De l’industrie du livre à la gestion des métadonnées: le génie français 


Intervention de Jean-François Colosimo, Président du directoire des éditions du Cerf, Président du Centre national du livre de 2010 à 2013, au colloque "l'exception culturelle" du 14 octobre 2013.


Jérôme Clément et Bernard Miyet nous ont raconté la page d’histoire, à laquelle ils ont contribué, que fut cette bataille entre la France et les États-Unis.

Je commencerai par dire que le livre était très peu concerné par ces affaires qui visaient alors essentiellement les industries culturelles audio-visuelles, à commencer par le cinéma et, par voie de conséquence, la télévision.


Le terme d’ « exception culturelle » amène immédiatement à mon esprit celui d’ « industrie culturelle », attribué à Adorno [1] : Un prototype immatériel, de valeur inestimable en soi (on ne sait pas l’estimer, on ne sait pas ce qu’il vaut), est reproduit – par voie mécanique jusqu’à aujourd’hui, certainement par voie digitale demain – en de multiples exemplaires qui, injectés dans des tuyaux de distribution, arrivent à un lecteur-consommateur. L’industrie culturelle organise la culture en marché.

L’idée fondamentale de la France, à l’époque des négociations du GATT et de l’OMC, n’était pas l’exception culturelle mais l’exemption : la culture devait être exempte des règles habituelles du marché, des marchés et du libre-échange. Or beaucoup d’Européens étaient prêts à se battre pour une forme de spécificité culturelle mais certainement pas pour cette forme d’exception au sens d’exemption.

L’industrie culturelle, en France, n’est pas qu’un mode d’organisation économique, c’est aussi un mode d’organisation politique (Jérôme Clément l’a très bien montré). C’est pourquoi l’enjeu est extrêmement fort. Il est essentiel pour nous d’arriver à nous faire entendre en Europe et aux États-Unis car ce mode de production politique de la culture est typiquement français au point d’avoir produit ce que Marc Fumaroli a pu critiquer comme « l’État culturel » [2].

Ce mode de production politique, qui a des avantages, n’est pas sans inconvénients. On pensera aux « intermittents » et à la production d’une « classe culturelle » qui devient dépendante de l’État. Il y a donc des questions un peu moins simples que de proposer au monde un modèle parfaitement idéal.

Pour ce qui est du livre, le cycle de l’imprimé, commencé avec Gutenberg, a vraisemblablement pris fin un matin de 2011, lorsque quelques agents envoyés par Bruxelles (à la demande d’Amazon) ont bousculé la porte d’Antoine Gallimard, mis des scellés sur son bureau et se sont saisis de son portable. Il était suspecté, comme Arnaud Nourry (PDG de Hachette Livre), Francis Esménard (président d’Albin Michel)… et la plupart des patrons de l’édition française, d’une entente illicite sur le prix du livre numérique. Ce n’est pas moins d’une centaine d’agents qui, sans prévenir, ont brutalement envahi les bureaux les plus notables de l’édition française (Hachette, Gallimard, Flammarion, La Martinière et Albin Michel). Cette affaire court toujours.

C’est bien la preuve que nous avons en quelque sorte changé de monde. C’est la fin de la merveilleuse aventure qui s’était développée autour de l’auteur, de l’éditeur, du libraire, qui nous avait donné Voltaire et Le Sapeur Camembert, la Bibliothèque rose et Jules Vernes. Elle avait fait du livre le levier de l’émancipation, de l’éducation, de la démocratisation. Elle avait aussi permis la machine qu’est l’imprimerie.

Cette histoire est à peu près close aujourd’hui.


Non seulement nous sommes passés d’une culture de l’éducation à une culture du divertissement (le fameux « Entertainment » américain) mais le marché de l’offre s’est renversé en un marché de la demande. Le numérique est censé mettre à notre disposition une bibliothèque totale, universelle, quasiment inconcevable du point de vue de son étendue. Jusqu’à maintenant, nous trouvions dans une librairie le livre que le libraire avait mis sur sa table, ouvrage que l’éditeur avait choisi de publier après que l’auteur le lui avait envoyé... Cette hiérarchisation de l’offre cède désormais à un marché de la demande : depuis votre ordinateur, vous pouvez commander un livre publié à Hong Kong en 1955, en anglais. Jamais vous n’auriez pu obtenir ce livre si ce n’est en vous rendant dans une bibliothèque spécialisée aux États-Unis ou en Chine.


Ce renversement a deux conséquences :
Une conséquence économique : notre industrie française du livre, qui n’est pas prête à l’intégrer, est clairement menacée.
La dimension anthropologique est beaucoup plus préoccupante :
Que veut dire cette méga-mémoire, cette hypermnésie des textes alors qu’on sait que le temps de lecture se raccourcit toujours plus, que s’instaure la « lecture-zapping » ?
Quel est cet effet de ciseaux : « je peux tout lire » mais « je ne sais plus lire » ?
Je ne sais si je fais œuvre de médiologue en notant que plus on parle de digital, plus revient la lecture à haute voix sur un mode antique et médiéval. Le succès des grands salons du livre est lié à ces lectures où on retrouve la communion de quelques-uns autour d’une voix.


L’industrie du livre est précieuse pour la France parce que c’est sa première industrie culturelle. Le livre, c’est trois fois le chiffre d’affaires du cinéma français, 50 % de l’ensemble du chiffre d’affaires des industries culturelles en France. L’industrie du livre réalise 25 % de son chiffre d’affaires à l’international (des chiffres de rêve  pour le commerce extérieur !).

C’est une industrie culturelle intimement liée au génie national puisque c’est elle qui présente et exporte la langue.

Enfin, c’est une industrie culturelle dans laquelle il n’y a pas d’intermittents, pas de syndicats… Pour l’instant, on n’a pas encore vu les éditeurs manifester sous les fenêtres de la rue de Valois. C’est un monde assez policé qui sait entretenir avec les pouvoirs publics des relations extrêmement étroites qui ne sont pour autant jamais incestueuses. À cet égard, je préciserai que la fameuse loi Lang, voulue par François Mitterrand, n’était pas destinée à favoriser les libraires. C’était l’époque où la photocopie se multipliait, où les discounters comme la FNAC risquaient de ruiner le marché. C’est Jérôme Lindon (éditions de Minuit) qui avait imposé cette loi qui dispose que c’est l’éditeur et non le distributeur qui décide du prix de son livre [3]. Faite au départ pour les éditeurs, elle s’est révélée ensuite extraordinairement positive pour les libraires.


L’industrie du livre est donc une « oligopole à larges branches », un univers très large où les acteurs sont nombreux. Il y a quelques acteurs importants mais le ticket d’entrée y est très bas. On peut facilement créer une maison d’édition. Aujourd’hui, il est très difficile de créer un hebdomadaire et à peu près impossible de créer un journal quotidien (ne parlons pas d’une chaîne de radio ou de télévision !). Pour créer une maison d’édition, un stylo, un téléphone et quelques idées suffisent.


Ce monde a vécu des mutations qu’on n’a pas voulu voir. Dès les années 1980 il a subi un double phénomène :
Un phénomène de concentration : Quelques grandes maisons constituées en groupes ont racheté toutes les maisons importantes, au point qu’aujourd’hui les cinq ou six groupes les plus importants que sont Hachette, éditis, Gallimard-Flammarion, Volumen-Le Seuil et le groupe Média (premier groupe de bandes dessinées d’Europe) concentrent à peu près 80 % du chiffre d’affaires de l’édition.
Un phénomène d’internationalisation : Hachette réalise aujourd’hui à peu près la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis ; le groupe Le Seuil survit grâce à Abrams, un grand éditeur américain de livres illustrés (propriété du Seuil) ; le groupe éditis est sous le pavillon de Planeta, un grand groupe espagnol ; le groupe Flammarion était sous pavillon italien jusqu’au très courageux rachat d’Antoine Gallimard [4]. Sur les cinq grands groupes français, quatre étaient soit sous capital étranger, soit dans une forme de dépendance par rapport à leurs marchés étrangers qui les rendait sensibles aux impératifs de la globalisation. Un bon exemple en est comment Hachette-Paris a trouvé un accord avec Google qui se déduisait des propres nécessités d’Hachette-New York, et comment cet accord a fini par entraîner à sa suite l’ensemble des éditeurs français, y compris ceux qui avaient engagé un contentieux contre le nouveau géant américain.


En dépit de ses difficultés et vicissitudes, notre industrie culturelle n’est pas menacée par ses défauts ni par son manque de compétitivité, elle est menacée par le recul de la lecture. C’est un problème anthropologique. Aujourd’hui, les problèmes du livre ne sont pas dans l’industrie du livre, ils sont à l’éducation nationale.


Le livre, première industrie culturelle de France, est aussi la moins aidée. Elle n’est même pas aidée du tout.

Le cinéma n’est pas aidé… il est administré ! Si on supprimait le CNC demain, il n’y aurait plus de cinéma français. Sans le CNL, l’industrie du livre subsisterait. Le CNL collecte 40 millions d’euros (1 % du chiffre d’affaires du livre en France) à travers une taxe portant principalement sur les « photocopilleurs », sur le principe pollueur-payeur. On voit que ses moyens sont sans rapport avec ceux du CNC dont tout le monde dépend.

Le CNL est sorti de la Libération. La Caisse nationale des Lettres [5] avait deux missions : La première était d’assurer une petite rente aux écrivains « qui, par leur génie, avaient participé au rayonnement de notre patrimoine » pour les aider à l’issue de la guerre. L’autre mission était la défense du droit d’auteur « aux quatre coins du monde ». Une petite caisse qui donnait un peu d’argent à nos grands écrivains pour survivre après la guerre se voulait une sorte d’avocat du droit d’auteur partout où il pouvait être menacé, hors de France et même hors du bassin linguistique français !

Cette petite caisse est devenue grande. S’il n’assiste pas l’industrie française du livre qui n’en a pas besoin, le CNL est tout à fait indispensable à l’ex-traduction et à l’in-traduction : le CNL aide l’exportation de notre littérature, de notre pensée, en payant les traductions, ce qui se fait partout dans le monde. Mais le CNL consacre le même budget à introduire des littératures étrangères en France selon le principe français d’équité culturelle. Grâce à ces aides, 16 % à 18 % des livres traduits dans le monde chaque année le sont en France et en français (contre 3 % aux États-Unis et 4 % en Allemagne). Aujourd’hui, presque deux livres traduits sur dix le sont via la France. Pour de nombreux écrivains de ce qu’on appelle les « petites langues » (en raison de leur petit nombre de locuteurs), la traduction en français, le passage par Paris, le fait d’être accueillis par une structure du livre qui comprend des critiques, des libraires, des tournées, le fait d’être reçus à la télévision (ce qui ne se fait nulle part ailleurs pour les auteurs), est un véritable marchepied vers la reconnaissance universelle. Avec peu d’argent, le CNL a une action décisive pour les échanges interculturels qui échappent à la pression du marché où à l’organisation que les Américains, entre autres, cherchent à produire.


Le véritable problème, c’est que la constitution de l’industrie du livre en France s’est faite à travers une capitalisation des « tuyaux ». L’industrie du livre en France est la seule industrie du livre au monde où les grands groupes possèdent aussi leur diffusion, leur distribution, voire les librairies. Le numérique percute ce modèle capitalistique. En acceptant le numérique en France, certains grands groupes renoncent non seulement à la moitié de leur capitalisation mais aussi à l’endroit où ils arrêtent les flux financiers, les analysent et les enregistrent, c’est-à-dire la distribution physique. C’est pourquoi le marché du numérique en France est à 2 % alors qu’il est déjà à 25 % aux États-Unis. Je pense que nos grands éditeurs ont su organiser une forme de résistance passive assez efficace à cette forme d’invasion. Cela témoigne qu’on peut résister autrement que par la voie de la législation ou la voie de la négociation internationale. Il suffit parfois d’être très bon dans ce qu’on fait.


Le problème est aujourd’hui politico-économique. Les grands acteurs globaux que sont Google, Apple, Amazon, ne viennent pas du monde du livre. Pour la première fois, les acteurs de la distribution du livre viennent du monde de la distribution et non du monde du livre. Ils ont donc tendance à traiter le livre comme un banal objet de consommation et désignent le lecteur comme un consommateur, ce qui heurte naturellement notre représentation.

Ils sont très forts, ils sont très gros et, dans leur domaine, ils ont déjà gagné. C’est pourquoi il y a des batailles qui sont inutiles. Le ministère de la Culture s’est embarqué dans un grand projet, « ReLIRE » (Registre des Livres Indisponibles en Réédition Électronique), pour concurrencer Google … dix ans plus tard : un projet dont je crains qu’il ne finisse comme les avions renifleurs !

Ils ont gagné en piétinant le droit d’auteur et, souvent, le respect de l’intégrité de l’œuvre.

Cela pose deux problèmes plus complexes que la simple défense du droit d’auteur :
Nos décrets révolutionnaires de 1793 eux-mêmes mettent à égalité du droit d’auteur la libre-circulation des œuvres. Une attitude protectionniste n’est donc pas forcément la bonne réaction car la question reste posée : qu’est-ce qui doit primer ? Le droit de l’auteur ou la circulation de l’œuvre ?
On impute généralement à Amazon et consorts un affaiblissement de la qualité du marché. C’est faux. Si vous voulez un livre rare, il vaut mieux aller le chercher chez Amazon que chez votre libraire du coin. C’est ce qu’on appelle la « Longue traîne » [6].


Nous tentons de réagir à ces agresseurs, ces envahisseurs, ces adversaires, en envisageant de reconduire la loi sur le prix unique du livre sur le livre numérique… à condition qu’il soit homothétique, c’est-à-dire une pâle photographie du livre originel. Dès que le livre numérique va évoluer, la loi ne tiendra plus. De toute façon, nos lois territoriales ne tiennent pas sur internet, univers sans frontières.

Quand nous voulons embarquer les autres pays européens dans une TVA unique sur le prix du livre en Europe, nous découvrons d’abord qu’il y a des pays où le livre est tellement valorisé qu’il n’est pas concerné par la TVA. Dans d’autres pays la TVA sur le livre est de 25 %.

Toutes ces démarches technocratiques qui voudraient régir le monde selon les principes de notre conception politique de l’État culturel me semblent vouées à l’échec.


Plutôt que de multiplier des lois qui font parfois sourire ces géants cannibales, nous ferions mieux de répondre par un véritable projet politico-industriel.

Ils ont gagné la bataille du stockage des contenus et la bataille des tuyaux. Nous les avons perdues.

Mais il est une autre bataille, sur un terrain où nous sommes dix fois meilleurs qu’eux – et nous n’y venons toujours pas… – c’est la bataille des métadonnées.

Google, Apple, Amazon font du « vrac », sous prétexte de démocratisation : on numérise tout, on vous offre tout mais débrouillez-vous dans cette immense lessiveuse !

Qui va organiser les flux dans cet univers océanique où flottent des livres numérisés ? Qui va baliser les routes ? Qui va donner un nom aux topographies ? C’est ce qu’on appelle les métadonnées. Qui va vendre l’intelligence pour pouvoir se déplacer dans cet univers proposé comme infini ? Les libraires et bibliothécaires de France sont parmi les meilleurs du monde. En unissant leurs compétences, nous pourrions produire ces métadonnées, les vendre et gagner cette bataille en renversant la force du tuyau par la valeur du signe.

On ne le fait pas parce qu’il n’y a pas d’État pour le faire. On ne le fait pas parce que l’État culturel est beaucoup plus préoccupé par le sort des intermittents que par l’indépendance du pays et le devenir de la langue à l’horizon d’un siècle ou deux. On ne le fait pas parce qu’il n’y a plus de plan. On ne le fait pas parce qu’il nous manque une volonté. Et c’est ce défaut de volonté que nous renversons ensuite dans une espèce de défense un peu désuète, pas toujours réaliste, d’une envie d’être protégé à tout prix là où il nous faudrait en fait combattre.


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[1] Le terme d’industrie culturelle aurait été employé pour la première fois dans le livre Dialektik der Aufklärung publié par Horkheimer et Adorno en 1947. « Dans nos ébauches il était question de culture de masse. Nous avons abandonné cette dernière expression pour la remplacer par « industrie culturelle », afin d’exclure de prime abord l’interprétation qui plaît aux avocats de la chose ; ceux-ci prétendent en effet qu’il s’agit de quelque chose comme une culture jaillissant spontanément des masses mêmes, en somme de la forme actuelle de l’art populaire. Or, de cet art, l’industrie culturelle se distingue par principe. Dans toutes ses branches on confectionne, plus ou moins selon un plan, des produits qui sont étudiés pour la consommation des masses et qui déterminent par eux-mêmes, dans une large mesure, cette consommation… » (extrait d’une conférence prononcée en décembre 1962 par Théodor W. Adorno pour l’université radiophonique et télévisuelle internationale.)
[2] Marc Fumaroli « L'État culturel, essai sur une religion moderne » éditions de Fallois, 1991.
[3] Loi n°81-766 du 10 août 1981 relative au prix du livre : Art. 1er - Toute personne physique ou morale qui édite ou importe des livres est tenue de fixer, pour les livres qu'elle édite ou qu'elle importe, un prix de vente au public.
[4] En juin 2012, Gallimard a racheté Flammarion au groupe italien de médias et d'édition RCS (Rizzoli-Corriere della Sera) Mediagroup qui le détenait depuis 2000. Avec cette opération, qui constituait un véritable défi, Gallimard s’est propulsé au troisième rang de l'édition française, derrière Hachette et éditis.
[5] La Caisse nationale des Lettres, créée en 1946, fera place en 1973 au Centre national des Lettres qui deviendra le Centre national du livre en 1993.
[6] La première personne à avoir employé cette expression est un journaliste nommé Chris Anderson. Pour tenter d'expliquer l'activité du site Amazon.com, il employa l'expression « long tail ». Les produits qui se vendent en très petit nombre sont nettement plus nombreux que les produits qui se vendent en grand nombre et, mis ensemble, ils rapportent beaucoup plus d'argent que les best-sellers.

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Fondation Res Publica I Jeudi 5 Décembre 2013 I | Lu 1990 fois





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