Intervention de Jean-Luc Gréau

par Jean-Luc Gréau, Economiste, auteur de « l'Avenir du capitalisme »


Intervention prononcée lors de la table-ronde du 28 novembre 2005 Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne


Merci, Monsieur le ministre. Je suis particulièrement heureux et honoré de cette invitation à parler devant vous sur un thème difficile mais qu’on ne peut pas éviter. Je vais tenter d’être court pour respecter la règle qui veut que le premier intervenant d’une table ronde ne dévore pas trop le temps de parole des personnes qui vont lui succéder.
Je vais évoquer les thèmes en relation avec le sujet retenu aujourd’hui en rappelant d’abord que nous avons vécu en vingt-cinq ans une double transformation. Je le dis en sachant parfaitement bien que le sujet d’aujourd’hui est le libre-échange, les relations commerciales, la transformation commerciale que nous connaissons depuis un certain nombre d’années.

Néanmoins je voudrais rappeler que ce qu’on appelle aujourd’hui mondialisation englobe à la fois
· une transformation financière plus ancienne qui date environ de 1980, qui a vu la montée en puissance et le positionnement central de ce qu’on appelle les marchés financiers : marché des actions, marché des obligations, marché des changes.
· Ensuite, une transformation commerciale, c'est-à-dire l’élargissement progressif des échanges avec l’inclusion de nouveaux acteurs, extrêmement puissants et potentiellement dévastateurs pour le commerce mondial, qui n’avaient pratiquement aucun poids dans ce commerce il y a vingt-cinq ou trente ans.

Si je dis cela, c’est parce que l’idéologie libre-échangiste est quotidiennement récitée, proclamée à l’intérieur des marchés financiers. Ce ne sont pas des comités Hyppolite ou Théodule du néolibéralisme qui ont fait triompher l’idéal ou l’idéologie libre-échangiste, ce ne sont pas les réflexions universitaires, ce ne sont pas non plus les dirigeants économiques des Etats, ce sont essentiellement ces marchés qui ont promu l’idée de libre-échange et fini par l’imposer au reste du monde.
N’oublions jamais ce point lorsque nous abordons les échanges commerciaux. Il y a un cœur de cette idéologie libre-échangiste : les marchés financiers déterminants de New York et de Londres.

Abordons la transformation commerciale. J’oppose dans mon ouvrage, de façon simple - peut-être abrupte mais, je crois, avec raison - deux mondialisations.
La première mondialisation a eu lieu à la fin du 19e siècle, jusqu'au début du 20e. Je l’appelle la mondialisation anglaise en raison du caractère prédominant et moteur de l’Angleterre de cette époque dans ce processus de mondialisation.
Je l’oppose à celle d’aujourd’hui que j’appelle la mondialisation américaine - que je serais tenté d’appeler : la mondialisation américaine et chinoise - parce que, dans beaucoup de têtes court l’idée qu’avec la mondialisation, aujourd’hui, nous n’aurions fait que reprendre un projet qui avait avorté avec la Première guerre mondiale et avec les expériences totalitaires que le 20e siècle a connues.
Or je crois qu’on peut, au contraire, opposer, sous l’angle purement logique, les deux mondialisations.
La première est une mondialisation anglaise en ce sens qu’elle est assise, non seulement sur la puissance commerciale et financière de l’Angleterre, mais surtout sur sa capacité industrielle qui lui permet de dégager, en sens contraire de la situation américaine que Jean-Pierre Chevènement a évoquée tout à l’heure, un excédent formidable qui a atteint jusqu’à 9% ou 10% du PIB anglais. L’Angleterre de cette époque exporte ses capitaux et c’est une des raisons de sa force dans le système mondial : Londres est la première place financière du monde parce qu’elle est la première puissance commerciale et industrielle.
C’est une mondialisation blanche – j’utilise un terme racial à dessein – parce qu’elle englobe essentiellement, sinon quasi exclusivement, l’Europe occidentale et ses grandes colonies de peuplement d’Amérique du Nord et du Pacifique. Cela forme un autre contraste assez violent avec la mondialisation actuelle qui, désormais, englobe presque tous les continents mais surtout l’Amérique du Nord, de l’Europe et l’ensemble asiatique qui représente à peu près la moitié de la population mondiale.
Troisième point : cette première mondialisation est gouvernée monétairement par le régime de l’étalon-or. Pour n’avoir jamais été partisan de ce régime, pour ne pas demander la résurrection de ce système, je dois pourtant dire qu’il y a là aussi une contradiction, une opposition entre un système stabilisé par un régime monétaire très précis et la situation actuelle qui voit des variations très violentes des parités monétaires et surtout le fait – point essentiel si on veut aborder les relations commerciales – que le marché des changes ne corrige pas les inégalités de compétitivité qui peuvent naître entre les différents pays ou les différents continents.
Donc, mondialisation anglaise, mondialisation américaine, avec la prédominance du dollar. Je dirai pour ceux qui pensent que nous sommes dans la continuité vis-à-vis d’une domination du dollar qui s’est exprimée dès 1945 après la guerre et dans le régime de Bretton Woods : Attention, aujourd’hui, ce dollar n’est plus un dollar transatlantique qui gouverne principalement les échanges entre l’Europe et les Etats-Unis, c’est un dollar transpacifique parce que les flux d’échanges ont tendance à se déplacer vers le Pacifique. Et surtout, cette prédominance du dollar va jusqu’à faire que des pays asiatiques commercent entre eux en monnaie américaine, chose assez paradoxale tandis que les pays européens après la guerre commerçaient avec leurs propres monnaies.
Donc la deuxième mondialisation n’est pas la reprise de l’expérience interrompue par la Première guerre mondiale, c’est une autre expérience qui procède d’une autre volonté et d’une autre logique.

Nous sommes dans cette mondialisation commerciale depuis environ quinze ans. La Chine, dont Philippe Cohen va vous parler dans un instant, a décollé en 1980 : vingt-cinq années de décollage ininterrompu. La Chine a connu le décollage le plus intense et le plus long de toute l’histoire des économies vouées à s’industrialiser. C’est un phénomène sans précédent. Mais c’est surtout depuis une quinzaine d’années que les pays émergents d’Asie s’incorporent après les tigres asiatiques – et après le Japon dans l’après-guerre – au commerce mondial et commencent à le dominer.
L’homme contemporain répugne généralement à faire des bilans. Nous sommes comme des surmulots courant vers la mer sans ralentir la course, sans nous arrêter un moment pour nous demander ce que nous sommes en train de faire et où nous allons. Or la logique, surtout lorsqu’il s’agit d’une expérience aussi massive que la mondialisation commerciale impliquerait que nous puissions faire des bilans périodiques en essayant de dégager les aspects positifs et négatifs de l’expérience et de voir s’il faut la poursuivre selon les modalités déjà arrêtées. Or l’esprit contemporain se refuse à faire des bilans, c’est un point marquant, on continue à aller de l’avant sans se poser cette question.
A priori, le bilan est positif.
L’économie mondiale a deux moteurs : le moteur américain et le moteur chinois. Le moteur américain est un moteur consommateur, le moteur chinois est un moteur investisseur. Apparemment ils continuent à fonctionner sans retenue, sans obstacle. La croissance américaine est proche de 4%, la croissance chinoise, si les chiffres sont bons, de l’ordre de 9%, 9,5%, avec une croissance industrielle supérieure à 15%. C’est d’autant plus remarquable que selon le mécanisme des intérêts composés, le PIB chinois, les exportations chinoises, sont devenus particulièrement importants.
Cette situation apparemment favorable laisse de côté, cependant, le Japon – malgré sa position centrale en Asie en tant que grand producteur de biens d’équipement de l’Asie émergente – et l’Europe continentale (en 2001 s’est interrompu le dernier cycle de croissance favorable pour l’Europe continentale).

Cette croissance mondiale est obtenue au prix de certaines conditions :
La première condition est le déficit commercial des Etats-Unis qui atteint 700 milliards de dollars (cela donne 800 milliards de dollars pour la balance courante en 2005). C’est un déficit qui est non seulement chronique mais croissant : on ne le voit jamais se stabiliser sinon pour une courte période. J’attire votre attention sur le fait que l’Europe elle-même est concernée par un déficit croissant de ses échanges avec l’Asie. Sans l’arbre énorme – espèce de séquoia – allemand qui masque la forêt, nous serions dans une situation amplement déficitaire. Ne nous laissons pas abuser par la surcompétitivité de l’Allemagne, nous sommes en déficit : le déficit français se creuse, le déficit espagnol est à peu près le record du monde en termes de PIB, 9% mais l’excédent commercial allemand est, en termes de PIB, le record du monde, avec 7% du PIB.
Deuxième point, l’accumulation consécutive des réserves de change dans les caisses des banques centrales asiatiques. Réserves de change, donc réserves de trésorerie pour prévenir des besoins. Or il n’y a pas de besoins à prévenir puisque ces pays continuent d’accumuler des réserves exprimées en dollars sans besoin apparent du fait même de leur excédent constant et croissant avec l’Amérique du Nord. J’attire votre attention sur ce point : ce ne sont pas des dollars qui s’accumulent, ce sont des titres du Trésor américain, obligations et bons du Trésor, ce qui signifie que les dollars reviennent dans les circuits de l’économie américaine pour continuer à soutenir son expansion interne de l’économie. Cette confusion est souvent faite, c’est pourquoi je me permets d’essayer de l’écarter devant vous. Cette économie est régulée monétairement par la Banque centrale américaine. On a vu, au moment de la crise asiatique, la Banque centrale américaine qui essayait de refroidir l’économie intérieure, déjà en surchauffe, opérer une volte-face et c’est comme ça qu’on a connu la fin de la crise asiatique mais aussi le boom boursier qui a fini dans les crises boursières de 2001-2002 aux Etats-Unis et, de nouveau, la Banque centrale américaine a relancé la machine à la suite de la crise de l’investissement, de la crise du marché des actions américain alors même qu’en 2000, elle essayait encore de refroidir la machine américaine.
Donc la Banque centrale américaine fait office de banque mondiale, de pilotage de l’économie mondiale. C’est un point troublant parce qu’il n’y a pas de partage des rôles de ce point de vue : on ne peut pas dire que la Banque centrale européenne ait un rôle défini dans le concert de l’économie mondiale. Mais il y a surtout, c’est le point essentiel pour moi, une accumulation de dettes dans les comptes des ménages américains. Vous me direz que les ménages américains ne ont pas les seuls ménages endettés de la planète, le record est détenu par l’Australie (140 % du revenu disponible brut), suivie de l’Angleterre (133% du revenu disponible brut), les Américains sont à 126% ou 127%. Néanmoins c’est aux Etats-Unis que se trouve la masse de consommateurs décisionnaires qui soutiennent le circuit de la croissance mondiale par leurs dépenses. J’essaie de poser une conclusion ferme qui me paraît inévitable : quelle que soit la capacité des Etats-Unis à maintenir le crédit dans leur monnaie qui domine les échanges monétaires, économiques et financiers dans le monde, les ménages américains ne sont pas voués à se surendetter éternellement. Nous sommes proches d’un seuil à partir duquel, comme les ménages australiens en 2004 et – ce qui est beaucoup moins su – comme les ménages anglais en 2005, ils devront ralentir leur frénésie de dépenses, de la même façon que l’Australie et l’Angleterre ont vu leur consommation chuter à environ 1%, et leur croissance chuter à environ 1,5%, les Etats-Unis devraient connaître le même phénomène à plus ou moins brève échéance. Dès lors se posera la question de la stabilité du système mondial avec une consommation américaine réduite et, par conséquent, avec un investissement asiatique qui aura tendance à se ralentir,voire à se replier.

Cette croissance des échanges mondiaux s’est accompagnée d’un phénomène qui ne fait pas la une des journaux économiques : la déflation salariale.
Par déflation salariale j’entends deux choses :

· On substitue des emplois à bas prix à des emplois relativement bien payés. Si on substitue un emploi mexicain de Général Motors à un emploi américain de Détroit, cela représente une différence de un à six. Si on substitue un ingénieur de Boeing qui travaille à Moscou à un ingénieur de Boeing qui travaille à Seattle cela fait aussi une différence de un à six. Cela signifie qu’on abaisse globalement la rémunération de la ressource humaine au sens large.
· La contrainte salariale qui pèse sur les employés de tous grades des entreprises d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et du Japon du fait de cette compétition mondiale. Un événement massif s’est produit en Allemagne au cours de ces dernières années en ce sens que le programme que l’on a imputé à Madame Angela Merkel a été accompli par Monsieur Gerhard Schröder et Monsieur Hans Eichel. Les entreprises industrielles allemandes exportatrices ont renégocié les conditions de rémunération de leur main d’œuvre et de leur recherche-développement de telle façon que les Allemands maintenant travaillent beaucoup plus pour le même prix, voire pour un prix qui a été abaissé. Ceci s’accompagne d’accords de flexibilité qui ont été conclus à peu près partout. L’Allemagne a réduit massivement ses coûts unitaires de production pour maintenir sa surcompétitivité externe et c’est ainsi qu’en 2003, l’Allemagne a reconquis sa position de premier exportateur mondial. Il ne peut pas y avoir de Big bang libéral en Allemagne, tout simplement parce que celui-ci a eu lieu. Et je ne parle pas de ce qui s’est passé pour l’assurance maladie, pour les retraites, pour la fiscalité des ménages et la fiscalité des entreprises. Je ne vois pas ce qui reste à faire à Madame Angela Merkel.

Mais le problème que pose cette déflation salariale, c’est que nous régressons maintenant à un stade antérieur à celui exprimé par la loi des débouchés. La loi des débouchés de Jean-Baptiste Say repose sur le principe que les revenus distribués à l’occasion de la production, les coûts du système de production sont tels que la production va pouvoir s’écouler au moment où ces revenus vont apparaître sur le marché. Or, si l’on tend à abaisser constamment le coût de la ressource humaine, par définition, va apparaître un problème de débouchés pour la production mondiale. Pour l’instant ce problème ne se pose pas en raison de la surconsommation de certains pays dont la première puissance économique mondiale, les Etats-Unis, le jour où cette surconsommation disparaîtra où, au contraire, on assistera à une résorption de la consommation et de la dette des ménage concernés, nous devrions avoir un très fort ralentissement de l’économie mondiale, voire une récession.

Dernier point avant d’aborder le stade des propositions.
Observez ce qui se passe en ce moment même et qui contredit les schémas économiques traditionnels. Les pays d’Asie émergente au sens large importent pour la plupart des matières premières et, massivement, des biens d’équipement parce qu’ils sont en phase de rattrapage économique. Or la théorie économique nous enseigne qu’à ce stade, ces pays doivent être déficitaires. Ils devraient être d’autant plus déficitaires, si l’on prend le cas de la Chine, que le prix des matières premières a beaucoup augmenté, non seulement le pétrole mais le nickel, le cuivre, le zinc, les ferrailles. Or c’est le contraire, les soldes commerciaux de ces pays ont tendance à s’améliorer en contradiction avec le schéma économique traditionnel.

J’en arrive à ma conclusion :
Double situation d’urgence :
· Comment conserver la compétitivité internationale de nos sites de production ? Comment conserver une palette d’emplois suffisamment diversifiés au sein de nos économies anciennement industrialisées ? Il y a là une situation d’urgence.
· Deuxième situation d’urgence : Comment faire pour reprendre une politique de progrès de la rémunération au fur et à mesure que les progrès de productivité se poursuivent ? A l’heure où je parle, l’économie française continue à engranger chaque année des gains de productivité, relativement modestes au regard de ce que nous avons opéré pendant l’après-guerre mais qui, tout de même sont de l’ordre de 1,5% ou 2% l’an . Cette productivité est détournée de la sphère du travail et il faudrait pouvoir de nouveau en faire profiter la sphère du travail. Comment faire si nous continuons d’être soumis à une concurrence mondiale telle qu’elle a été définie depuis l’Uruguay Round, les accords de Genève et le Traité de Marrakech ?

Il faut aborder le stade des solutions.
Première hypothèse : le tarif extérieur commun de l’Union européenne tel que nous l’avons connu dans l’ancienne communauté après la guerre.
Cette hypothèse n’est pas à écarter d’un revers de main. Néanmoins, elle présente deux défauts :

· La notion de préférence communautaire prête spontanément à la critique. C’est, d’emblée, se placer dans une position de faiblesse relative. Pourquoi préférer et ne pas traiter équitablement les producteurs et les sites des différents continents, des différentes nations ? Or, ce qu’il faut obtenir, en réalité, c’est un traitement équitable. Il ne faut pas mettre en concurrence la main d’œuvre du Jura avec la main d’œuvre du Nord de la Chine. Il ne faut pas mettre en concurrence nos ingénieurs avec les ingénieurs russes ou chinois. Sachez qu’aujourd’hui même, plusieurs grands groupes français (Lagardère, Véolia par exemple) n’embauchent plus d’ingénieurs français. Que vont faire nos ingénieurs ?
Je pense qu’il faut parler de traitement équitable plutôt que de préférence.

· Le risque d’isolationnisme commercial européen.
Pourquoi ? Dans nos relations commerciales, nous avons de grands partenaires qui ont des conditions de travail à peu près comparables aux nôtres : je pense aux Etats-Unis, au Canada et, bien sûr, au Japon – même si le Japon reste un marché fermé pour des raisons tout à fait particulières. Mettre en place un tarif extérieur commun, c’est risquer une sorte d’isolement politique de l’Europe et se placer en position de faiblesse.

Je préfère donc qu’on parle de taxes ou de tarifs anti-dumping en reprenant une formule très ancienne inaugurée par Monsieur Edgar Faure, l’un de nos grands hommes politiques d’après guerre dont je soutiens la mémoire. Il parlait déjà de dumping social, à cette époque, alors que nous n’étions pas en situation de mondialisation. Il faut traiter équitablement les entreprises et les sites de production de notre Europe occidentale vis-à-vis des autres sites de production situés dans le monde et pour cela, mettre en place des taxes anti-dumping.
Je prends un exemple : par je ne sais quel mystère, je ne sais quel miracle, le vélo européen est protégé. Ne cherchons pas à connaître les arcanes de la décision bruxelloise… mais le résultat c’est que 47% de taxes sur le vélo chinois, 34% de taxes sur le vélo vietnamien, cela fait que nous maîtrisons notre marché de la bicyclette, alors que ce marché est croissant.
Cela signifie que ces taxes seraient efficaces mais, surtout, elles ont un avantage : elles sont sélectives. Vous choisissez les produits et les pays que vous voulez frapper en fonction du caractère d’inéquité de la concurrence qui affecte nos relations avec eux.
Vous pouvez aussi graduer, décider à un certain moment de taxer très fortement puis abaisser la taxe lorsque les conditions de la compétition auront changé. Vous pouvez faire évoluer votre système de façon souple, en fonction des circonstances et des interlocuteurs.
J’aurais donc tendance à demander une sorte de politique anti-dumping social avec toute la nomenclature des produits, des services qui peuvent être concernés par nos relations avec le reste du monde et tout particulièrement avec l’Asie.

Je terminerai par quelques mots ultimes sur la Chine pour vous indiquer un point qui me consterne, m’afflige, me révulse. Dans sa politique vis-à-vis du reste du monde, la Chine ne vise pas seulement l’Amérique du Nord ou l’Europe. J’ai pu constater à l’occasion de voyages en Afrique les ravages que ce pays exerce sur place.
Ce pays est le plus grand contrefacteur du monde. La Chine contrefait les produits français et européens, les produits américains … Mais même les produits africains !
Ce pays est le plus grand corrupteur du monde. L’Afrique de l’ouest, pourtant protégée par un tarif douanier, n’a pas de protection douanière, tout simplement parce que ses douaniers sont corrompus par les Chinois, ce qui fait que les marchandises chinoises sont dédouanées, au sens matériel du mot, par la corruption chinoise, ce qui fait qu’elles parviennent sur les marchés intérieurs à un prix inférieur à celui des producteurs locaux. Les chemises portées par les habitants de Bamako sont faites à partir de coton malien ou burkinabé, exporté vers la Chine et réimporté en franchise de douane vers l’Afrique de l’ouest.
Ce pays joue un rôle essentiellement destructeur à l’échelle mondiale. Je ne veux pas anticiper sur les propos de Philippe Cohen mai je crois qu’il y a là un cas d’espèce et c’est pour moi une affliction que de voir les grands dirigeants de l’Europe, le Président de la République française, le Chancelier d’Allemagne fédérale, le Président de la Commission européenne aller faire acte de révérence – je n’ai pas dit « allégeance » – vis-à-vis de ce curieux parti communiste chinois qui continue à diriger la nouvelle grande puissance économique.
Je vous remercie de votre attention.

Fondation Res Publica I Mardi 29 Novembre 2005 I | Lu 6869 fois





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