Conclusion de Jean-Pierre Chevènement


Conclusion de Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica, au colloque "Le modèle français d’intégration" du 23 novembre 2015.


Il est difficile d’aller plus loin dans l’analyse que vient de le faire Marcel Gauchet. Néanmoins je hasarderai quelques idées, en toute humilité.

J’ai rencontré, en tant que ministre de l’Intérieur, toutes les difficultés que vous pouvez imaginer pour appliquer une politique qui rencontrait toutes les résistances culturelles qu’a rappelées Marcel Gauchet. Je rappelle qu’environ un quart des interdictions de territoire sont exécutées par la police (les bonnes années), et peut-être suis-je encore optimiste. Cela tient à ces passions dont Marcel Gauchet évoquait l’existence, c'est-à-dire l’idéologie sans-papiériste qui voit dans l’immigré en situation irrégulière la figure moderne du persécuté, quasiment à l’égal du Juif pendant la Deuxième guerre mondiale. Vision tout à fait caricaturale quand on sait que l’intéressé dispose quand même de cinq possibilités de recours devant le juge ! Et quand, tous ces recours épuisés, on tente de le reconduire, il peut encore profiter d’une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) [1] qui interdit d’emprisonner un étranger en situation irrégulière. Les contraintes sont immenses et certains d’entre vous sont en mesure d’appréhender les effets de cette idéologie mieux que la moyenne de nos concitoyens qui, sans les mesurer, les soupçonnent.

Les événements que nous venons de vivre viennent de réduire en poussière un certain nombre d’illusions sur notre possibilité de vivre en-dehors d’un cadre collectif protecteur. Hobbes avait jadis évoqué le pacte passé entre l’État et les citoyens [2], ces derniers étant prêts à aliéner leur liberté pour se voir garantir la sécurité. J’espère que nous n’en sommes pas là et que nous n’irons pas trop loin dans cette direction. La loi votée par le Parlement sur l’état d’urgence [3] est justifiée pour les trois mois qui viennent. En même temps, le terrorisme se disant djihadiste auquel nous avons à faire face est un défi pour les décennies qui viennent.

Comment trouver le juste équilibre entre les exigences de sécurité dont le corps social est porteur et l’exigence de liberté qui est au cœur du pacte républicain ? C’est là-dessus que je m’interroge.

Le retour de la nation me semble très positif à condition que l’on s’entende sur ce que le mot « nation » signifie. Il ne s’agit pas de la nation ethnique mais de la communauté des citoyens. Cette idée peut être portée par des gens qui ne sont pas eux-mêmes porteurs d’une idéologie de repli ni de la vision – que Marcel Gauchet a qualifiée de mortifère – d’une société qui pourrait disparaître.

Je pense que la société va se donner les moyens d’exister, la France va se donner les moyens de continuer. Elle devra pour cela recouvrer une idée plus valorisante d’elle-même. On a laissé se développer à l’excès un certain nombre de visions extrêmement négatives qui empêchent un pays qui a perdu l’estime de soi d’attirer, d’intégrer et tout simplement de fonctionner.

Après la terrible saignée de la Première guerre mondiale, la France a été et est restée un pays isolé jusqu’à l’effondrement de 1940 dont on omet de dire qu’il fut un effondrement politique avant même d’être un effondrement militaire. On cite rarement cette phrase de Marc Bloch : « Voici le temps qui vient de nouveaux Bazaine ». Notre état-major était persuadé que la bonne guerre à faire devait viser l’URSS et que la guerre entre la France et l’Allemagne n’avait pas de sens. Ceci explique beaucoup de choses. Je passe très rapidement sur la période affreuse qui suivit les accords de Munich, le pacte germano-soviétique, l’immense désarroi qui en résulta dans les esprits et qui se manifesta par l’effondrement sur le champ de bataille, à la suite d’une erreur stratégique majeure qui avait consisté à ranger toutes nos forces en Belgique et à se laisser coincer par la manœuvre en cisaille opérée par les armées de Guderian et de Rommel [|4]. On ne raconte pas exactement tout ce qui s’est passé, on ne dit pas que le Premier ministre anglais s’appelait Neville Chamberlain, l’homme de l’appeasement, jusqu’à l’arrivée de Churchill, le 10 mai 1040. La Grande-Bretagne eut Churchill mais elle disposait aussi, avec la Manche, d’un formidable canal antichars. Je vous fais grâce de la suite, on pourrait parler de la colonisation, moment d’une mondialisation qui, à beaucoup d’égards, fut affreuse. Jacques Berque parlait de « dépossession », c’était particulièrement vrai pour l’Algérie (au moment de la guerre de conquête).

Mais si on va au fond des choses, la France n’occupe pas la première marche du podium quant aux prouesses génocidaires réalisées par de nombreux autres peuples que je ne veux pas nommer. La France ne mérite pas l’excès d’indignité dans laquelle on veut la plonger. Quoi qu’il en soit, la page est tournée depuis cinquante ans, il serait temps aussi de regarder plus souvent vers l’avenir.

On parle beaucoup des ratés de l’intégration, ils sont incontestables. Ils sont imputables, non à la République, mais au défaut de République. Les insuffisances de la République sont liées au fait que les politiques républicaines réussissent moins bien, même si le processus de l’intégration se poursuit : nous connaissons tous dans notre entourage des personnes parfaitement intégrées bien qu’elles appartiennent aux couches les plus récentes de l’immigration. Beaucoup en donnent la manifestation dans les événements que nous vivons. Je pense qu’il ne faut pas durcir excessivement le trait.

Je prendrai quelques exemples de ce qui évidemment ne va pas :

D’abord l’emploi. Il est de notre responsabilité d’avoir accepté une situation où nous comptons un peu plus de 3,5 millions de chômeurs pleins (plus de 5 millions si on ajoute aux chômeurs pleins les chômeurs partiels). C’est le fait d’un choix de politique économique déjà ancien.

Autre erreur manifeste : la concentration dans les zones urbaines sensibles (Zus) de nos concitoyens venus des dernières vagues de l’immigration et des étrangers (en situation régulière ou non). Mais j’observe que le mot « apartheid » n’est pas adéquat parce que dans ces villes coexistent souvent plus de cent nationalités. Il n’en reste pas moins qu’elles concentrent 40 % des jeunes venus de l’immigration (même si nous ne disposons pas de statistiques ethniques, d’autres moyens, comme l’examen des prénoms, permettent, grâce aux techniques informatiques, de rendre compte à peu près de la réalité sans qu’il soit nécessaire d’établir des questionnaires). Nous atteignons une cote d’alerte. Cette concentration a des conséquences néfastes pour l’Ecole, principal outil d’intégration.

Malek Boutih a écrit un rapport sur la jeunesse [5] qui dit beaucoup de bonnes choses, même si, sur l’école, je ne partage pas son analyse. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de débattre de ce sujet avec Marcel Gauchet il y a quelques mois [6]. Le rapport de Malek Boutih valorise excessivement les politiques pédagogistes qui tendent à la destruction de l’école républicaine en substituant à la transmission des savoirs et des valeurs un processus d’auto-apprentissage par le biais de pédagogies constructivistes où l’élève, placé par un processus copernicien « au cœur de l’école », est chargé de construire lui-même son savoir. J’ai même subi de la part de psychopédagogues éminents la « théorie du spiralaire » [7]. Ce que l’élève n’apprend pas cette année, il l’apprendra l’année prochaine… ou l’année d’après ! Que se passe-t-il s’il arrive en sixième sans avoir compris la manière dont on peut écrire un mot ou faire une addition ? Il est en situation d’échec définitif. Il y a donc dans notre Ecole des choses qui ne marchent pas mais qui peuvent être redressées. Il reste à définir les bases et à trouver la volonté politique de ce redressement.

Il me semble que les choix européens qui ont été faits par la France sont erronés en ce sens qu’on a vu dans l’Europe un substitut de la nation au lieu de la concevoir comme une construction qui prolongerait les nations, sur le mode confédéral, la nation restant la brique de base de l’édifice. Jaurès en son temps avait déjà remarqué que « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d'internationalisme y ramène [8] ».
Cette erreur fondamentale, la substitution de l’Europe à la nation, est à l’origine des défauts de la monnaie unique. L’hétérogénéité des nations interdit de promouvoir des politiques monétaires efficaces. Qui incarne la souveraineté monétaire ? Est-elle incarnée par M. Draghi, seul maître à bord ? Je lui souhaite bon courage…
Maints autres exemples, Schengen, des postes Frontex non pourvus, un fichier, Eurodac [9], auquel la police n’a pas accès, des visas qui sont distribués mais ne sont pas contrôlés..., révèlent que l’Europe de Schengen ne marche pas ! La raison en est, comme le disait François Lucas, que l’Europe fait du droit mais ne fait pas d’administration, confiant d’ailleurs aux États le soin d’administrer. Les États qui accueillent n’ont de cesse d’envoyer le plus vite possible les masses de migrants qui les submergent vers les pays qui les jouxtent et les pays de transit repoussent à leur tour ces colonnes d’immigrés qu’on voit arriver en Allemagne où Mme Merkel les accueille à bras ouverts… dans des conditions qui d’ailleurs mériteraient interrogation car ses déclarations de la fin du mois d’août et du début du mois de septembre [10] ont évidemment provoqué des mouvements qui obéissaient en quelque sorte aux effets d’annonce. Un conflit se déroule en Syrie, un autre continue en Irak. Ces vagues migratoires sont le produit de conflits que, même s’ils ont aussi leurs causes endogènes, nous avons malheureusement contribué à allumer. L’Allemagne annonce qu’elle va accueillir un million de réfugiés politiques dans l’année (et trois millions dans les trois ans qui viennent). Quel sens cela a-t-il ? On est en droit de s’interroger. On constate d’ailleurs que les choses se passent très mal sur le terrain et que ces réfugiés ne sont pas toujours aussi diplômés qu’on l’attendait. Un ministre allemand, s’entretenant avec son homologue français, finissait par reconnaître que beaucoup de ces pauvres gens venant de milieux ruraux seraient difficiles à intégrer. Que d’illusions !

Des erreurs ont été commises en politique extérieure. Plusieurs défis viennent du sud : le terrorisme se disant djihadiste mais aussi les migrants économiques et les réfugiés. Or on se polarise sur le défi qui est à l’est, qu’on a soi-même provoqué en laissant de manière inconsidérée le partenariat oriental (créé en 2009), pour faire pièce à l’Union pour la Méditerranée, négocier un accord d’association avec l’Ukraine sans aucune concertation avec la Russie qui est en situation de libre-échange avec l’Ukraine. Est arrivé ce qui devait arriver mais cette crise était évitable. Et on désigne maintenant l’est de l’Europe comme l’origine de la menace principale. L’OTAN a été mise sur pied de guerre alors que c’est l’Ukraine qui refuse d’appliquer le volet politique des accords de Minsk. Non, les défis viennent plutôt du Moyen-Orient, de l’Afrique, d’où surgiront les problèmes de l’avenir. Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de problèmes à l’est mais un peu de bon sens permettrait de canaliser tout cela.


J’en viens aux aspects plus positifs. Marcel Gauchet les a soulignés.

Le rôle de l’école : malgré toutes les critiques qu’on peut faire, il faut reconnaître que les enseignants remplissent au moins leur rôle d’accueil et même vont au-delà. Les résultats de l’école sont très variables, notamment en fonction de la concentration de la population en difficulté. Mais n’est-il pas possible d’imaginer des solutions ? Je sais que le « busing » a fait l’objet de beaucoup de critiques aux États-Unis [11] mais à mon avis à tort.

La politique de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) [12] est une bonne chose mais il faut lui donner davantage de moyens. Il faut que les banlieues soient soumises à une restructuration qui permette d’éviter les concentrations excessives de populations dans telle ou telle zone.

La protection sociale en France est une des plus avancées qui soient au monde et tout le monde en bénéficie, y compris les troisième et quatrième générations de l’immigration.

Il faut avoir un jugement balancé, me semble-t-il, sur ces problèmes. La question qui se pose est : Sommes-nous prêts à abandonner le modèle républicain ? Sommes-nous prêts à faire nôtre le modèle multiculturel (lequel n’est pas l’acceptation de communautés qui existent sur le terrain) ? Même si ces communautés ne sont pas aussi concentrées qu’en Grande-Bretagne (on voit une ville comme Sarcelles mêler 140 nationalités), on constate qu’il n’y a plus de mixité ethnique par rapport aux autochtones de vieille souche qui se sont déplacés vers la France des périphéries urbaines. Tout cela a été décrit par Christophe Guilluy, qui a subi une critique à mon avis assez injuste pour avoir osé le dire.

Y a-t-il des remèdes ?
Fondamentalement, je pense que le pacte républicain est plus fort que tout, plus fort que le pacte sur la sécurité, plus fort que le pacte sur la stabilité. C’est ce pacte républicain qui doit inspirer toutes nos politiques, à commencer par la politique économique.

N’avons-nous pas fait fausse route ? Beaucoup de pays européens sont dans une situation qui n’est pas très différente de la nôtre, qui est même plus grave à certains égards, par exemple sur le plan du chômage des jeunes (Grèce, Portugal, Espagne…).

Des remises en cause se feront sous la pression des nécessités parce que, même si nous sommes dans une société des individus, il existe quelque chose qui est plus fort que tout, une exigence collective qu’on peut magnifier en l’appelant la République. Nous savons bien que le mot République est aussi une exhortation. C’est d’ailleurs l’écart qui se creuse entre cette exhortation et la réalité qui mine la République.

Quand j’étais ministre de l’Intérieur, j’avais créé, sous l’autorité des préfets, des comités départementaux de lutte contre les discriminations et d’accès à la citoyenneté (« CODAC »), bien que mes collègues qui s’estimaient également compétents eussent refusé de signer la circulaire que j’avais fini par publier sous ma seule signature le 18 janvier 1999. Cet outil, qui rassemblait dans chaque département tous les acteurs publics et parapublics de l’intégration, se révéla très efficace tant qu’une impulsion politique lui fut donnée par le ministre de l’Intérieur lui-même, à travers l’action des préfets. Le patron d’une grande entreprise me disait aujourd’hui même avoir découvert avec stupéfaction que les jeunes nés de l’immigration ne pouvaient pas obtenir un stage dans une entreprise, on ne leur répondait même pas ! C’est révélateur de ce qui se passe quand il n’y a pas quelqu’un derrière pour guider la main, bref quand la puissance publique fait défaut.

Il y a certainement beaucoup de choses à faire pour remettre sur pied des dispositifs qui permettent, si ce n’est de faire à nouveau fonctionner l’ascenseur social, au moins de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’inégalités ressenties comme injustes et discriminatoires. Et là, il y a beaucoup à balayer devant notre porte.

Je rentre de Chine. Les Chinois que j’ai rencontrés m’ont dit : « Vous avez un État-providence qui écrase tout ». Pour eux, qui sont seulement au début de la construction d’une protection sociale extrêmement modeste, il faudrait mettre bas tous les systèmes qui protègent les plus faibles. Je leur ai répondu fermement que cette protection sociale est précisément pour nous ce qui donne une signification au développement économique. Ceci renvoie au modèle américain dont parlait Marcel Gauchet où c’est aux immigrés de faire la preuve qu’ils sont capables de s’intégrer par eux-mêmes dans l’économie. Nous avons une autre façon de voir les choses. C’est un débat, je le lance.

Il y aurait beaucoup à dire sur notre diplomatie, notamment dans le monde arabo-musulman où nous avions la prétention jadis de favoriser les facteurs de progrès. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas, cela depuis déjà très longtemps. En gros, depuis la guerre du Golfe, où la France s’est mise à la remorque des États-Unis et de l’Arabie séoudite.

Mais je ne veux pas terminer sur une note pessimiste. Je crois que la politique que nous devons mener est très exactement celle qui a été définie par M. Michailof : proportionner l’accueil à la capacité d’intégration. Je ne sais pas comment cela peut se mesurer mais la variable est la capacité d’intégration. Il y a pour cela beaucoup à faire, notamment du point de vue de l’emploi et de l’accueil.

Il faut une politique maîtrisée de l’immigration. Nous allons vers une société naturellement métissée, nous sommes une société pluriethnique. Mais qui dit nation multiethnique ne dit pas société multiculturelle, qui est une façon de généraliser l’apartheid : le « chacun chez soi-chacun sa loi » dans sa communauté ne permet pas de protéger la jeune fille algérienne ou marocaine qui voudrait ne pas porter le voile ou la Malienne qui ne voudrait pas être excisée… Ce n’est pas ce que nous voulons, me semble-t-il.

La politique d’intégration doit continuer à fonctionner pour que ce continuum humain qui tendra à se créer par-dessus la Méditerranée puisse effectivement être une des voies d’avenir.

Il faut du temps pour cela, il faut maîtriser le temps. Et il faut se donner un projet.
Le rêve d’une Europe européenne serait un projet digne d’être porté. Mais comment y songer quand on voit la manière dont nos alliés européens ont réagi dans l’affaire du Mali ou, entre autres exemples, dans l’affaire récente des réfugiés ? Il est évident que la solution du problème des réfugiés serait d’arrêter la guerre en Syrie et en Irak et de rendre ces pays vivables pour leurs populations. Mais c’est trop compliqué, on préfère dire qu’on fera des quotas à perpétuité pour les réfugiés. Ce n’est évidemment pas la bonne méthode.

Il faut donc savoir où nous allons et préciser que nous avons à la fois une politique européenne et une politique de main tendue à l’Afrique qui doit inclure au passage les pays maghrébins. On pourrait imaginer des coopérations triangulaires entre pays européens, pays maghrébins et pays africains pour développer un certain nombre de productions agroalimentaires, textiles etc. Tout cela est possible. Encore faut-il avoir cette vision et bien sûr la volonté politique qui va avec. Je parle sous le contrôle de M. Michailof qui en sait beaucoup plus que moi, même si j’ai commis un rapport sur le Sahel avec M. Larcher [13] il y a deux ans).

Tout n’est pas négatif. Des secousses que nous vivons et que nous allons vivre peut surgir du positif : la restauration des valeurs collectives à travers la nation, non pas la nation repliée sur elle-même mais la nation ouverte, la nation républicaine, celle pour qui les valeurs de fraternité existent… C’est dans cette direction qu’il faut aller. C’est cette vision qu’il faut retrouver.

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[1] CJUE, 28 avr. 2011, C-61/11, Hassen El Dridi alias Soufi Karim.
[2] Dans la deuxième section (De l'État, ou On Commonwealth) de l’ouvrage « Le Léviathan, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile », Thomas Hobbes, 1651.
[3] LOI n° 2015-1501 du 20 novembre 2015 prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et renforçant l'efficacité de ses dispositions.
[4] Le 13 mai 1940, les Allemands franchissent la Meuse entre Sedan et Dinant. Le 15, la percée est faite en quelques heures : une brèche de 80 kilomètres a été ouverte par où s’engouffrent les troupes allemandes en direction de la Manche, commandées par Guderian et Rommel. Dans ce mouvement vers Calais, les Allemands effectuent ce que Churchill a appelé un « coup de faucille » : c’est-à-dire que les armées alliées au nord sont enveloppées par les Allemands au sud. Ainsi, du 15 au 28, l’aile gauche du dispositif français est détruite. Les Français tentent de réagir mais la VIIe armée s’est avancée trop loin pour manœuvrer. (Gamelin avait commis l’erreur de déplacer la VIIe armée entre Lille et Dunkerque) (Cercle Thucydide).
[5] Génération radicale, Malek Boutih, député de l’Essonne, juin 2015.
[6] Le Cercle Hébé et son partenaire l'institut Open Diplomacy ont débattu le jeudi 11 juin 2015 avec Jean-Pierre Chevènement et Marcel Gauchet sur le thème « l’école aujourd’hui, quelles perspectives pour inventer le monde de demain ? ».
[7] Dans The Process of Education écrit et publié à la suite du congrès de Woods Hole organisé à Cape Code par le National Academy of Science en septembre 1959, Jérôme Seymour Bruner propose le concept de spiral curriculum qui connaît un grand succès. L’adjectif « spiralaire » caractérise des programmes, des programmations et des progressions. J.P. Astolfi, introducteur en France de la notion de « progression spiralaire », la définit ainsi : « approches successives d’une même notion qui fait progresser en spirale la notion à atteindre jusqu’à toucher sa maîtrise à force de l’affiner, de la préciser d’année en année ».
[8] Dans L'Armée nouvelle, Jean Jaurès, éd. L'Humanité, 1915, chap. X (« Le ressort moral et social. — L'armée, la patrie et le prolétariat. »), III (« Internationalisme et patriotisme »), p. 464.
[9] Eurodac est un système de comparaison des empreintes digitales des demandeurs d’asile et de plusieurs catégories d’immigrants clandestins. Il a pour but de faciliter l’application du règlement Dublin II, qui permet de déterminer le pays de l’Union européenne (UE) responsable de l’examen d’une demande d’asile.
[10] Madame Merkel avait annoncé que les réfugiés syriens n’auraient plus l’obligation de remplir un questionnaire pour déterminer dans quel pays européen ils étaient arrivés en premier (suspendant donc le protocole, dit de Dublin, datant de 1990, qui impose aux réfugiés d’entreprendre des démarches dans le premier pays d’arrivée dans l’espace Schengen) et que toutes les décisions d’expulsion du territoire concernant les demandeurs d’asile syriens seraient révoquées. D’autre part, le gouvernement fédéral allemand met 6 milliards d'euros sur la table pour l'accueil de quelque 800 000 immigrés.
[11] Système inventé aux États-Unis dans les années 1970 pour tenter d'insuffler une mixité raciale dans certaines écoles, le busing consistait à amener les meilleurs éléments noirs dans des écoles blanches. Mais les familles blanches ont retiré leurs enfants pour les mettre dans le privé, créant de nouvelles écoles ghettos. Les États-Unis ont depuis abandonné le système.
[12] Voir La politique de rénovation urbaine par Pascale Rieu, ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) lors du colloque Territoires et classes sociales en France dans la mondialisation, organisé par la Fondation Res Publica le lundi 14 janvier 2008.
[13] Sahel : Pour une approche globale, Rapport d'information de MM. Jean-Pierre CHEVÈNEMENT et Gérard LARCHER, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, n° 720 (2012-2013) - 3 juillet 2013.

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Fondation Res Publica I Samedi 13 Février 2016 I | Lu 2149 fois


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