c’est un terrain plus solide pour la coopération et pour la compréhension entre nos deux peuples. La politique allemande, dès les élections de septembre 2002 et en 2002-2003, quand le chancelier Schröder a pris les positions que l’on sait sur la guerre en Irak, a permis à la position française de s’affirmer plus clairement. Je ne suis pas sûr que sans cette prise de position allemande, la position française eût été exactement ce qu’elle a été. Je pense que le vote du peuple allemand, confirmant la position du chancelier Schröder a permis à la France d’exprimer clairement sa position à l’ONU ; c’eût été certainement plus difficile si le chancelier Schröder avait perdu les élections. Je dis cela pour avoir vécu ces événements d’assez près.
Nous nous réjouissons de ce que l’Allemagne soit aujourd’hui un Etat souverain avec lequel nous voulons discuter en toute franchise et sans aucune arrière-pensée. Il n’y a pas de conflit envisageable entre la France et l’Allemagne, notre avenir est un avenir de solidarité toujours plus étroite, toujours plus grande. Le problème est de savoir comment cette solidarité peut se manifester. Nous avons peut-être des nuances mais celles-ci ne sont pas de nature à nous opposer fondamentalement.

Egon Bahr a posé le problème des Etats-Unis. Effectivement, en tant qu’Européens, nous sommes obligés de nous poser la question des Etats-Unis.
1989-1991 : il semble qu’à la tension entre l’Est et l’Ouest se soit substituée une tension entre le Nord et le Sud. La première crise du Golfe s’est déclenchée en 1990, la guerre a suivi en 1991 et la deuxième guerre de Golfe n’a été qu’une conséquence plus lointaine de ce changement d’axe.
Egon Bahr a dit très judicieusement comment la renonciation à la violence de la part de l’Allemagne - parce que malgré tout il y avait la politique américaine de dissuasion mutuelle et la course aux armements - comment la politique allemande a pu créer les conditions d’une réunification pacifique qui, en effet, dépendait aussi de Mikhaïl Gorbatchev. Nous raisonnions alors Est-Ouest.
Mais aujourd’hui nous sommes sur un axe Nord-Sud, et c’est sur cet axe que des conflits d’intérêts et des tensions très fortes peuvent se manifester entre « l’hyperpuissance américaine » (selon l’expression d’un de mes amis, Hubert Védrine) et l’Europe, prise globalement. Les peuples européens ont, comme disait Nietzsche un « urinstinkt » un instinct fondamental, c’est la paix. Ce désir de paix les réunit, Allemands, Français, auxquels j’ajoute même les peuples associés à l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Le peuple britannique, le peuple espagnol ou le peuple italien veulent la paix. Leurs gouvernements ont pu les associer à cette guerre mais c’est la paix qui réunit les peuples, c’est la paix qui constitue l’intérêt commun fondamental.
J’aimerais par ailleurs, en me référant à une comparaison faite par un intellectuel néoconservateur, Robert Kagan « l’Europe est comme Vénus et les Etats-Unis comme Mars » demander si Mars et Vénus peuvent cohabiter. Peut-on imaginer un couple Mars-Vénus ? Question dérangeante sans doute.
Je pose cette question à Egon Bahr : Jusqu’à quel point pouvons-nous nous désintéresser de l’usage que les Etats-Unis font de leur puissance ?
Cette puissance n’a été rendue possible que par le fait que nous acceptons l’énorme déficit de la balance extérieure des Etats-Unis. Je rappelle deux chiffres : le budget de défense des Etats-Unis atteint 430 milliards de dollars mais le déficit extérieur américain atteint, lui, 620 milliards de dollars. C’est, dans une certaine mesure, l’Europe mais de plus en plus le Japon et la Chine - la Chine surtout- et bien sûr les pétromonarchies qui financent ce déficit en acceptant d’être payés en bons du Trésor américains. Les Etats-Unis captent 80% de l’épargne mondiale, leur déficit aboutit à une dette croissante dont on ne connaît pas la façon dont elle sera soldée. Cette situation durera-t-elle toujours ? Vraisemblablement pas. Comment cela se terminera-t-il ? Par une crise du dollar, une crise de confiance ? C’est possible. Par un freinage de l’économie américaine et une récession mondiale ? C’est aussi possible, c’est ce qui semble s’esquisser actuellement. Y aura-t-il un nouveau krach boursier ? C’est envisageable. Cette situation est éminemment instable et on ne peut pas séparer les aspects militaires des aspects économiques, financiers et monétaires.
En tout cas, nous Européens, sommes maintenant dans une zone de stagnation. Je voudrais insister sur le fait que nous avons 10% de chômeurs dans toute l’Europe, 5 millions en Allemagne, près de 3 millions en France. Les conditions de la concurrence sont tellement déséquilibrées avec un certain nombre de pays où la rémunération du travail est très basse que nous perdons progressivement notre tissu industriel : nous subissons des délocalisations pas toujours dues aux déplacements de sites de production mais simplement au fait que l’investissement s’interrompt ou régresse et que le capital se place ailleurs.
Nous sommes donc dans une phase de déclin industriel, de crise sociale dont les effets se font sentir en Allemagne comme en France.
Les élections en Rhénanie- Westphalie, aussi bien que l’évolution de l’opinion publique en France et les récentes élections mais aussi le prochain référendum, tout cela manifeste que la situation n’est pas acceptable, que des changements sont souhaitables.
La croissance allemande est très faible, elle est tirée essentiellement par l’exportation parce que vous êtes le premier exportateur mondial, à peu près à égalité avec les Etats-Unis, mais l’économie allemande elle-même est complètement atone et c’est vrai de l’économie européenne en général. L’Italie n’est pas dans une meilleure situation, la France non plus. On voit que la Grande-Bretagne elle-même va moins bien, bien qu’elle ne soit pas dans la zone euro, parce qu’il existe une solidarité de fait de toute les nations européennes. C’est cela qu’il faut organiser, c’est à cela que nous devons réfléchir dans ce monde déséquilibré par des inégalités abyssales de salaires, avec le privilège du dollar qui permet aux Etats-Unis de financer leur croissance avec la planche à billets. Nous sentons bien que de nouvelles règles du jeu sont souhaitables. Comment y parvenir ?
Je voudrais dire à Egon Bahr qu’il a formulé une hypothèse optimiste, c’est qu’après Monsieur Bush, on revienne à une situation plus normale avec les Etats-Unis. Que les Etats-Unis acceptent d’être le primus inter pares, personne ne le contestera et nous souhaitons rester les alliés des Etats-Unis même si nous ne voulons pas être leurs vassaux et si nous ne voulons pas avoir avec nos voisins arabes, turcs, iraniens, indiens et, plus loin encore, chinois des relations inutilement conflictuelles. Nous souhaitons avoir des relations équilibrées. L’expression « nouvel ordre mondial », « new world order » est très ambiguë, car les Américains l’ont, depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale, toujours chargée d’une conception très hégémonique, vous l’avez d’ailleurs rappelé.

Pouvons-nous résister à l’entraînement de l’hyperpuissance ?
Les Etats-Unis peuvent en effet faire toutes les guerres « préventives » qu’ils veulent tant qu’il s’agit de détruire des forces adverses au sol. C’est beaucoup plus difficile quand il faut occuper un territoire. Leur politique militaire est un relatif échec de ce point de vue. Ils ont besoin de l’Europe, ils ont besoin du soutien politique de l’Europe, ce qu’on appelle le « soft power », ils ont aussi besoin d’un soutien financier, d’un soutien militaire. Ils ont d’ailleurs demandé à plusieurs pays européens d’envoyer des troupes en Irak : la Grande-Bretagne, l’Italie, la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, d’autres encore, ont des forces stationnées en Irak. Tout cela crée un engrenage. Le mérite de la position allemande et française est d’avoir montré que cette guerre n’était pas une guerre de l’Occident tout entier contre le monde musulman, que c’était une guerre concernant les Etats-Unis et leurs clients.
Le problème se posait peut-être autrement parce que derrière les difficultés avec le monde arabe, d’autres questions surgissent : celle des relations avec la Chine et, plus près de nous, celle des relations avec la Russie. Pour tout cela, nous ne pouvons pas accepter d’être mis à la remorque des Etats-Unis. Nous n’avons pas à rivaliser avec eux. Je suis entièrement d’accord avec ce qu’a dit Egon Bahr : nous n’avons absolument pas besoin de rivaliser avec eux sur le plan militaire parce que nous n’avons pas la même diplomatie et que la défense doit servir la diplomatie. Il nous suffit donc d’avoir des capacités défensives suffisantes pour ne pas être entraînés dans des conflits qui ne sont pas dans notre intérêt. Bien entendu, il nous appartient aussi d’exercer une influence modératrice sur les Etats-Unis dont on peut espérer qu’ils ne seront pas toujours dirigés par l’actuelle administration. Il faut remarquer que c’est depuis Monsieur Reagan que les Etats-Unis ont développé un budget de défense considérable, très supérieur à celui dont ils avaient besoin avec le projet de bouclier anti-missiles. Je ne sais pas s’il faut considérer que ce bouclier peut être opérationnel rapidement, je suis plus interrogatif, mais peut-être n’ai-je pas tous les éléments. De toute façon, je crois que ce bouclier anti-missiles répond à une menace qui n’est pas immédiate, je veux parler du couplage des missiles avec des armes nucléaires venant de pays supposés adverses. Bien entendu il faut y réfléchir mais il existe d’autres méthodes pour écarter ces dangers, des méthodes diplomatiques : vous avez fait allusion aux négociations entreprises avec l’Iran.
Je pense que si nous voulons pouvoir résister aux Etats-Unis, il faut que nous regardions la leçon de choses qu’a été la guerre d’Irak. L’Allemagne et la France n’auraient certainement pas pu résister si elles n’avaient pas eu au Conseil de sécurité l’appui de nombreux pays, à commencer par celui de la Russie.
Si je partage en gros votre analyse sur la Russie, je pense que le développement de nos relations avec la Russie est d’intérêt commun. Je vois tout le parti que l’Allemagne peut en tirer sur le plan de ses approvisionnements en gaz mais c’est un problème européen.
L’Europe a besoin aussi de la profondeur du marché russe pour se développer et la Russie a besoin de l’Europe avec laquelle elle fait près de 40% de son commerce extérieur, beaucoup plus qu’avec les Etats-Unis qui représentent seulement 7% ou 8% du commerce extérieur de la Russie. Cela crée des conditions favorables pour le développement de la coopération entre l’Europe et la Russie ; la proximité géographique y contribue aussi et il y a des grands projets de développement à l’échelle du continent auxquels nous pouvons travailler ensemble.
Bref il me semble que l’Europe qui est faite de peuples latins, de peuples germaniques et de peuples slaves, a tout intérêt à une bonne compréhension entre Paris, Berlin et Moscou. C’est une nécessité qui dépasse d’éventuelles difficultés provisoires.
S’agissant de l’Europe, vous l’avez dit, c’est une Europe des nations vers laquelle nous allons mais l’Europe des nations peut très bien comporter certaines délégations de compétences, par exemple au niveau de la zone euro que nous ne remettons pas en cause. Nous pouvons aller vers un véritable gouvernement économique de la zone euro parce que c’est de cela dont nous avons besoin, pas seulement d’une Banque centrale européenne indépendante, conçue d’ailleurs sur le modèle de la Bundesbank : c’était la condition posée par le chancelier Kohl, acceptée par François Mitterrand, même si au fond nous n’étions pas convaincus. L’indépendance totale de la Banque centrale nous paraît une hérésie mais nous l’avons acceptée pour aller vers la monnaie unique. Maintenant que la monnaie unique existe, il faudrait peut-être penser à faire que l’Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances, ait un vrai pouvoir sur la politique de change, qu’on assouplisse le pacte de stabilité budgétaire pour déduire, par exemple, les dépenses de recherche. Car la stratégie de Lisbonne, définie en 2000, qui voulait créer l’économie de la connaissance la plus compétitive dans le monde, aujourd’hui est un échec. Nous en sommes très loin.

Comment y remédier ?
Permettre la déduction de certaines dépenses de recherche, au moins du plafond de déficit autorisé, serait un premier pas.
Il faut aussi aller, c’est l’évidence, vers une harmonisation fiscale et sociale progressive.
S’agissant de l’aspect militaire auquel je reviens, peut-être faut-il éviter de nous laisser imposer à travers l’Otan des systèmes de défense anti-missiles américains qui nous feraient prisonniers de la puissance américaine, qui priveraient l’Europe d’autonomie militaire et diplomatique.
Je le dis amicalement à Egon Bahr, s’agissant du projet de Constitution européenne : peut-être avons-nous un réflexe notarial, mais nous sommes très intéressés par ce qu’il y a dans la « Constitution ». Nous ne considérons pas qu’il s’agisse simplement d’un symbole de l’amitié entre les peuples. Nous voulons connaître les clauses de cette police d’assurance qu’on nous propose, en regardant le contenu de cette « Constitution », peut-être une erreur d’expression. Le mandat de Laeken n’était pas de faire une constitution, c’était un point d’interrogation. C’est Monsieur Giscard d’Estaing qui a fait une constitution « Verfassung », et pas un traité, « Vertrag ». Si c’était un traité, la France aurait vu cela d’un meilleur œil, mais c’est une constitution. L’article 1 dit d’ailleurs « la Constitution établit l’Union européenne », l’article 6 : « La Constitution et le droit européen priment le droit national ».
Le réflexe est évidemment celui du petit bourgeois qui va chez le notaire, il lit les clauses du contrat et il voit aussi un article 41 qui dit que « l’OTAN est l’instance de la mise en œuvre de la défense européenne ». Au moment où on nous demande de signer le règlement de co-propriété, nous regardons quand même ce qu’il y a dans le contrat. C’est peut-être un réflexe bêtement cartésien mais c’est le nôtre : nous n’avons pas encore accédé à cette dimension dialectique qui ferait apparaître cette « Constitution » comme un pas en avant vers un destin merveilleux. Nous nous méfions de cette forme d’esprit, à tort ou à raison. Nous comprenons la grandeur de l’esprit allemand mais nous nous méfions aussi de Monsieur Giscard d’Estaing quand il se prend pour George Washington.
L’essentiel est la volonté politique de travailler ensemble, d’aller aux problèmes qui se posent réellement, d’abord les problèmes économiques et sociaux qui frappent l’Allemagne comme la France.
Puisque Egon Bahr va retourner en Allemagne d’ici dimanche, je voudrais qu’il y dise qu’en France on ne va pas voter pour ou contre l’Europe, ce n’est pas le problème. On va voter pour ou contre la constitution.

Ma question à Egon Bahr est plutôt celle-ci :
Ne faut-il pas prendre d’avantage en compte les problèmes économiques, y compris dans notre rapport à l’Amérique ? En effet, si l’Amérique a pu développer cette politique militaire, c’est sur la base d’un déficit qui ne peut pas se prolonger.
D’autre part, nous connaissons en Europe une stagnation complète dont il faut sortir.
Il faut donc intégrer cette dimension économique à l’ensemble des autres problèmes sur lesquels je suis plutôt d’accord avec Egon Bahr. Je voudrais ajouter à la fresque qu’il a dessinée cet aspect économique aussi bien dans nos relations avec les Etats-Unis qu’en ce qui concerne l’économie européenne elle-même, en lui disant que, le peuple français est naturellement un peuple très politique. Vous connaissez ce que disait Karl Marx : « La France est une nation politique, l’Allemagne, une nation philosophique et la Grande-Bretagne une nation économique ». Je pense que ce n’était pas faux au XIXe siècle, est-ce toujours vrai au XXIe ?
Ma question est politique mais elle touche d’abord à l’économie aussi bien pour ce qui est de la capacité des Etats-Unis à soutenir leur politique militaire expansionniste que pour ce qui touche à la capacité de l’Europe de relancer son économie.
Merci de m’avoir écouté.

Fondation Res Publica I Mercredi 25 Mai 2005 I | Lu 3122 fois


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