Débat final


Interventions prononcées lors du colloque du 30 mars 2009, Sécurité européenne : OTAN, OSCE, Pacte de Sécurité.


Débat final
Monsieur l'Ambassadeur Robin
Monsieur d’Aboville, à la fin de son exposé, a dit que, la France ayant réintégré l’ensemble du dispositif de l’OTAN, on pouvait espérer qu’elle pèse désormais d’un plus grand poids dans l’évolution à venir de l’OTAN.

Mais que peut-on penser de l’avenir d’une organisation comme l’OTAN ?
Cette organisation qui n’a plus son autorité d’origine, qui n’en a pas retrouvé d’autre qu’on puisse nommer sans se couvrir de ridicule, n’a donc strictement aucune utilité. On peut comprendre qu’un pays comme la Pologne trouve l’OTAN utile mais j’attends qu’on me dise quelle utilité la France attend de l’OTAN.

Non seulement l’OTAN est inutile mais elle est nuisible. L’OTAN pollue le paysage international dans toutes les dimensions. Elle complique la construction de l’Europe. Elle complique les rapports avec l’OSCE (mais ce n’est pas le plus important). Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’OTAN ne se conforme pas au droit international. Le non recours à la force est impossible à l’OTAN car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations unies.

Par conséquent je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’OTAN, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse.


Benoît d'Aboville
Avec tout le respect que je dois à un ancien maître et à un grand ancien, je voudrais, sans aborder la question philosophique de la pertinence de l’Alliance, souligner que nos partenaires sont extrêmement attachés à la relation transatlantique. L’Irak a été perçu comme un divorce au sein de la famille. Aujourd’hui – mais ça peut changer – la famille est « recomposée » : avec l’arrivée d’Obama, on ne parle plus - ou pas encore- des choses qui peuvent fâcher. En même temps - je retiens ce qu’a dit Monsieur Chevènement – la Chine et l’Asie, bien plus que l’Europe, préoccupent les Etats-Unis. L’Europe est stratégiquement dévaluée aux yeux de la nouvelle génération des analystes américains. D’ailleurs, Madame Clinton n’a pas commencé par un voyage à Bruxelles mais en Asie. Les enjeux de l’avenir sont en Asie. Toutes les analyses vont dans ce sens, y compris les nôtres propres. L’Europe se rétrécit dans le paysage international.

Le problème essentiel aujourd’hui est donc la relation, le dialogue direct, entre les États-Unis et l’Union européenne. Il ne fonctionne pas, notamment pour des raisons institutionnelles propres à l’UE, mais aussi parce qu’il y a jusqu’ici un déficit de volonté politique de part et d’autre.

Bien sûr, les États-Unis ne vont pas abandonner l’OTAN, car elle leur assure une place réservée en Europe et une situation prééminente au sein de l’organisation. Cette situation est très confortable, ce qui ne veut pas dire qu’ils attendent beaucoup de choses de l’OTAN : l’OTAN militaire ne les aide pas beaucoup, le « partage du fardeau » sera toujours décevant pour quiconque, aux États-Unis, en espère quelque chose.

Quant à la Russie, elle adore l’OTAN en dépit de ses dénégations ! Marc Perrin de Brichambaut a eu la pudeur de ne pas trop insister sur les succès de l’OSCE, notamment la libération des sociétés civiles. L’un des bénéfices indirect de l’OSCE est d’avoir tué les MBFR. Cette négociation est complètement oubliée aujourd’hui mais, à l’époque, un accord entre Russes et Américains dans le cadre d’une négociation directe entre l’Alliance et la Pacte de Varsovie, prévoyait de dénucléariser le centre de l’Europe, faisant obstacle à une logique de défense européenne. Cet abandon des MBFR, nous l’avons obtenu avec la substitution des négociations sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Vous étiez alors aux affaires, Monsieur le Ministre, au poste de ministre de la Défense. On a fait disparaître une négociation russo-américaine qui, depuis quinze ans, préparait un système de sécurité européenne qui ne nous convenait pas du tout. Maintenant la Russie se trouve bien à l’OTAN, en dépit de quelques excités qui tiennent des discours enflammés à la Douma. On retrouve à l’OTAN le vieux syndrome d’attraction entre les deux puissances.

Je ne vois pas en quoi l’OTAN, actuellement, pollue la relation russo-américaine. Il y a l’Ukraine, mais l’Ukraine n’est pas l’OTAN. Le problème est de définir un nouveau rapport entre l’Ukraine indépendante et la Russie. En effet, comme l’a rappelé Youri Roubinski, la moitié de la population ukrainienne regarde plutôt vers Moscou tandis que l’autre se tourne vers la Pologne. Aujourd’hui, à l’OTAN, la Russie participe à de nombreuses manœuvres, y compris navales en Méditerranée, sans aucun problème et les ministres russes sont ravis démontrer qu’ils coopèrent. Il ne faut pas trop se fixer sur Bucarest ou sur la Géorgie. Au-delà des crises dans lesquelles chacun essaie de fixer ses « lignes rouges », se dessinent des possibilités de coopération OTAN-Russie qui peuvent aller beaucoup plus loin que nous-mêmes pourrions un jour le souhaiter….


Jean-Pierre Chevènement
Peut-être Monsieur Roubinski voudra-t-il arbitrer entre les deux anciens ambassadeurs à l’OTAN que sont Monsieur Robin et Monsieur d’Aboville ?


Gilbert Marquis
Ma question s’adresse justement à Monsieur Roubinski. Dans sa conclusion, il a oublié que la Russie, qu’on le veuille ou non, est européenne et les États-Unis n’ont rien à faire en Europe.


Youri Rubinski
La Russie n’est pas seulement en Europe, elle est aussi en Asie. C’est tout son problème : elle ne peut négliger ses puissants voisins asiatiques. Les trois quarts de la population russe et les quatre cinquièmes de son économie sont concentrés en Europe. Mais ses ressources, vitales pour son existence, sont en Asie.

Quant aux États-Unis, l’Histoire a voulu, depuis la Première guerre mondiale, que les États-Unis soient présents en Europe, y compris militairement, surtout politiquement.

Ce n’est pas à moi de juger de l’utilité de l’OTAN. La question est de savoir à quoi ça sert.
L’OTAN a énormément évolué depuis la fin de l’Union soviétique, son adversaire qui, autrefois, entraîna sa création. Le fait que le monde, bipolaire lors de la Guerre froide, est devenu pour un temps unipolaire, américano-centré, a donné de l’importance à l’OTAN sans que les États-Unis y attachent une importance particulière dans leurs prises de décisions.

Aujourd’hui, le monde est multipolaire, qu’on le veuille ou non. Dans un monde multipolaire où agissent des forces diverses, y compris déstabilisantes, on doit trouver les moyens, entre les puissances responsables et qui en ont les moyens, d’éviter que les crises innombrables qui secouent le monde, y compris l’Europe, ne dégénèrent en confrontations dangereuses pour la paix du monde, que ce soit au niveau régional ou global.

L’élargissement de l’OTAN à l’est a été souhaitée par plusieurs pays candidats ex-satellites soviétiques qui disaient : nous ne voulons plus être la zone grise, nous voulons être dans l’Europe, dans l’espace euro-atlantique.

Permettez-moi de vous dire que pendant les cinq ou six ans qui ont suivi la fin de l’URSS, paradoxalement, les rapports entre la Russie nouvelle et ces pays ex-satellites (à l’exception des Baltes) n’étaient pas mauvais. J’étais alors chargé, entre autres choses, des contacts avec l’ambassade de Pologne à Paris. Mes relations avec l’ambassadeur Lukasiewicz étaient tout à fait correctes. Ce n’est qu’après l’élargissement et l’adhésion à l’OTAN que ces pays sont devenus « poil à gratter » dans les rapports entre la Russie et l’Union européenne et surtout l’OTAN en général.

Pourquoi, dix ans plus tard, ces pays se sont-ils sentis subitement menacés par la Russie, par ses dérives autoritaires, nationalistes, néo-impériales etc.? Le symptôme post-colonial joue sur le plan psychologique mais le temps devrait normalement amortir cette sensibilité extrême. Je suis profondément persuadé qu’ayant adhéré à un ensemble dont ils rêvaient depuis longtemps, les pays du centre est européen se sentent un peu négligés, relégués en seconde ligne, sinon en troisième. C’est vrai, notamment, sur le plan économique. Le PIB cumulé des dix pays qui ont adhéré à l’Union européenne et à l’OTAN ne dépasse pas celui des Pays-Bas. C’est très peu. Dans la crise actuelle, ils sont dans une situation terrible, économiquement, socialement et politiquement parlant. Alors ils cherchent à se donner de l’importance en se présentant comme un front face à un danger immuable toujours menaçant pour le monde occidental. En « première ligne », ils espèrent des aides et de la reconnaissance.

Ceci est vrai aussi à l’intérieur de ces pays où la situation politique est loin d’être stable. Je crois que des garanties juridiques dans un traité négocié entre toutes les organisations et toutes les parties prenantes assurant la sécurité européenne pourrait en quelque sorte désamorcer ou dévaluer ces tentatives de se faire valoir en exploitant des rancœurs d’antan qui ne sont plus de saison.


Jean-Pierre Chevènement
Merci, Monsieur Roubinski.
Vos propos me rappellent une rencontre avec le Général Jaruzelski, au Palais du Belvédère, dans les dernières semaines de 1990 quand il était encore président de la République. Il me dit : « J’envie la France de s’être constituée en forteresse nucléaire, j’aimerais pouvoir faire de même pour la Pologne, si mal placée tant par la géographie que par l’histoire ». Ce souvenir appartient déjà à un autre univers, très loin de nous. Son premier ministre était, autant que je me souvienne, M. Modzelewski, ami de M. Walesa, que j’ai rencontré le lendemain… On peut comprendre que des pays comme la Pologne considèrent l’OTAN comme une bouée de sauvetage du point de vue de la sécurité même en l’absence de menace d’invasion russe. Si nous pouvons comprendre ce réflexe psychologique nous n’avons aucune raison de le partager.


Alain Dejammet
Je reviens à l’OSCE. On discerne dans les propositions russes actuelles un retour à l’idée de traité, mais surtout le refus qu’un groupe de pays s’arroge l’exclusivité de la défense (visant, bien sûr, l’OTAN). Les propositions russes manifestent évidemment une grande défiance vis-à-vis de l’Alliance atlantique. Mais, au-delà de l’idée que nul groupe de pays ne peut s’accorder des moyens supérieurs à ceux des autres au sein du monde européen, il n’y a pas de définition de structures. Il est proposé, en cas de crise, une conférence réunissant les participants pour tenter de définir des solutions mais l’OSCE n’est pas mentionnée alors que cette proposition vise l’ensemble des pays qui la constituent. Cela relève peut-être un peu de ce que vous-même avez laissé transparaître après le sommet d’Istanbul, ce que Marc Perrin de Brichambaut pourrait appeler le dépit amoureux de la Russie vis-à-vis de l’OSCE.

L’OSCE rassemble les pays de l’Alliance, les pays de l’Union européenne et ceux de l’ancienne CEI mais n’a pas de bras armé. Peut-elle encore être utile sur le terrain ? Vous n’avez pas donné la réponse, Monsieur Roubinski, mais peut-être l’avez-vous suggérée en ne citant pas l’OSCE.

Je voudrais demander à Marc Perrin de Brichambaut s’il a le sentiment que l’OSCE a été - ou aurait pu être - utile. Je ne parle pas de la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, elle a été utile, c’est certain. Mais l’OSCE, plus organisée, structurée, a-t-elle été utile à propos de la Géorgie ? La tension perceptible au mois de juillet a-t-elle déclenché un phénomène d’alerte ?

Je reviens à une période délicate, où vous n’étiez pas secrétaire général : en 1998, à propos de la crise du Kosovo, les Nations unies avaient élaboré, à deux reprises, des résolutions très intrusives, très exigeantes - que les Russes avaient acceptées avec beaucoup de réticences (ils s’étaient abstenus) parce qu’elles leur paraissaient contraires à la souveraineté yougoslave - qui confiaient des tâches très lourdes à l’OSCE. La dernière résolution qui donnait un rôle opérationnel très actif à l’OSCE pour essayer de calmer la situation au Kosovo, date de fin octobre 1998. Trois mois plus tard l’OTAN décidait de bombarder parce qu’une sorte de mouvement s’était emparé de certains hauts fonctionnaires américains - partagé probablement par leur pouvoir - qui voulaient à tout prix saisir l’occasion de donner un rôle à l’OTAN.

Avec le recul et à partir de ce que vous auriez pu lire dans les documents de l’OSCE, pensez-vous qu’à ce moment l’OSCE aurait pu régler l’affaire sans recourir à une action militaire ? Les inspecteurs qui patrouillaient au Kosovo auraient-ils pu jouer un rôle ?

Plus récemment, l’OSCE, à votre avis, avait-elle la moindre possibilité de jouer un rôle opérationnel lors de la crise de Géorgie ?


Marc Perrin de Brichambaut
Je vais essayer de répondre à la question. L’OSCE, comme toutes les organisations internationales, ne peut valoir plus que ce que valent ses parties composantes. Au sein de l’OSCE, le rôle clé est occupé par le dialogue entre la Russie et les États-Unis. L’Union européenne parle, certes, d’une seule voix mais elle passe tellement de temps à définir ce qu’elle va dire par cette voix que, dans le débat concret – actuellement, par exemple, le débat sur la définition d’une nouvelle mission de l’OSCE en Géorgie – c’est le dialogue russo-américain qui prime sur tout le reste, et l’OSCE reste un forum dominé par le rapport russo-américain.

Que s’est-il passé à l’automne 1998 au Kosovo ? Le Conseil de l’OSCE, à l’époque présidé par la Norvège, décida du déploiement d’une mission de vérification de 2000 personnes au Kosovo (la plus grosse opération que l’OSCE eût jamais déployée sur le terrain) en très peu de semaines, avec des moyens considérables. Elle était présente sur l’ensemble du territoire du Kosovo et, très rapidement, fut amenée à enquêter sur les événements qui s’étaient produits avant son arrivée. A partir du moment où fut mis en exergue ce qui s’était passé sur plusieurs sites, le travail au sein de la mission devint difficile. A la demande de la délégation américaine et, en l’espace de deux jours, la mission OSCE reçut instruction de la présidence norvégienne de quitter le Kosovo et les bombardements commencèrent douze heures après le départ des membres de l’OSCE (qui a d’ailleurs laissé sur le terrain un matériel considérable qu’elle n’a jamais récupéré). C’est dire que, dans cette affaire, l’influence déterminante fut celle de la délégation américaine qui avait imposé un chef de mission américain, qui avait communiqué sa volonté très ferme à la présidence norvégienne, laquelle n’avait pas eu d’autre choix que de la traduire dans les faits et, indépendamment de la volonté du conseil permanent qui n’avait pas été consulté, la mission se retira et les bombardements commencèrent sur la base du plan de l’OTAN discuté auparavant lors d’une réunion des ministres de la Défense au Portugal.

Deuxième exemple : la Géorgie. Aucune catastrophe n’était mieux annoncée que les événements de Géorgie de cet été. Depuis plus de dix ans, les Nations unies et l’OSCE se sont efforcées de mener à bien des activités de médiation pour réconcilier les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du sud, dissidentes depuis 1992, avec le pouvoir géorgien. Sans vouloir faire le travail des historiens ou celui que l’ambassadeur Tagliavini mène pour le compte de l’Union européenne, je dirai – j’ai suivi cette question pendant plus de trois ans – que la volonté géorgienne de bâtir la paix dans les deux régions dissidentes a connu des hauts et des bas. On peut en juger par la multiplicité des plans, sans cesse renouvelés, et par les déclarations successives des autorités géorgiennes : la plupart des ex-ministres (ministres de la Défense, des Affaires étrangères, Premiers ministres) du gouvernement Saakhachvili sont passés à l’opposition. Tous ont raconté des histoires très intéressantes. L’ambassadeur Alasania, en particulier, a raconté qu’il avait réussi à obtenir un accord de paix avec l’Abkhazie qui n’a pas été accepté par le président géorgien. On a vu venir la tension en Ossétie du sud. La montée en puissance de la tension au mois de juillet a fait l’objet d’une visite des ambassadeurs auprès de l'OSCE, venus de Vienne, dont l’ambassadeur des États-Unis et le ministre conseiller russe. Ils sont allés avec Monsieur Kokoyti, responsable de l'Ossétie du sud, jusqu’au tunnel de Roki et ont entendu tous les témoignages concernant les tensions montantes. Dans les heures précédant le début des actions de guerre, les Etats participants ont été dûment avertis et la présidence a diffusé leurs avertissements.

Une organisation ne peut pas faire plus. Les Nations unies se sont trouvées dans ce genre de situation à plusieurs reprises. Le dispositif mis en place joue, tous les Etats sont informés, c’est ensuite à eux de se déterminer, de décider du moyen d’arrêter un enchaînement des faits qui devient incontrôlable. La présidence finlandaise a joué un certain rôle en ne prenant pas d’initiative forte et il est vrai qu’il n’y a pas eu de réunion du conseil permanent au cours des trois premiers jours après le 7 août (peut-être parce que la présidence finlandaise n’y a pas été encouragée par certaines délégations). C’est la réalité concrète du fonctionnement d’une organisation multilatérale. Certains pays pèsent fort et se font entendre par les instances de décision.
Merci.


François-Xavier Breton
En vous écoutant tout à l’heure, Monsieur Chevènement, exprimer un certain optimisme, j’ai pensé aux grands classiques de la géopolitique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle : Mackinder, Hausofer… zone pivot… Est-ce que tout cela est encore valable aujourd’hui ?
Il y a peut-être émergence de l’Asie, relativisation de l’Europe, mais, si j’en crois ce que je lis dans les journaux, la volonté du Président Obama serait peut-être aller un peu plus loin que le Président Bush. En tout cas l’administration Bush essayait de s’implanter plus en Inde avec peut-être un retournement des alliances Pakistan-Inde au niveau des États-Unis.

Veut-il retourner l’Iran, trouver un modus vivendi dans objectif d’encercler la zone Russie-Chine, un peu élargie ? On retombe sur Brzezinski (« Le grand échiquier ») et, encore une fois, sur les grandes théories géopolitiques du début du XXème siècle.


Jean-Pierre Chevènement
Brzezinski a repris dans « Le grand échiquier » la tradition des géopoliticiens du début du XXème siècle, Hausofer et quelques autres, en expliquant qu’au cœur de l’Eurasie (pas très loin de la Russie et de la Chine), la puissance dominante devait exercer sa puissance.

J’ai hasardé tout à l’heure une vue qui procède plus de l’optimisme de la volonté que de l’analyse rigoureuse. Mais il me semble que, du point de vue des États-Unis, la Russie n’est pas, et de loin, l’adversaire principal. Ils ont suffisamment de problèmes, ce qui autorise un optimisme raisonné à court terme. En effet les problèmes tels qu’on peut les énumérer (Proche Orient, Irak, Iran, Afghanistan-Pakistan, sans compter les rivalités entre l’Inde, le Pakistan, l’Inde et la Chine) sont très difficiles, très compliqués. Honnêtement, je souhaite beaucoup de succès au Président Obama parce que sa tâche est rude.

Pour ce qui est de l’espace européen, il y a un avantage à ne plus être dans le regard américain, c’est que nous ne sommes plus non plus, peut-être, dans l’œil du cyclone. C’est une vue optimiste à court terme. Youri Roubinski a rappelé tout à l’heure que la zone des Balkans reste chaude et nous devons veiller à ce que la guerre ne se rallume pas quelque part en Europe. Il y a beaucoup de conflits gelés, des Balkans au Caucase d’où beaucoup d’étincelles peuvent jaillir.

Je terminerai par un vieux proverbe : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ».
La volonté de paix doit s’exercer avec intelligence et sagacité de la part de tous ceux qui, éminents diplomates ou conseillers, peuvent jouer un rôle d’influence.

Fondation Res Publica I Lundi 30 Mars 2009 I | Lu 2692 fois


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